... plus encore que l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste s'engagea dans une aventure militaire qu'elle n'avait pas les moyens de mener.
Faute de canons et de tanks modernes, l'Armée de Terre, bien que pléthorique, ne fut jamais en mesure d'imposer sa loi, et devint très vite, bien que souvent injustement, la risée de ses adversaires.
Correctement équipée, la Marine de Guerre n'en souffrit pas moins de l'absence de porte-avions, qui lui auraient permis de repérer et de frapper ses adversaires à grande distance, en plus de protéger la flotte elle-même. Les revers subis, la pénurie de carburant, et l'absence de véritable doctrine d'emploi, finirent par la condamner à demeurer dans ses ports avant d'appareiller pour un ultime voyage à destination des ports ennemis.
Efficace en Éthiopie et lors de la Guerre d'Espagne, l'Aviation italienne perdit cependant trop de temps à négocier le passage du biplan au monoplan, et souffrit jusqu'à la fin d'insolubles problèmes d'approvisionnement en appareils modernes.
Plus que la défaite de ses soldats, de ses marins et de ses aviateurs, la défaite de l'Italie fut d'abord et avant tout celle de son industrie, sous-outillée et sous-financée, et donc constamment à la traîne de l'encombrant allié allemand dont la production, à la différence de la sienne, ne cessait d'augmenter.
Pour finir, la comédie se termina par un retournement d'alliance et une guerre civile, qui vit les Italiens combattre aux côtés de leurs ennemis d'hier contre leurs alliés d'autrefois, et se combattre entre eux, jusqu'à l'effondrement total d'un régime qu'ils avaient eux-mêmes plébiscités...
















