... dans une guerre, une arme n’a d’intérêt que si on l’utilise, et les pertes ne se justifient que si elles permettent de satisfaire un véritable objectif militaire.Les U-boot de la Kriegsmarine remplissaient ces deux conditions, d'abord parce qu’ils furent constamment utilisés en mer du premier au dernier jour du conflit (1), et ensuite parce qu’en dépit de leurs pertes exceptionnellement élevées (près de 800 sous-marins (2), quelque 30 000 marins sur 40 000), ils réussirent à couler plus de 20 millions de tonnes de navires alliés !
A contrario, les navires de surface de cette même Kriegsmarine passèrent la quasi-totalité de la guerre à quai ou au mouillage dans un fjord; et s’ils subirent eux aussi de lourdes pertes, celles-ci ne furent à aucun moment justifiées sur le plan des résultats : même si elle s'avéra la plus fructueuse de toutes celles menées par la flotte de surface allemande, l’Opération Berlin, début 1941, ne permit finalement aux Scharnhorst et Gneisenau que de capturer ou couler 22 navires alliés, pour un maigre total de 114 000 tonnes seulement.
En définitive, ce n’est qu’au début de 1945, un an après la tragique disparition du Scharnhorst, et dans un tout autre rôle que celui pour lequel ils avaient été conçus, que la poignée de grands bâtiments survivants démontra son utilité.
Mais ceci est une autre histoire...
(1) le paquebot britannique Athenia fut coulé par le sous-marin U-30 le 3 septembre 1939, et le charbonnier américain Black Point par le U-853 le 6 mai 1945.
(2) ce chiffre prend pas en compte les quelque 400 U-Boot sabordés ou livrés aux vainqueurs au lendemain de la Capitulation





















