Aucun message portant le libellé Le Tombeau du Parachutiste allemand. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Le Tombeau du Parachutiste allemand. Afficher tous les messages

dimanche 20 janvier 2019

5808 - Que sont-ils devenus (3)

Kurt Student : héros de guerre... ou crimimel de guerre ?
* Louis Mountbatten, qui avait failli périr le 23 mai 1941 dans le naufrage de son destroyer au sud de la Crète, poursuivit sa brillante carrière, fut nommé amiral, commandant en chef des forces alliées en Asie du Sud-Est puis, après la guerre Vice-Roi des Indes, Premier Lord de la Mer, ou encore gouverneur de l'Ile de Wight. Couvert de titres et de décorations, il fut tué le 27 aout 1979 dans l'explosion de son bateau de pèche, piégé par un commando de l'IRA.

* Benito Mussolini, qui avait voulu agrandir le Royaume d'Italie et en faire un nouvel Empire romain, eut l'insigne malchance d'assister à son complet effondrement. Victime d'un coup d'État le 25 juillet 1943, et emprisonné dans un hôtel du Gran Sasso, il fut néanmoins remis en selle par Hitler qui, le 12 septembre, dépêcha un commando de parachutistes à son secours, avant de lui confier les rênes d'une République de Salo qui n'était plus qu'un État fantoche entièrement dépendant du bon vouloir du Reich. Arrêté par des partisans le 26 avril 1945 alors qu'il tentait de se réfugier en Suisse, le Duce déchu fut sommairement exécuté deux jours plus tard, et son corps traîné à travers les rues de Milan puis finalement suspendu par les pieds à la devanture d'une station-service...

* Kurt Student, dont la Crète avait été, selon ses propres termes, "Le Tombeau du Parachutiste allemand" continua la guerre en compagnie de ses paras, désormais simples fantassins d'élite. C'est lui, et non le bien plus fameux Otto Skorzeny, qui, en septembre 1943, organisa la libération de Benito Mussolini avant de se remettre à combattre les fantassins alliés en Normandie, et les paras britanniques... à Arnhem, lors de la désastreuse Opération Market Garden. Capturé par les forces britanniques en avril 1945, il fut jugé deux ans plus tard pour les exécutions commises par ses paras sur des prisonniers de guerre lors de la Bataille de Crète. Condamné à cinq ans de prison, il fut néanmoins libéré au bout d'un an pour des "raisons médicales"... qui ne l'empêchèrent pourtant pas de vivre trente années de plus ! En 1998, soit dix ans après sa mort, le ministère fédéral de la Défense le jugea néanmoins responsable de crimes de guerre commis en Crète sur la population civile, et toute référence à son nom fut désormais interdite au sein de la Bundeswhehr.

* Bien que tombé en disgrâce après la débâcle crétoise, et muté en Inde, Archibald Wavell, n'en devint pas moins commandant-en-chef des forces alliées du Sud-est asiatique après l'attaque japonaise contre Pearl Harbor,... où il se retrouva confronté aux mêmes problèmes et au même manque de moyens qu'au Caire un an plus tôt. Irrémédiablement brouillé avec Churchill, Wavell fut cependant promu maréchal, vicomte, et même Vice-Roi des Indes de 1943 à 1947. Rentré en Grande-Bretagne après l'Indépendance et la partition des Indes, il mourut en 1950. De ses funérailles nationales, l'élément le plus remarquable fut la totale absence de Winston Churchill...

samedi 19 janvier 2019

5807 - Que sont-ils devenus (2)

Le Roi Georges II, en grand uniforme
* Exfiltré par les Britanniques de Grèce vers la Crète, puis de Crète vers l'Égypte, le Roi Georges II de Grèce s'exila d'abord en Afrique du Sud avant de rejoindre Londres, comme tant d'autres souverains d'Europe occupée. Mais, à l'instar de bon nombre d'entre-eux, son retour au pays, et aux affaires, s'avéra bien plus difficile que prévu, et ce n'est qu'en septembre 1946, à la faveur d'un référendum victorieux, que George II put enfin revenir en Grèce, dans un pays ruiné et désormais ravagé par la guerre civile. Il n'en profita cependant pas longtemps, puisqu'il mourut en avril 1947, vingt-six ans avant l'abolition officielle de la monarchie grecque

* Bien qu’il se soit surtout distingué par son incompétence lors de la Bataille de Crète, le Brigadier James Hargest retrouva son poste au sein du contingent néo-zélandais désormais reconstitué en Egypte. En novembre, une attaque de l’Afrika Korps lui valut le douteux privilège de se retrouver prisonnier de guerre. Transféré en Italie, il parvint néanmoins à s’évader en mars 1943, grâce à un tunnel creusé sous le camp. Parvenu, après bien des péripéties, jusqu’à Londres, il participa en tant qu’observateur au Débarquement de Normandie, où il trouva la mort le 12 aout 1944.

* Adolf Hitler, qui était loin d'être le cancre militaire que l'on croit, et qui avait compris bien mieux que Student (!) les dangers d'un assaut aéroporté sur la Crète, tint sa parole de ne plus jamais y recourir. Le 22 juin 1941, soit à peine quatre semaines après la conclusion de la Bataille de Crète, il se lança dans le plus grand pari de sa vie : la conquête de l'URSS. En six mois, il se disait convaincu de voir la Wehrmacht défiler dans Moscou. Quatre ans plus tard, c'était plutôt l'Armée rouge qui paradait dans un Berlin où lui-même s'était suicidé le 30 avril 1945.

* Évacué de Crète comme la plupart des officiers supérieurs, Robert Laycock continua sa carrière au sein des commandos de Sa Majesté. Promu major-général, et Chef des Opérations combinées en 1943, il fut anobli et nommé gouverneur de Malte en 1954, avant de prendre sa retraite et de mourir en 1968. Bien que félicité de son vivant pour les diverses actions de retardement menées par son commando durant l'évacuation de la Crète, il fut vivement critiqué après sa mort, lorsque l'on s'aperçut qu'il avait également tout mis en œuvre pour figurer parmi les élus autorisés à rembarquer à Sfakia...

vendredi 18 janvier 2019

5806 - Que sont-ils devenus (1)

Bernard Freyberg, à Monte Cassino, en 1944
* Leslie Andrew qui, au soir du 20 mai 1941, avait décidé d'abandonner les positions qu'il occupait sur la Colline 107 fut, comme tant d'autres officiers, évacué de Crète. Après avoir combattu en Afrique du Nord jusqu'en février 1942, il retourna en Nouvelle-Zélande et y demeura jusqu'à la fin de la guerre. Exonéré de toute faute dans la Bataille de Crète, et promu brigadier en 1948, il prit sa retraite en 1952, et mourut en 1969.

* Andrew Cunningham demeura à la tête de la Flotte de Méditerranée ce qui, à Malte, en septembre 1943, lui permit de recevoir officiellement la reddition de la Regia Marina italienne qu'il combattait depuis le début de la guerre. Promu Premier Lord de la Mer en octobre, après la mort de Dudley Pound, il quitta ensuite la Méditerranée et supervisa les opérations navales du Débarquement de Normandie. Anobli en janvier , puis à nouveau en octobre 1945, il mourut, couvert d'honneurs, en 1963.

* Après son départ de Crète, Bernard Freyberg, loin de se voir blâmé, fut bientôt anobli et promu lieutenant-général. Blessé à la bataille de Mersa Matruh (Égypte) en juin 1942, il était suffisamment rétabli pour mener le corps expéditionnaire néo-zélandais à El Alamein, puis en Tunisie, et finalement sur le Front italien jusqu'en mai 1945. 

Très apprécié chez les néo-zélandais, et unanimement reconnu pour sa bravoure, Freyberg renoua cependant avec la controverse en février 1944, lorsqu'il fit bombarder l'Abbaye de Monte Cassino qu'il pensait - à tort - remplie... de parachutistes allemands. En pratique, la destruction totale de cet ouvrage médiéval eut pour seul effet de permettre aux dits paras d'améliorer leurs positions défensives,... en s'en allant tranquillement occuper les ruines de l'Abbaye ! 

Ayant pris sa retraite de l'armée en novembre 1945, Freyberg devint ensuite gouverneur-général de Nouvelle-Zélande. Anobli par le Roi George VI en 1951, le désormais Baron Freyberg mourut en 1963, à l'âge de 74 ans.

jeudi 17 janvier 2019

5805 - la fin de la Festung Kreta

Soldat allemand en Crète : une victoire pour quoi faire ?
... l'Armistice italien de septembre 1943 contraignit ensuite le Reich à emprisonner les soldats italiens encore présents en Crète, mais ne changea rien à la situation générale de cette île de plus en plus isolée.

A l'automne 1944, après l'évacuation générale de la Grèce par la Wehrmacht, la garnison, réduite à quelque 10 000 hommes, était pour ainsi dire coupée du monde et livrée à elle-même.

Et parce qu'elle n'avait aucun moyen de l'empêcher, elle dut accepter de voir, à l'hiver, quelques centaines de partisans aidés de soldats britanniques du SOE (1) s'installer dans la partie orientale de l'île, abandonnée par les Italiens l'année précédente.

S'installa alors une trêve étrange, quasiment surréaliste, où les deux camps se contentèrent pour l'essentiel de s'observer, en attendant la fin d'un conflit qui continuait à faire rage sur le continent.

En mai 1945, après quatre années d'occupation ce qui restait de la Festung Kreta, de la "Forteresse Crète", désormais regroupée autour de La Canée se rendit aux forces britanniques.

La boucle était bouclée...

(1) Special Operation Executive

mercredi 16 janvier 2019

5804 - pourquoi faire ?

Résistants crétois, posant pour le photographe
... autant Churchill que Hitler considéraient la Crète comme une place-forte stratégique de première importance, qu'il fallait donc impérativement conserver ou, au contraire, conquérir.

Mais le suprême paradoxe fut que cette île, après tant de sang versé, devint très vite inutile pour les uns et les autres !

Après avoir dû évacuer la Crète, les Britanniques se concentrèrent en effet sur Malte, et découvrirent que cette île plantée au beau milieu de la Méditerranée leur convenait finalement bien mieux que celle de Crète.

Avec l'aide des Italiens qui s'étaient installés à l'extrémité orientale, les Allemands entreprirent pour leur part de transformer la Crète en une forteresse qui, à son apogée, compta près de 75 000 hommes... qui ne virent jamais un seul assaut : les Alliés se contentant en effet de l'ignorer et de la neutraliser, en attendant qu'elle tombe d'elle-même comme un fruit mûr.

Et contrairement aux attentes d'Hitler, la présence allemande en Crète n'empêcha nullement les Américains de bombarder les raffineries de Ploiesti par deux fois, en juin 1942 puis en aout 1943...

Ce constat, et les défaites du Reich en Afrique du Nord et en URSS, provoquèrent une inexorable érosion des effectifs d'une garnison qui, par ailleurs confrontée aux incessantes attaques des partisans, se demandait de plus en plus ce qu'elle faisait encore là...

mardi 15 janvier 2019

5803 - l'un renonce, les autres pas

Market Garden : le "Pont trop loin"
... pourtant, paradoxalement, c'est au moment où Hitler, échaudé par l'exemple crétois, signait le certificat de décès officieux mais définitif des grandes opérations aéroportées que Britanniques et, bientôt, Américains, fascinés par le même exemple (!) commençaient pour leur part à se prendre de passion pour des opérations aéroportées... encore plus grandes !

Mais même en bénéficiant de tous les enseignements durement acquis en Crète, et même en disposant de bien plus de moyens que ceux alignés par Student en mai 1941, le succès de ces futures opérations sera loin - et c'est bien le moins qu'on puisse en dire - d'être toujours au rendez-vous !

Si Neptune, la partie aéroportée du Débarquement de Normandie (1), en juin 1944, pourra raisonnablement passer pour un succès malgré la sévérité des pertes encourues, Market Garden (2), en Hollande et en septembre de la même année, s'avérera en revanche un complet et sanglant échec, que l'on résumera d'ailleurs sous l'expression de "Pont trop loin", et Varsity, en Allemagne et en mars 1945, ne constituera en définitive qu'une victoire inutilement coûteuse, dont on s'interroge aujourd'hui encore sur l'intérêt réel.

Mais en définitive, la Bataille de Crète n'était-elle pas déjà, et en elle-même, un formidable exemple d'inutilité ?

(1) Saviez-vous que... Un si long jour
(2) Saviez-vous que... Des ponts trop loin

lundi 14 janvier 2019

5802 - "Vous savez naturellement, général, que nous ne devrons jamais plus lancer une autre opération aéroportée"

Kurt Student et la Crète : une victoire aux allures de défaite
... une autre Histoire, ou à tout le moins un autre Destin, c'est assurément ce que souhaitait aussi Kurt Student au lendemain de la Bataille de Crète.

Sur le plan militaire, le Reich avait pourtant remporté une victoire de plus et, au  plan humain et matériel, perdu bien moins d'hommes (environ 7 000) et d'équipements (environ 300 avions) que la Grande-Bretagne et ses alliés.

Mais le problème, c'est que les dites pertes étaient dans son cas beaucoup plus significatives et difficiles à remplacer puisque, dans l'aventure, le Reich avait vu disparaître plus de la moitié de ses paras, plusieurs centaines de soldats de montagne aguerris (et appartenant eux aussi à la fine fleur de son armée), ainsi que près de 200 trimoteurs Junkers qui, dans les mois suivants, allaient cruellement lui manquer en URSS !

Invité par Hitler au Wolfschanze de Rastenburg pour y célébrer la victoire et y recevoir, à l'instar de tous les paras de Merkur, une décoration de circonstance, Student ne s'attendait certes pas à un accueil enthousiaste, mais n'en fut pas moins surpris de se voir sermonné par le dictateur au moment du café.

"Vous savez naturellement, général", lui dit Hitler, "que nous ne devrons jamais plus lancer une autre opération aéroportée. L'arme aéroportée est uniquement fondée sur l'effet de surprise, et le facteur surprise est maintenant épuisé"

C'est fini : jusqu'à la fin de la guerre, et au grand désespoir de Student et de ses hommes, les paras survivants vont désormais combattre... à pieds (!), ne retrouvant, brièvement, la voie des airs qu'à l'occasion de quelques opérations coups-de-poings (comme la libération de Mussolini de son hôtel-prison du Gran Sasso) ou alors menées en liaison et au profit direct de l'Infanterie (comme lors de l'Offensive des Ardennes, en décembre 1944)...

dimanche 13 janvier 2019

5801 - un meilleur sort

Civils crétois après la prise de l'île : ils méritaient un meilleur sort...
... et l’ironie voulut que Mussolini, qui avait pourtant initié une guerre contre la Grèce, et qui ne l’avait fait que dans le seul but de redorer son blason auprès du puissant allié allemand, se retrouva exclu de la Bataille de Grèce puis, un mois plus tard, de celle de Crète, et ne se voit accordé au bout du compte qu’un fort modeste strapontin, sous la forme d’une participation militaire a minima et qui relevait d’abord et avant tout du symbole.

Symbolique, l’armée grecque, en revanche, ne l’était pas : contre toute attente, en dépit d’un armement qui frisait trop souvent le ridicule et, il faut bien le dire, en dépit de la condescendance que leur témoignaient trop souvent leurs alliés britanniques, les soldats grecs se comportèrent même brillamment, en Grèce continentale d’abord, en Crète ensuite, et auraient assurément mérité un bien meilleur sort que de se voir finalement abandonnés à deux reprises par les dits alliés, et contraints à deux reprises à la reddition et aux camps de prisonniers.

Un meilleur sort, c’est également ce qu’auraient mérité les civils grecs et crétois qui, non contents de se voir entraînés bien malgré eux dans une guerre contre l’Allemagne, se retrouvèrent eux aussi abandonnés par la Grande-Bretagne, puis occupés pendant quatre ans par le Reich allemand, et dans des conditions bien pires que celles que subirent les civils de France, de Hollande ou de Belgique, des conditions qui, à maints égards, préfiguraient d’ailleurs celles qu’Adolf Hitler allait réserver aux civils d’une URSS qui fut envahie un mois à peine après la fin de la Bataille de Crète.

Mais ceci est une autre Histoire...

samedi 12 janvier 2019

5800 - Britannia rules the waves

... et le Premier Ministre britannique était assurément du même avis que Cunningham !

A quelqu’un qui, le 22 mai, lui avait fait observer l’ampleur des pertes que subissait la Royal Navy en Crète, Winston Churchill n’avait pas hésité à rétorquer que les bâtiments de guerre "devaient tous être risqués pour le bien commun" car après tout, "pourquoi croyez-vous qu’on les construit ?"

La "tradition", et la volonté d'accepter les risques "pour le bien commun", c'était précisément ce qui manquait cruellement à la Regia Marina depuis le début de la guerre, et ce qui allait lui manquer jusqu'à la fin.

Contrairement à une légende tenace, et à une Histoire toujours écrite par les vainqueurs, les marins italiens n'étaient pas dénués de courage - la destruction du croiseur York en Baie de La Sude avant-même le début de la bataille, ou l'héroïque résistance des petits torpilleurs Lupo et Sagittario face aux destroyers et croiseurs de la Royal Navy, en sont la preuve - mais ils n'eurent jamais un commandement et un Pouvoir politique à la hauteur de la situation : durant les dix jours d'affrontements en Crète, jamais on ne vit les grosses unités de la marine italienne prendre la mer pour appuyer les troupes allemandes, ni pour empêcher les Britanniques d'évacuer leurs propres troupes de l'île.

Cette insurmontable aversion à l'égard des risques allait avoir des conséquences dramatiques dans les mois suivants, lorsqu'il devint évident pour tout le monde que ce n'était pas l'île de Crète, mais bien celle de Malte, qui détenait la véritable clé de la victoire en Méditerranée.

Mais lorsque cette évidence s'imposa, les Italiens refusèrent une fois encore de monter une vaste opération pour la conquérir par la mer, tandis que les Allemands avaient quant à eux déjà consommé tous les moyens aéroportés qui leur auraient, peut-être, permis de s'en emparer par la seule voie des airs...

vendredi 11 janvier 2019

5799 - "Il faut trois ans à la Navy pour construire un nouveau navire, il en faudrait trois cents pour bâtir une nouvelle tradition"".

Le York : la première victime de la Bataille de Crète
... car en plus des pertes subies par les troupes du Commonwealth et par leurs alliés grecs, la Royal Navy a également payé la Bataille de Crète au prix fort !

De la destruction du croiseur York en rade de La Sude le 26 mars à celle du Calcutta le 01 juin, et que ce soit pour défendre la Crète ou pour en évacuer le corps expéditionnaire, la marine britannique a en effet perdu près de deux mille marins ainsi que trois croiseurs et six destroyers, et aussi vu un porte-avions, deux cuirassés, quatre croiseurs et deux destroyers sévèrement endommagés et immobilisés pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Au 01 juin 1941, elle ne possédait plus en Méditerranée orientale que deux cuirassés et trois croiseurs opérationnels, contre quatre cuirassés et onze croiseurs à la Regia Marina; et en décembre, après l'audacieuse attaque d'un commando de la Xa Mas italienne en pleine rade d'Alexandrie (1), elle allait même se retrouver sans plus de cuirassés du tout !

Pourtant, les Italiens, une fois de plus, laissèrent passer leur chance, et continuèrent pour l'essentiel à demeurer dans leurs ports !

"Il faut trois ans à la Navy pour construire un nouveau navire",
avait déclaré Cunningham lors de l'évacuation de la Crète, "il en faudrait trois cents pour bâtir une nouvelle tradition"...

(1) Saviez-vous que... 1966 à 1968

jeudi 10 janvier 2019

5798 - better luck next time...

Montgomery : le premier général britannique en mesure de ne pas... perdre
... mais aussi vite oubliée fut-elle, la Bataille de Crète n'en illustra pas moins une fois encore, et de manière particulièrement crue, les faiblesses et même les graves carences de l'Armée britannique depuis le début de la guerre.

Si le courage des soldats du Commonwealth ne fut jamais en cause, on ne peut en revanche que s'avouer consterné par la nonchalance, l'amateurisme, voire le je-m'en-foutisme dont bon nombre d'officiers supérieurs se rendirent coupables durant ces dix jours.

Impossible de ne pas partager l'opinion de ces simples soldats qui, devenus bien malgré eux prisonniers de guerre, soulignaient que leurs officiers "n'étaient en définitive pas personnellement concernés par le résultat des opérations qu'ils dirigeaient, qu'ils devaient simplement faire de leur mieux mais qu'ils auraient toujours la possibilité de recommencer une autre fois"

Dans The Blitzkrieg Myth, l'historien John Mosier ne dit pas autre chose lorsqu'il souligne que jusqu'à l'arrivée de Bernard Montgomery à la tête de la 8ème Armée, en aout 1942, aucun général d'Infanterie britannique n'était en mesure non pas de gagner, mais bien de ne pas perdre face à Rommel et l'Infanterie allemande !

En Crète, avec une Infanterie une fois de plus en dessous-de-tout, et une Aviation aux abonnées malheureusement absentes, il ne restait donc plus que la Marine pour racheter l'Honneur d'Albion...

mercredi 9 janvier 2019

5797 - rapide, brutale, vite oubliée

La Bataille de Crète : rapide, brutale, vite oubliée
... les liens d'amitié qui unissaient Bernard Freyberg et Winston Churchill ont sans doute joué un rôle dans l'absolution totale dont bénéficia l'ex commandant-en-chef de la Creforce au lendemain de la débâcle, puis dans les mois et mêmes années ultérieures.

Cependant, comme cette absolution ne se limita pas à l'intéressé, mais s'étendit en fait à l'ensemble des anciens responsables du corps expéditionnaire, d'autres explications doivent avancées,... à commencer par le fait qu'à l'instar des loups, les officiers supérieurs se mangent rarement entre eux.

En ces heures dramatiques où la Grande-Bretagne luttait encore seule et pour sa propre survie, et dans cette triste affaire où chacun ou presque avait quelque chose à se reprocher, personne n'avait évidemment le moindre intérêt à se lancer dans un grand déballage de linge sale, a fortiori entre alliés du Commonwealth.

Avec la destruction, la même semaine, du croiseur de bataille Hood ("le bien-aimé de la Navy") par le cuirassé Bismarck, puis celle de ce même Bismarck par une bonne partie des bâtiments de la Home Fleet spécialement rameutés pour l'occasion (1), l'opinion publique britannique avait déjà eu sa dose de mauvaises mais aussi de bonnes nouvelles, en sorte que la défaite crétoise pouvait plus facilement passer par le rayon des pertes et profits.

Enfin, et surtout, le déclenchement, moins d'un mois plus tard, de l'autrement plus gigantesque et autrement plus significative Opération Barbarossa - l'invasion de l'URSS - renvoya immédiatement la Bataille de Crète aux oubliettes de l'Histoire,... pour le plus grand bien des responsables qui y avaient pris part

(1) Saviez-vous que... Coulez le Bismarck

mardi 8 janvier 2019

5796 - ni blâme ni sanction

Freyberg, en 1943, bien plus promu que blâmé...
... Londres, 14 juin 1941

"Je suis loin d'être satisfait", écrit Churchill le 14 juin, "de la manière dont le général Freyberg a mené la défense au plan tactique" (...) Il semble n'y avoir eu aucune contre-attaque d'aucune sorte dans le secteur occidental jusqu'à plus de 36 heures après le début des parachutages. Il n'y a eu aucune tentative de constituer une réserve mobile avec les meilleures troupes (...) Il n'y a eu aucune tentative pour obstruer l'aérodrome de Maleme [à l'atterrissage] même si le général Freyberg savait qu'il ne disposerait d'aucune aviation durant la bataille. La conception toute entière semble avoir reposé sur une défense statique des positions plutôt que sur l'anéantissement rapide et à n'importe quel prix des troupes parachutées" (1)

Même si elle fait malheureusement l'impasse sur l'aveuglement de Freyberg à l'égard de la véritable menace qui courait sur la Crète, et sur son entêtement à privilégier l'hypothèse d'un débarquement naval... inexistant, l'analyse de Churchill n'en révèle pas moins crûment les principaux reproches que l'on peut adresser au commandant-en-chef de la Creforce

En toute logique, ces reproches, mais aussi l'ampleur de la débâcle subie en Crète, auraient pu, auraient dû, sinon expédier Bernard Freyberg devant une court martiale, du moins briser définitivement sa carrière militaire et ses espoirs politiques pour l'après-guerre.

Mais c'est tout le contraire qui va se produire puisque l’intéressé, en plus de conserver le commandement du corps expéditionnaire néo-zélandais, va bientôt se voir promu lieutenant-général (trois étoiles), décoré de l'Ordre de l'Empire britannique, et finalement anobli après la guerre !

Pour expliquer cette étrange mansuétude à l'égard de Freyberg, mais aussi de tous les autres protagonistes de la débâcle crétoise, plusieurs raisons peuvent être avancées...

(1) Beevor, op cit

lundi 7 janvier 2019

5795 - le retrait fatal

Leslie Andrew
... à l'instar des épidémies, les débâcles militaires ont toujours un début, un paroxysme, et une fin.

Si celle de Crète se termina dans le petit port de pèche de Sfakia le 01 juin, et culmina par la prise de La Canée le 27 mai, elle débuta à Maleme, dans la soirée du 20, lorsque le lieutenant-colonel Leslie Andrew, craignant de se retrouver encerclé et coupé de ses arrières par les parachutistes allemands, et désespérant de recevoir les renforts qu'il n'avait cessé de réclamer depuis l'aube, décida d'abandonner les positions qu'il tenait sur la Colline 107

L'autorisation de retraiter, qu'il avait sollicitée, et obtenue, du Brigadier Hargest, n'était pourtant, au mieux, que tacite, mais Andrew qui, pour d'évidentes raisons, ne voulait pas retraiter en plein jour et donc sous les bombes de la Luftwaffe, s'était empressé de prendre le "Si vous le devez, vous le devez" de son supérieur au pied de la lettre, et de disparaître avec ses hommes du 22ème Bataillon néo-zélandais durant la nuit

Le problème, c'est qu'il avait disparu sans être en mesure d'avertir tout le monde, et en particulier les défenseurs de l'aérodrome de Maleme qui, à l'aube du lendemain, se découvrirent non seulement abandonnés mais surtout surplombés par les paras allemands qui, trop heureux de l'aubaine, s'étaient précipités sur les positions désertées par le 22ème Bataillon.

Sans la Colline 107 pour couvrir leurs arrières, ces défenseurs n'eurent alors d'autre choix que de retraiter à leur tour,... et livrer ainsi un aérodrome intact aux Allemands

Et le drame, dans cette affaire, c'est que les craintes d'Andrew ne reposaient pour ainsi dire que sur des ombres : au moment du repli du 22ème Bataillon, les paras allemands, loin d'envisager la prise de la colline, pensaient plutôt se retrouver bientôt submergés par une contre-attaque britannique que personne ne se soucia hélas de lancer...

dimanche 6 janvier 2019

5794 - une incroyable apathie

James Hargest : une incroyable apathie
... mais bien plus que ceux fournis par Ultra, Bernard Freyberg était tributaire de la qualité des renseignements que lui transmettaient, ou non, ses subordonnés, et en particulier le Brigadier James Hargest, responsable du secteur de Maleme.

Comme Freyberg, Hargest était lui aussi un vétéran de la 1ère GM et un survivant de Gallipoli et, comme Freyberg, il ne concevait d'autre défense que statique, et d'autre commandement que fort loin de la ligne de Front.

Non content de transmettre à Freyberg des rapports aussi optimistes que dramatiquement erronés, faisant notamment état de l'évacuation de la Crète par les troupes allemandes (!) après le brillant succès d'une contre-attaque qui s'était en réalité soldée par un échec total (!), Hargest, durant les trois premiers jours de la bataille, et alors que le sort de toute l'île se décidait pourtant dans son secteur à lui, demeura incroyablement apathique, comme si le sort de la bataille ne le concernait pas personnellement.

Au colonel Andrew qui, depuis l'aube du 20 mai, ne cessait de lui réclamer des renforts et qui, au soir, lui annonça son intention d'abandonner ses positions sur la Colline 107 s'il ne les recevait pas immédiatement, Hargest s'était contenté d'un haussement d'épaules et d'un fort peu motivant "Si vous le devez, vous le devez", alors qu'il ne pouvait ignorer que cette colline était pourtant vitale pour la défense de l'aérodrome de Maleme.

Plutôt que de pousser Andrew à tenir bon, plutôt que de lui venir immédiatement en aide en ordonnant lui-même une contre-attaque immédiate sur Maleme, Hargest avait ainsi, ne fut-ce que tacitement, autorisé la retraite puis, le lendemain, publiquement déclaré qu'il ne croyait pas à la réussite de la contre-attaque ordonnée par Freyberg pour la nuit suivante, ce qui, une fois de plus, n'était certainement la meilleure manière de pousser au sacrifice les soldats appelés à en faire partie...

samedi 5 janvier 2019

5793 - l'ombre de Gallipoli

Bernard Freyberg, en 1919
... en tant que vétéran de la 1ère G.M., Bernard Freyberg n'avait imaginé d'autre défense que statique et exclusivement dirigée depuis un poste de commandement situé loin du Front, donc tributaire des informations qui lui parvenait ou non.

En tant que participant, et survivant, du tragique débarquement à Gallipoli, et malgré les renseignements contraires qui lui étaient parvenus, il était aussi sûr de l'existence et de l'imminence d'un vaste débarquement naval que convaincu de pouvoir le repousser,... à la seule condition de maintenir ses meilleures troupes, et tous ses bataillons de réserve, aux endroits les plus favorables à un débarquement, autrement dit en Baie de La Sude et face à La Canée.

Face à des envahisseurs déposés par parachutes ou planeurs directement sur ou derrière les positions, cette défense purement statique montra très vite ses limites mais aurait encore pu fonctionner si Freyberg avait rapidement disposé d'informations fiables sur la situation à Maleme, s'il avait été en mesure d'y acheminer rapidement des renforts afin de lancer une violente contre-attaque, mais aussi, et surtout,... s'il ne s'était pas entêté à maintenir les dits renforts face à la mer pendant plus de 48 heures, en prévision d'un débarquement qui n'existait en fait que dans son imagination.

Freyberg disposait pourtant d'excellents renseignements sur les plans et les intentions de l'ennemi, mais ne voulait pas croire tous ceux qui contredisaient sa "vision" d'une vaste flotte occupée,... comme à Gallipoli, à déverser des milliers d'hommes sur les plages !

L'Ultra... confidentialité de ces renseignements, qui n'étaient accessibles qu'à lui seul et dont il ne pouvait même pas discuter avec ses subordonnés (!), l'empêcha également d'entendre la moindre voix contradictoire, encore que l'on puisse douter, compte tenu de ce qui précède, qu'il y aurait donné suite...

vendredi 4 janvier 2019

5792 - l'erreur de trop

... Bernard Freyberg était un homme courageux, mais aussi un homme sincèrement soucieux de préserver autant que possible la vie des hommes placés sous son commandement, objectif louable en soi mais pas franchement de nature à inciter au sacrifice suprême lorsque seul le dit sacrifice serait en mesure de sauver une armée du désastre.

Ayant finalement à choisir entre la retraite de tout le corps expéditionnaire et une contre-attaque massive qui aurait peut-être pu sauver la situation mais assurément coûté de fort nombreuses vies humaines, Freyberg opta sans hésiter pour la retraite ce qui, dépendamment du point de vue que l'on souhaite adopter, peut passer pour un acte admirable ou, au contraire, pour une incroyable faute professionnelle.

Et de toutes les fautes professionnelles commises par Freyberg, la plus lourde de conséquence fut assurément sa sous-estimation dramatique du véritable potentiel de l'aérodrome de Maleme et de tous les aérodromes de Crète

Parce qu'il voulait les préserver en prévision d'un éventuel retour des appareils de la RAF, aussi peu probable pouvait-il sembler, mais aussi, et surtout, parce qu'il était incapable de comprendre l'intérêt que pourrait éprouver l'ennemi à s'emparer, intacte, d'une piste d'atterrissage apte à recevoir ses plus gros appareils de transport (!), Freyberg n'avait rien fait, avant le 20 mai, pour rendre impraticable celle de Maleme, mais aussi celle de Réthymnon ou Héraklion.

Quand il s'en rendit finalement compte, il était trop tard, et les Junkers 52 déjà occupés à déverser renforts de troupes et de matériels sur l'île...

jeudi 3 janvier 2019

5791 - à l'impossible, Freyberg n'était pas tenu

Bernard Freyberg : on ne lui demandait pas l'impossible
... si la responsabilité personnelle de Churchill et Wavell dans la débâcle crétoise peut toujours se discuter, celle de Bernard Freyberg apparaît en revanche incontestable.

A l'impossible, nul n'est certes tenu, mais personne n'avait non plus exigé de Freyberg qu'il fasse l'impossible : on s'attendait simplement à ce que, en tant que commandant-en-chef de la Creforce, il fasse de son mieux pour défendre l'île contre une invasion allemande.

Or, dans le cas de Freyberg, ce mieux n'était tout simplement pas... suffisant.

En termes managériaux d'aujourd'hui, on pouvait déjà dire de lui qu'avant-même le début de la bataille, il n'avait pas relevé ce "défi" de manière "positive" : considérer, dès le départ, la Crète comme "indéfendable", et ne pas en faire mystère, n'en accepter le commandement que contre son gré et suite à la demande personnelle de son ami Winston Churchill, et ne pas en faire mystère non plus, ne constituaient certes pas la meilleure façon d'aborder le problème,... ni d'insuffler un moral de vainqueur à tous les hommes, officiers et soldats, placés sous son commandement.

Avant l'arrivée des paras allemands, le corps expéditionnaire souffrait par ailleurs de deux handicaps majeurs, qui ne firent évidemment que s’aggraver au fil des combats : l'impossibilité, faute de routes, d'acheminer rapidement des renforts d'un point de l'île à un autre, et la faiblesse des moyens de télécommunications, qui se limitaient pour l'essentiel à de simples lignes téléphoniques extrêmement vulnérables.

En quelques semaines, Freyberg ne pouvait évidemment pas bâtir un réseau routier au complet, mais son manque total d'empressement à réclamer des postes de radio modernes, ou à envisager des alternatives aux vulgaires fils de téléphone, n'en était pas moins interpellant... 

mercredi 2 janvier 2019

5790 - "une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires",

Wavell : héros pour les uns, zéro pour les autres
... on peut sans doute reprocher à Churchill d'avoir nourri des attentes exagérées à l'égard de la Crète, et exigé de son armée des efforts et des sacrifices qu'elle n'était pas en mesure de fournir et de supporter, mais l'armée, dans cette affaire, n'a pas non plus joué franc-jeu.

"Winston est toujours en train d'espérer que des lapins vont sortir d'un chapeau vide !" avait amèrement soupiré Archibald Wavell après une énième demande de Churchill pour renforcer les défenses crétoises.

Mais depuis des mois, parce qu'il estimait, légitimement ou non, avoir des objectifs bien plus importants à protéger, et parce qu'il considérait dores et déjà la Crète comme perdue, Wavell n'avait quasiment rien fait pour améliorer la situation miliaire dans l'île, et la rendre plus défendable.

Pire encore : il n'avait pratiquement donné aucune suite aux demandes répétées du Premier Ministre, et lui avait systématiquement caché le véritable état des défenses de l'île !

La guerre, disait Clémenceau, est "une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires", mais elle ne peut pas non plus être gagnée lorsque les dits militaires dissimulent la vérité aux politiciens, et ne leur disent que ce qu'ils ont envie d'entendre.

On peut du reste légitimement se demander si Churchill se serait autant acharné à se maintenir en Crète s'il en avait connu la véritable situation militaire, et s'il aurait à ce point insisté pour en confier le commandement à son vieil ami Bernard Freyberg...

mardi 1 janvier 2019

5789 - assurément défendable

Pour Churchill, la Crète était défendable, mais à que prix ?
... à la décharge de Churchill, on doit tout de même noter son absolue conviction que la Crète était bel et bien défendable contre une attaque allemande.

Grâce aux renseignements dont il disposait, et qui lui avaient notamment été transmis par Ultra, Churchill savait que les Allemands, même avec l'aide des Italiens, n'avaient pas les moyens de s'emparer de l'île par le biais d'un débarquement naval classique, mais comptaient plutôt la conquérir par la voie des Airs, au moyen de troupes aéroportées.

Malgré leur qualité très inégale, et la faiblesse de leurs moyens matériels, Churchill estimait, avec raison, que les forces stationnées en Crète étaient parfaitement capables de contenir, et même de mettre en déroute, des troupes aéroportées, qui étaient certes composées de soldats d'élite mais beaucoup moins nombreux et uniquement dotés d'un armement léger.

Et le début des combats, où les dites troupes furent presque toujours écrasées avant et dans les premières minutes de leur arrivée au sol, lui donna du reste raison : avec un peu de chance, de meilleures communications, et aussi de meilleures décisions de la part du commandement local, la déroute crétoise aurait pu se transformer en triomphe.

Savoir dans quelle mesure la Crète ainsi demeurée britannique, mais toujours aussi isolée et à moins de 100 kms des côtes grecques, aurait pu continuer à se défendre dans les mois suivants contre de nouvelles attaques, et surtout contre les bombardements de la Luftwaffe, est une autre débat, impossible à trancher...