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jeudi 19 mai 2011

2995 - avec des si...

... les bombes s'avérant inefficaces, il ne restait plus qu'à envisager un débarquement précédé d'une vaste opération aéroportée, dont le prix parut cependant si élevé, et le résultat final si aléatoire, que Mussolini et Hitler préférèrent en définitive y renoncer.

Après guerre, ce renoncement fut sévèrement jugé par les anciens généraux italiens et allemands, et en particulier par Kesselring, qui le considéra comme une erreur monumentale

Mais au vu des difficultés et des pertes rencontrées par les Alliés dans des opérations analogues, en Normandie, en Hollande, ou encore en Allemagne-même, rien ne permet d'affirmer qu'un assaut aéroporté sur Malte ne se serait pas transformé, pour reprendre l'expression de Student après l'affaire crétoise, en un nouveau "cimetière des parachutistes allemands"

Un cimetière que l'Allemagne n'avait plus les moyens de s'offrir, après tous ceux déjà remplis en URSS...

Jusqu'à son indépendance, en 1964, Malte demeura donc territoire britannique, peut-être, tout simplement, parce que les Britanniques, durant ces trois années décisives, avaient été les seuls à en comprendre la valeur et à en accepter le coût...

mercredi 18 mai 2011

2994 - Churchill avait raison

... en Grande-Bretagne, seul un homme comme Churchill était sans doute capable non seulement de comprendre le véritable intérêt de la minuscule île de Malte, mais surtout d'imposer à ses concitoyens, l'idée de la défendre quel que soit le prix - et il fut exorbitant ! - qu'il faudrait payer.

En regard de cette constante et inébranlable volonté, les deux dictateurs de l'Axe firent au contraire pâle figure.

Mussolini laissa passer sa chance au début de la guerre, en négligeant cette île, alors désarmée et dont il aurait pourtant pu s'emparer facilement, au "profit" de rêves helléniques et africains que son armée n'avait pas les moyens de s'offrir, et que Malte contribua très vite à transformer en cauchemars.

Des moyens, Hitler en avait bien davantage. Mais comme le Führer ne s'intéressait qu'à l'URSS, la Méditerranée ne fut jamais, pour lui qu'un concours de circonstances, et Malte, rien de plus qu'un rocher gênant qui méritait tout juste quelques bombes.

Des bombes, les deux dictateurs finirent par en larguer des milliers de tonnes sur l'île ainsi que sur les navires britanniques qui tentaient de la ravitailler, mais sans parvenir pour autant à la réduire au silence...

mardi 17 mai 2011

2993 - un bilan impressionnant

... la guerre, certes, n'est pas terminée : les Allemands, qui ont envahi l'Italie aussitôt l'armistice proclamé, continuent à se battre au Nord de la péninsule et dans les Balkans, et continueront à le faire jusqu'en mai 1945

A Malte-même, l'activité militaire demeure intense, mais sa finalité a complètement changé. Plus question à présent de se défendre contre les bombardiers ennemis, ou de répliquer en s'en allant bombarder ses terrains ou ses navires : l'ïle est désormais une simple - mais importante - plateforme de ravitaillement et de transit pour les bâtiments ou les avions alliés en route vers d'autres Fronts.

Pour les Maltais, qui en trois ans ont supporté plus de 3 000 alertes aériennes, et vu 75 % de leur habitat réduit en poussière, ce changement de vocation est assurément le bienvenu, mais il permet aussi de mieux comprendre le rôle capital joué en Méditerranée par cette île en apparence insignifiante.

En trois ans, le "porte-avions" maltais a coulé plus de 700 000 tonnes de navires germano-italiens en Méditerranée ou dans les ports d'Italie, de Sicile ou d'Afrique du Nord, et a également détruit, en l'air ou au sol, plus d'un millier d'avions allemands et italiens.

Ses propres pertes ont également été très élevées : plus de 600 avions au total, auxquels il faut évidemment ajouter les deux véritables porte-avions, les quatre croiseurs, la trentaine de destroyers et, bien entendu, la quarantaine de cargos et de pétroliers coulés ou irrémédiablement endommagés entre juin 1940 et août 1942, et dans le seul but de ravitailler cette île assiégée par les forces de l'Axe...

lundi 16 mai 2011

2992 - la délivrance

... septembre 1943

Après trois ans de guerre, la population de Malte n'en croit toujours pas ses yeux : la Regia Marina, ou du moins une bonne partie de celle-ci, mouille dans le port de La Valette !

Le 8 septembre, en application de la convention d'armistice signée cinq jours auparavant, les navires de guerre capables de naviguer ont en effet pris la mer à destination du port allié le plus proche - autrement dit, Malte - et ce afin d'y être désarmés.

Le 13 septembre, soucieux de plaire à ses vainqueurs, le nouveau gouvernement du Roi Victor-Emmanuel III et du maréchal Badoglio a même officiellement déclaré la guerre à l'Allemagne et, dans la foulée, proposé de remettre ces navires en service et au profit des Alliés.

Mais Britanniques et Américains n'ont que faire des anciens joyaux italiens et, en attendant une opportunité qui ne se présentera jamais, vont plutôt les envoyer rouiller en Égypte, cette Égypte que Mussolini était certain de conquérir, trois ans auparavant.

En trois ans, énormément de choses ont changé en Méditerranée, et surtout pour l'Italie qui, en en cherchant à accroître son Empire, a tout simplement perdu celui qu'elle possédait !

Et alors que tout semblait la destiner à passer sous le joug italien, la minuscule île de Malte fait au contraire partie de ses vainqueurs.

dimanche 15 mai 2011

2991 - défense sicilienne

... Juin 1943

La reddition des derniers éléments de l'Afrika Korps en Tunisie, début mai, n'a nullement mis un terme aux activités du "porte-avions maltais" qui, après avoir coulé tous les navires de l'Axe à destination de l'Afrique du Nord s'est aussitôt vu confier la tâche "d'amollir" les défenses germano-italiennes d'Italie et, surtout, de Sicile, où les Alliés vont débarquer le 9 juillet, dans le cadre de l'Operation Husky.

Cette fois, les quelque 100 kms qui séparent Malte des côtes siciliennes jouent en faveur des Alliés qui, jour après jour, font décoller bombardiers et chasseurs-bombardiers avec pour mission de s'en prendre aux ports, aux terrains, aux infrastructures, aux voies ferrées et, bien entendu, au trafic maritime de l'adversaire.

Et une fois les troupes enfin au sol, l'aviation maltaise ne cessera plus d'appuyer leur progression tout au long des six semaines que va durer cette campagne, laquelle se terminera le 17 août, par une large victoire alliée, malheureusement gâchée par "l'affaire de la gifle", qui va coûter son commandement au très impulsif George Patton (1)

Mais la principale victime du débarquement allié en Sicile, sera Benito Mussolini lui-même : piégé le 25 juillet à sa sortie de la Villa Savoia après sa visite au Roi Victor-Emmanuel III, le Duce sera arrêté par les carabiniers, poussé dans une ambulance jusqu'à un poste de police, puis promené pendant des semaines d'une cellule à une autre, jusqu'à ce qu'il échoue finalement dans les Appenins, et plus précisément dans un hôtel du Gran Sasso, d'où Hitler, qui ne l'a pas oublié, le fera néanmoins sortir, dix jours après la capitulation italienne...

(1) alors qu'il visitait un hôpital de campagne, Patton n'avait pu s'empêcher de coller une gifle, devant témoins, à un soldat qui, bien que ne souffrant d'aucune blessure physique, refusait de retourner au combat. Anecdotique dans n'importe quelle autre armée, cette affaire fit scandale aux État-Unis, Patton se voyant sommé de présenter des excuses publiques à l'armée américaine toute entière, et ne retrouvant un commandement opérationnel qu'en Normandie, en août 1944

samedi 14 mai 2011

2990 - l'effondrement final

... en Tunisie, les forces de l'Axe, malgré quelques succès locaux, s'acheminent inexorablement vers une défaite sans gloire.

Côté américain, après le désastre de Kasserine (19 au 25 février), Lloyd Fredendall, commandant du IIème Corps d'armée, est renvoyé aux États-Unis et remplacé par un général aussi compétent que controversé : George Patton, lequel écrase les Germano-Italiens à El Guettar, le 23 mars.

Mais plus que l'arrivée de Patton, c'est - encore et toujours - le ravitaillement qui pose le plus de problèmes aux forces de l'Axe : la Sicile a beau n'être qu'à environ 200 kms, ces 200 kms doivent obligatoirement être franchis par bateaux, sur une mer désormais survolée en permanence par des avions maltais qui bombardent et torpillent tout ce qui bouge.

Et pas question de compter sur la Luftwaffe pour assurer ne serait-ce qu'un semblant de protection : le Blitz raté d'octobre 1942 sur Malte, et la catastrophe qui vient de se produire à l'Est - où la VIème Armée a capitulé à Stalingrad (2 février) - interdisent tout véritable renforcement aérien.

Rentré en Allemagne, Rommel s'efforce de convaincre Hitler d'abandonner la Tunisie, ce qui permettrait au moins d'en rapatrier les troupes. Mais le Führer, fidèle à ses habitudes, ne veut pas entendre parler de retraite, ne veut pas d'un nouveau Dunkerque, allemand cette fois, et préfère donc condamner ses soldats, et ceux de Mussolini, à une défaite désormais inéluctable.

Le 7 mai, les Britanniques entrent à Tunis pendant que les Américains s'emparent de Bizerte. Encore une semaine, et plus de 200 000 hommes sont faits prisonniers.

En moins de trois ans, l'empire italien, que Mussolini rêvait d'étendre d'un bord à l'autre de la Méditerranée, cet empire a purement et simplement cessé d'exister...

vendredi 13 mai 2011

2989 - comme un boxeur sûr de sa victoire

... Janvier 1943


Pour la première fois depuis le début de la guerre, les Maltais ont pu passer les fêtes dans la joie : la partie est sur le point d'être gagnée en Afrique du Nord, où les Américains ont débarqué; la Luftwaffe, très affaiblie, a pour ainsi dire disparu du Ciel; et, surtout, le ravitaillement de l'île depuis Gibraltar ou Alexandrie s'effectue désormais sans problème.

Fin novembre, et malgré quelques attaques aussi sporadiques qu'inefficaces, un grand convoi de ravitaillement parti d'Égypte a en effet pu rallier La Valette sans subir la moindre perte et - plus important encore - aucun bombardier germano-italien n'a ensuite tenté de s'en prendre aux navires occupés à déchargé leur précieuse cargaison.

La guerre, bien sûr, n'est pas finie mais, pour la première fois depuis juin 1940, Malte se retrouve dans l'agréable position du boxeur sûr de sa future victoire et qui se contente de distribuer des coups sans plus avoir à les subir.

L'île est même devenue ce grand porte-avions stratégique dont rêvait Churchill, et un porte-avions sur lequel les appareils ne cessent de se multiplier : d'environ 200 en novembre 1942, ceux-ci vont passer à plus de 600 en mai 1943 !

Et comme la menace allemande a disparu, même les chasseurs peuvent désormais être lancés dans des opérations de bombardement ou de mitraillage des terrains, des ports et, bien entendu, des navires germano-italiens qui tentent encore de ravitailler une Tunisie où les forces de l'Axe vivent leurs dernières semaines...

jeudi 12 mai 2011

2988 - feu de paille

... comme beaucoup d'autres, et particulièrement dans le désert, la victoire de Montgomery à El-Alamein est d'abord et avant tout une victoire par attrition : inférieurs en nombre, et souffrant plus que leurs adversaires de problèmes de ravitaillement, Allemands et Italiens étaient bel et bien condamnés à perdre.


Sous la lente mais inexorable poussée de la VIIIème Armée, ces derniers n'ont d'ailleurs plus d'autre choix que de retraiter toujours plus loin vers l'ouest : le 11 novembre 1942, Tobrouk, perdue le 22 janvier 1941 mais reconquise le 21 juin 1942, tombe à nouveau - cette fois définitivement - aux mains des Britanniques. Le 13 décembre, c'est au tour d'El-Agheila, et le 23 janvier 1943, celui de Tripoli.


Dans le même temps, la Luftwaffe, étrillée à Malte et désormais réduite à peau de chagrin, n'a rien pu faire, le 8 novembre, contre les cinq porte-avions, les trois cuirassés et la dizaine de croiseurs mobilisés par les Anglo-Américains pour appuyer leur débarquement en Algérie et au Maroc dans le cadre de l'Operation Torch


Pris en sandwich, ce qui reste du contingent germano-italien n'a eu d'autre choix que de retraiter jusqu'en Tunisie, où il va d'ailleurs recevoir des renforts car Hitler - aussi incroyable cela puisse-t-il sembler - n'a toujours pas renoncé à l'Afrique du Nord qui, il est vrai, peut aussi servir de bouclier contre un éventuel débarquement allié en Italie.


Avec son relief tourmenté, la Tunisie se prête certes mieux que la Libye à des manoeuvres défensives, et entre la Sicile et la Tunisie, il n'y a guère que 200 kilomètres, ce qui - en principe - doit permettre d'acheminer bien plus facilement des renforts par air ou par mer.


Dès le 10 novembre 1942, la Regia Aeronautica s'installe donc à Tunis. A la fin novembre, Allemands et Italiens disposent de cinq divisions sur place. Encore deux mois, et leurs effectifs dépasseront les 100 000 hommes, lesquels vont bîentôt recevoir leurs premiers chars Tiger, dont les 50 tonnes, et le canon de 88mm, vont écraser sans problème la très novice infanterie américaine à la Passe de Kasserine (19 au 25 février 1943).


Ce n'est pourtant qu'un feu de paille...

mercredi 11 mai 2011

2987 - 48 heures de plus...

... El Alamein, 23 octobre 1942

Déclenchée dans la soirée, l'attaque de la VIIIème Armée britannique ne progresse que fort lentement - ce sera pour ainsi dire la "marque de fabrique" de Montgomery dans les trois années qui viennent - mais du moins s'agit-il d'une progression, et bientôt d'une victoire.

Lorsque Rommel, rappelé d'urgence d'Allemagne (1), rentre à El-Alamein deux jours plus tard, le "Renard du Désert" ne peut que constater les dégâts : dans les champs de mines, et sous les tirs des 88mm, les Britanniques ont déjà perdu plus de 200 tanks, mais il leur en reste toujours... deux fois plus que les Allemands, et ils disposent par ailleurs - autre "marque de fabrique" de Montgomery - de munitions et d'essence en quantités quasi-inépuisables.

Le 2 novembre, la VIIIème, qui continue de progresser kilomètre par kilomètre, possède encore plus de 600 tanks contre seulement une centaine - majoritairement italiens - à l'Afrika Korps; le 4, malgré les ordres du Führer de tenir à tout prix, Rommel n'a plus d'autre choix que de battre en retraite le long de la côte.

Mais comme il n'a pas assez de véhicules ni d'essence pour tout le monde, ce sont surtout les Italiens qui vont en faire les frais : si certains d'entre eux - et en particulier les parachutistes de la Folgore, qui devaient à l'origine s'emparer de Malte - continuent à se battre avec acharnement, la plupart se rendent par bataillons entiers.

D'ailleurs, que peuvent-ils faire d'autre dans ce désert, à pieds, et bientôt sans eau ?

Le 8 novembre, ce qui reste de l'Afrika Korps a dû retraiter jusqu'à la Passe d'Halfaya, à la frontière libyenne et ne compte plus guère qu'une dizaine de milliers d'hommes et une vingtaine de tanks en état de combattre !

(1) malade, Rommel était parti début septembre pour se faire soigner en Allemagne

mardi 10 mai 2011

2986 - le dernier Blitz

... pour la première fois depuis plusieurs semaines, Malte va donc à nouveau être soumise à un Blitz de plus de 500 avions allemands et italiens hâtivement rassemblés sur les terrains de Sicile.

Mais cette fois, les résultats sont loin de correspondre à ceux du début de l'année...

"J'étais très conscient des difficultés de l'entreprise. Malte était tout à fait prête à se défendre et elle possédait, sur l'île même, une aviation de chasse notablement renforcée"

(...) "Le commandant en chef de la Luftwaffe [Hans Jeschonnek] soutenait le projet d'attaque dans une large mesure, mais toutes les demandes ne purent être satisfaites", souligna Kesselring avant d'ajouter, pour le moins perfidement, que "Il fallait à peine compter sur les bombardiers et chasseurs italiens, à cause de leur matériel démodé et de l'instruction insuffisante des équipages de bombardiers pour le vol de nuit"

De fait, face à une aviation de chasse et des défenses anti-aériennes notablement renforcées, les dommages causés se révèlent bien maigres, et surtout hors de proportion avec les pertes subies : en trois jours d'opérations intensives, la Luftwaffe à elle seule va ainsi perdre une cinquantaine d'appareils et autant d'équipages expérimentés.

(...) "l'attaque exécutée au milieu d'octobre ne donna pas le succès espéré. Je dus l'arrêter dès le troisième jour, en raison d'abord des trop fortes pertes, mais surtout en considération de l'invasion anglo-américaine (1), à laquelle il fallait s'attendre" (2)

Le 21 octobre, le ciel de Malte est vide de tout avion ennemi.

Deux jours plus tard, quelques centaines de kilomètres plus au Sud, à El Alamein, la VIIIème Armée britannique lance son offensive...

(1) la future Opération Torch, lancée en Algérie et au Maroc le 8 novembre suivant
(2) ibid, page 91

lundi 9 mai 2011

2985 - y croire encore

... bloqué devant El-Alamein depuis le début du mois de juillet, Rommel est à présent à la merci d'une contre-attaque de la VIIIème Armée britannique.

Kesselring, et même Hitler, en sont bien conscients et aussi de l'absolue nécessité de "faire quelque chose" si l'on veut éviter un complet effondrement des forces de l'Axe en Afrique du Nord et conserver l'espoir - aussi ténu soit-il - de repartir un jour à la conquête de l'Égypte.

"Faire quelque chose", soit, mais quoi ?

Impossible de s'en prendre au ravitaillement des troupes britanniques, désormais généreusement dopées par l'aide américaine (1), et plus question non plus d'envahir Malte, puisque les troupes, les tanks, les avions, mais aussi les navires et l'essence qui avaient été réunis à cette fin ont déjà été, dans une large mesure, ré-alloués à Rommel... ou coulés quelque part en Méditerranée.

Et avec ses moyens désormais principalement mobilisés sur le Front de l'Est - où l'offensive, comme l'année précédente, ne se déroule pas franchement comme prévu - la Luftwaffe n'est certes plus en mesure de rassembler contre Malte autant de bombardiers et de chasseurs qu'en début d'année.

A l'évidence, la nouvelle offensive aérienne que projettent les deux hommes ne pourra donc pas égaler la puissance de la précédente, laquelle s'était par ailleurs avérée incapable d'emporter la décision.

Et elle le pourra d'autant moins que Malte, en cet automne de 1942, est elle-même bien plus forte - en particulier en matière de chasseurs - que lors du premier semestre !

Kesselring, pourtant - mais a-t-il vraiment le choix ? - veut encore y croire : "il fallait, écrira-t-il, tenter d'arracher une amélioration de nos conditions de ravitaillement, même si cette amélioration ne devait être que passagère" (2)

(1) sur le millier de tanks dont dispose Montgomery en octobre 1942, plus de la moitié sont déjà des Grant, des Sherman ou des Stuart américains
(2) ibid, page 91

dimanche 8 mai 2011

2984 - "La situation devient franchement sérieuse"

... octobre 1942.

Ravitaillée en carburant grâce au sacrifice du pétrolier Ohio, et désormais à l'abri d'une invasion suite à l'annulation de l'Operation Herkules, Malte est rapidement repartie à l'attaque.

Dés le début de l'été, les "Wellington" ont repris leurs missions de bombardement des ports et terrains d'aviation italiens, remontant aussi loin que Naples. Dans le même temps, "Bleinheim", "Beaufort" et "Beaufighter" - les "Mosquitos" n'arriveront qu'en 1943 - ont recommencé à bombarder et à torpiller tous les navires germano-italiens passant à leur portée.

Et les résultats de ces attaques n'ont pas tardé à se faire sentir.

"Rommel est arrêté en Égypte faute de carburant", se lamente le Comte Ciano, Ministre des Affaires étrangères italiens". "Trois de nos pétroliers ont été coulés en deux jours".

"La situation devient franchement sérieuse",
renchérit l'amiral allemand Weichold, (...) "en septembre, les pertes en bâtiments ont atteint de nouveau un seuil élevé, avec 23 000 tonnes envoyées par le fond".

(...) "en octobre, presque tous nos convois ont été survolés par des avions de reconnaissance partis de Malte et attaqués avec succès. Près de 24 000 tonnes ont été coulées"

(...) "Sur les 32 000 tonnes de fret et les 940 véhicules allemands dépêchés en Afrique du Nord, seulement 19 000 tonnes et 580 camions et chars sont arrivés à bon port. Les pertes dans le domaine du carburant sont encore plus importantes : 3 300 tonnes réceptionnées sur les 10 000 expédiées"

Et Kesselring lui-même n'a plus d'autre choix que de reconnaître que la force de "surveillance" tant vantée en juin est désormais incapable d'assurer la sécurité des approvisionnements de l'Axe à destination de l'Afrique du Nord.

"Je ne pouvais, écrira-t-il après la guerre, me résigner à assister dans l'inaction à ce lent effondrement" (1)

Mais entre la parole et l'action, la marge est maintenant considérable...

(1) ibid, pages 90-91

samedi 7 mai 2011

2983 - une pénurie de plus en plus préoccupante

... pour expliquer l'échec de Rommel devant El Alamein, puis Alam el Halfa, on peut bien sûr évoquer la résistance de la VIIIème Armée des généraux Auchinleck puis Montgomery.

Mais il y a surtout, et une fois de plus, le problème du ravitaillement qui, en Afrique du Nord, transite presque entièrement par la voie maritime, à travers la Méditerranée.

Sans nourriture, sans essence, sans pièces détachées, les fantassins ne peuvent plus combattre, les avions décoller, et les tanks circuler dans le désert. Sans troupes de renfort, sans appareils et blindés de remplacement, les unités perdent rapidement toute efficacité et n'ont plus d'autre choix que de camper sur leurs positions avant de devoir finalement battre en retraite.

"Les conséquence de toutes ces faiblesses, dira Rommel, furent graves. J'en veux pour exemple le fait que, du 1er au 20 août [soit entre les batailles d'El-Alamein et d'Alam el Halfa] les unités allemandes de l'armée blindée consommèrent à peu près le double du carburant qui leur parvint à travers la Méditerranée durant cette même période; il nous fallut réduire notre consommation, déjà extrêmement restreinte.

Le 20 août, il nous manquait encore 16 000 hommes, 210 Panzer, 175 chars d'accompagnement d'Infanterie et automitrailleuses, soit, au total, un minimum de 1 500 véhicules compte tenu de l'équipement théorique des unités allemandes.

(...) Quant au ravitaillement en vivres, il était au-dessous de tout et l'ordinaire d'une monotonie écœurante. L'état de nos stocks de munitions et de carburant était une source de soucis perpétuels. Force nous était parfois d'interdire le tir d'artillerie (alors qu'il aurait fallu troubler les préparatifs de l'ennemi ou le harceler" (1)

Rommel, pourtant, n'a que lui-même à blâmer en cette affaire...

(1) ibid, page 87

vendredi 6 mai 2011

2982 - l'enterrement

... les réticences italiennes, les craintes hitlériennes, ainsi que les besoins militaires des autres Fronts - et en particulier l'URSS - ont assurément joué un grand rôle mais, en définitive, le report, et finalement l'abandon, d'Herkules s'explique surtout par les succès d'Erwin Rommel en Afrique du Nord... c-à-d par les actes et décisions d'un homme qui, après n'avoir cessé de réclamer l'invasion de Malte tout au long de l'année 1941, estime, un an plus tard, qu'il ne s'en portera que mieux en s'en passant !

Saisissant paradoxe : alors qu'il connaît, pour l'avoir douloureusement vécue en 1941, la menace que l'aviation maltaise fait courir sur ses approvisionnements - approvisionnements dont il a un besoin vital pour sa conquête de l'Égypte - Rommel en est venu, à l'été 1942, à réclamer, pour cette même conquête, les tanks, les fantassins, les avions, mais aussi les navires et, bien entendu, l'essence, nécessaires à l'invasion de Malte !

Grisé par sa victoire de Tobrouk, le "Renard du désert" est convaincu que l'Égypte est à portée de mains et, rien n'étant plus communicatif que l'enthousiasme, Hitler n'a évidemment eu aucun mal à s'en persuader lui-même.

Kesselring, qui s'entend du reste fort mal avec Rommel, est bien sûr d'un avis différent, mais comme personne n'ose déjà plus discuter les "ordres personnels du Führer", la quasi-totalité des moyens aériens encore disponibles en Méditerranée à été mise à la disposition d'un Rommel qui, contre toute attente, va pourtant buter contre une ligne de résistance que la VIIIème Armée britannique a hâtivement improvisée à seulement 100 kms d'Alexandrie, et plus précisément autour d'une petite bourgade égyptienne connue sous le nom d'El Alamein.

Tout au long du mois de juillet, Rommel va multiplier les attaques contre les positions du général britannique Auchinleck, sans résultat aucun.

Une tentative de contournement, menée début septembre à Alem el Halfa, quelques kilomètres plus au sud, n'est pas plus probante : soldats allemands et italiens étant en effet à nouveau repoussés par une VIIIème Armée désormais commandée par un certain Bernard Montgomery (1)

Rommel, et aussi Hitler, ne renoncent pourtant pas, mais l'issue de la guerre en Afrique du Nord ne dépend déjà plus d'eux...

(1) le commandement de la VIIIème Armée devait à l'origine revenir au général William Gott, dont l'avion fut malheureusement abattu, et lui-même mortellement blessé, avant qu'il puisse entrer en fonction.

jeudi 5 mai 2011

2981 - ... et l'espoir du meilleur

... le 21 juin 1942, Rommel s'est emparé de Tobrouk, où les Britanniques résistaient depuis plus d'un an.

Poursuivant sur sa lancée, le "Renard du désert", qu'Hitler vient tout juste de nommer maréchal, a aussitôt pris la direction de l'Égypte et du Canal de Suez, provoquant une telle panique dans les rangs britanniques qu'au Caire, ceux-ci ont déjà commencé à brûler les archives.

Rommel s'estime en mesure de s'emparer d'Alexandrie et du Canal à bref délai... à la condition bien sûr de recevoir les renforts terrestres et aériens qu'il réclame depuis des semaines.

Or, nouvelle manifestation de la couverture trop étroite, les dits renforts, et notamment la division Folgore de parachutistes italiens, se trouvent actuellement en Sicile, où ils se préparent à un très hypothétique assaut contre Malte.

Pour Rommel, mais aussi pour Hitler, qui tranche immédiatement en sa faveur, la conquête de l'Égypte rendra de toute manière inutile l'invasion de Malte, donc l'Operation Herkules dans son ensemble : "la déesse de la Victoire, dira Hitler, passe seulement une fois à la portée d'un chef d'armée. Qui ne sait la saisir ne l'atteindra plus !".

Mussolini, qui n'a lui non plus jamais été un chaud partisan d'Herkules, va naturellement s'empresser d'emboîter le pas au Führer : "Il me regarda fièrement", dira l'attaché militaire allemand à Rome. "Il était tout feu et flammes pour attaquer immédiatement l'Égypte, occuper Le Caire et Alexandrie (...) Tous les arguments contraires de Cavallero (1) n'y purent rien. On repoussa au mois de septembre l'opération sur Malte, et ce fut sa mort" (2)

(1) le maréchal Ugo Cavallero, prônait la conquête de Malte
(2) Fana de l'Aviation, HS 41, page 83

mercredi 4 mai 2011

2980 - la crainte du pire...

... pour Hitler, les réticences et la demande de report formulées par Mussolini prouvent - s'il en était encore besoin - qu'il ne peut en aucune manière se fier à son allié italien.

Car comment imaginer que l'Italie, après toutes les déconvenues navales et terrestres qu'elle a connu depuis 1940, sera en mesure de mener à bien une opération amphibie aussi ambitieuse que l'invasion de Malte ?

La partie aéroportée d'Herkules a certes été confiée à un général allemand qui est aussi un homme d'expérience, Kurt Student, mais les deux succès remportés par ce dernier, en Hollande puis en Crète, ont coûté si cher en hommes et en matériel que l'Allemagne n'a plus les moyens de s'en payer un troisième.

Et si l'Italie - comme Hitler a toutes les raisons de le penser - échoue une fois de plus, ne parvient pas à débarquer infanterie et blindés sur l'île, ou à les protéger d'une probable contre-attaque de la Royal Navy britannique, on peut craindre le pire pour les milliers de soldats d'élite que le Reich y aura préalablement déposé, par parachutages ou planeurs.

Ces soldats, mais aussi les avions nécessaires à leur transport, sont du reste désespérément requis en bien d'autres endroits, à commencer bien sûr par l'URSS - le seul objectif qui compte vraiment - où la Wehrmacht vient d'ailleurs de repartir à l'offensive.

Et puis il y a Rommel lui-même qui, en Égypte, est sur le point de remporter une victoire qui rendra inutile la capture de Malte...

mardi 3 mai 2011

2979 - les réticences italiennes

... si les Allemands sont convaincus de pouvoir s'affranchir de tous les obstacles, les Italiens, sur lesquels reposera la partie proprement maritime de l'opération, sont en revanche loin d'être enthousiastes.

Ayant à transporter près de 100 000 hommes de troupe, la flotte d'invasion prévue, et que l'on a péniblement commencé à rassembler, n'est en vérité qu'un étalage sans cohérence de cargos, ferrys et paquebots civils, pour ainsi dire privés de tout navire de débarquement spécialisé.

Et si la Royal Navy - comme cela est à craindre - lance ses cuirassés, croiseurs et destroyers dans une attaque de nuit, la dite flotte a toutes les chances de couler bas sans que la Regia Marina soit en mesure de s'interposer.

Car contrairement à leurs adversaires, la quasi-totalité des bâtiments italiens sont dépourvus de radar, ce qui contraint encore leurs artilleurs à ne tirer qu'à vue alors que les Britanniques, eux, disposent de radars et de calculateurs de tir spécialisés, efficaces même dans les nuits les plus noires (1)

Le 29 avril 1942, lors d'une réunion avec Hitler, Mussolini n'a pas manqué de soulever les objections italiennes, et de réclamer trois mois de délais et d'études supplémentaires, ce qui reporterait ainsi la décision finale sur Herkules au début du mois d'août.

A la grande surprise du Duce, le Führer s'est empressé d'acquiescer.

Hitler, il est vrai, a ses raisons...

(1) Lors de la Bataille de Matapan, en mars 1941, trois croiseurs lourds avaient ainsi été pulvérisés par les obus de cuirassés britanniques que les guetteurs italiens n'avaient même vu approcher. A ce sujet : Saviez-vous que... 1957 à 1962

lundi 2 mai 2011

2978 - un vrai travail d'Hercules

... dès le printemps 1941, l'État-major allemand a commencé à jongler avec l'idée d'une vaste opération amphibie et aéroportée contre Malte, laquelle a néanmoins été rapidement abandonnée du fait de l'invasion de la Crète (en mai) puis de l'URSS (en juin).

Un an plus tard, Kesselring d'abord, l'amiral Raeder ensuite, l'ont fait renaître de ses cendres. Pour Raeder, qui ne cesse de compter les navires de l'Axe coulés par l'aviation maltaise, rien de définitif ne pourra en effet être entrepris en Afrique du Nord tant et aussi longtemps que l'on ne se sera pas emparé de l'île.

Le Führer a naturellement écouté les arguments des deux hommes mais, fidèle à ses habitudes, a finalement décidé de ne rien décider,... ou plus exactement de ne pas formellement interdire ce qu'il n'est pourtant nullement décidé à approuver !

En avril 1942, ce ni-oui ni-non a au moins permis d'entamer les préparatifs d'une opération extraordinairement complexe et pour cette cette raison fort justement baptisée Herkules.

Par planeurs ou parachutages, il s'agit en effet d'aérotransporter près de 30 000 hommes, lesquels, après avoir pris pied sur Malte, devront y établir des têtes de pont et attendre l'arrivée de six divisions d'Infanterie italiennes, soit près de 100 000 hommes qui, par mer, devront franchir les 100 kms qui séparent la Sicile de Malte !

Sur le papier, et quelle que soit la manière dont on l'envisage, Herkules s'annonce donc comme une opération kolossale, plus importante que Market Garden (que les Alliés lanceront en septembre 1944), et qui ne le cède guère qu'à Overlord (c-à-d au Débarquement de Normandie) sur le plan des effectifs !

Mais si la victoire paraît assurée avec pareils moyens - à Malte, la garnison britannique ne dépasse pas 25 000 hommes - la question de savoir comment les mettre en œuvre demeure entière : la Luftwaffe dispose certes de près de 500 Junkers-52, appuyés par quelque 500 planeurs (dont une poignée de monstrueux Messerschmitt 321), et la Regia Aeronautica de quelques centaines d'avions de transport disparates, mais tout cela paraît dérisoire en regard de la tâche à accomplir (1)

(1) pour déposer 20 000 paras en Normandie, Britanniques et Américains allaient aligner un millier d'avions et plus de cinq cents planeurs

dimanche 1 mai 2011

2977 - à qui perd gagne

... 15 août 1942

Brisé en deux et en train de sombrer dans le port de La Valette, le pétrolier Ohio résume à lui seul le drame d'une Operation Pedestal qui a coûté aux Britanniques la bagatelle d'un porte-avions, deux croiseurs, un destroyer, mais aussi neuf navires marchands sur les quatorze (!) qui étaient partis de Gibraltar cinq jours auparavant.

Si on y ajoute les dégâts, parfois considérables, subis par tous les autres bâtiments de la flotte, et en particulier au porte-avions Indomitable (1), l'affaire a même toutes les allures d'une débâcle, que la destruction de deux sous-marins et d'une quarantaine d'avions germano-italiens ne peut en aucune manière tempérer.

Incontestable succès tactique pour les puissances de l'Axe, Pedestal masque cependant leur défaite stratégique : une fois encore, et malgré tous les efforts et les moyens déployés, Italiens et Allemands se sont avérés incapables d'empêcher le ravitaillement de "l'incoulable porte-avions maltais".

Même si elle semblent dérisoires, les quelque 30 000 tonnes d'approvisionnements divers livrés à Malte et, surtout, les 10 000 tonnes d'essence et de diesel arrachées à l'épave de l'Ohio, vont en effet permettre à l'ïle de tenir deux ou trois mois de plus,... et même de repartir à l'attaque du trafic maritime germano-italien.

Pour Kesselring, la seule manière d'éviter à l'Afrika Korps une réédition de sa retraite de l'automne 1941 est donc de s'emparer de Malte par une vaste opération amphibie et aéroportée, une opération sur laquelle l'État-major planche depuis d'un an, et que l'on a baptisée - sans doute pour bien en mesurer la difficulté - du nom d'un célèbre dieu grec...

... Hercules en personne.

(1) touché par plusieurs bombes de 500 kilos, l'Indomitable dut être expédié dans un chantier naval américain dont il ne sortit que six mois plus tard, en février 1943.

samedi 30 avril 2011

2976 - le pétrolier qui ne voulait pas mourir

... dans l'après-midi du 13 août, l'Ohio n'est plus qu'une épave, que son équipage a d'ailleurs abandonné pour se réfugier sur le destroyer Penn.

Mais aussi incroyable cela puisse-t-il paraître en regard des dommages qu'il a déjà subi, le grand pétrolier refuse de mourir. Et comme l'essence qu'il contient - et qui miraculeusement ne s'est pas encore embrasée - est vitale pour le sort de Malte, décision est bientôt prise de renvoyer des hommes à bord afin qu'ils aident au remorquage.

Espoir futile : malgré tous ses efforts, le Penn, qui ne jauge que 1 500 tonnes, s'avère incapable de hâler un navire non seulement dix fois plus lourd que lui mais aussi sur lequel les Allemands, flairant la proie facile, continuent de s'acharner : dans la soirée, ayant encaissé plusieurs bombes supplémentaires, l'Ohio est donc abandonné pour la deuxième fois.

Au matin du 14, l'increvable pétrolier est pourtant encore à flots ! L'arrivée d'un dragueur de mines - le Rye - va même permettre au Penn de reprendre un remorquage que les Allemands, comme la veille, viennent cependant interrompre une fois de plus, contraignant l'équipage à abandonner pour la troisième fois (!) un navire qui, au passage, encaisse encore quelques bombes supplémentaires.

Mais comme il faut toujours croire en la Providence, celle-ci se matérialise sous la forme de deux destroyers supplémentaires - les Branham et Ledbury - lesquels vont bientôt offrir aux l'incroyable spectacle d'une carcasse de pétrolier hâlée par deux navires et littéralement prise en sandwich par deux autres !

S'il ne tenait qu'à eux, les aviateurs Allemands briseraient aussitôt la magie mais l'incroyable équipage est à présent suffisamment proche de Malte pour se voir secouru par les "Spitfire" de l'île.

Malgré quelques attaques supplémentaires, c'est donc sous les acclamations d'une foule aussi incrédule qu'hystérique que l'Ohio parvient enfin à pénétrer dans le port de La Valette, dans la matinée du 15 août...