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jeudi 30 août 2018

5665 - Que sont-ils devenus (5)

  • Le Nagato, peut avant son convoyage vers Bikini
    Irrémédiablement démodés, les cuirassés américains rescapés de Pearl Harbor furent ferraillés peu après la guerre, ou sacrifiés lors d’essais atomiques à Bikini; seul le Texas (BB-35) fut préservé. Il est aujourd’hui la principale attraction du San Jacinto Battleground State Historic Site
  • Parmi leurs homologues plus récents, seuls les quatre Iowa eurent la chance de connaître une seconde (Corée), et même une troisième (Guerre du Golfe) carrière, avant de finir paisiblement leurs jours comme monuments historiques. Le New-Jersey, navire-amiral de Halsey à Leyte, est ainsi préservé à Camden (New Jersey), et le Missouri, sur lequel fut signée la Capitulation japonaise, à Pearl Harbor
  • De tous les porte-avions construits dans l’avant-guerre, seuls les Saratoga et Enterprise survécurent au conflit. Usé jusqu’à la corde, le premier fut sacrifié à Bikini, et le second, sur lequel Halsey avait remporté ses premières victoires, ferraillé en 1958, malgré tous les appels - notamment de Halsey lui-même - à sa préservation
  • Sans valeur pour l’après-guerre, les porte-avions d’escorte qui s’étaient si brillamment distingués à Leyte furent rapidement ferraillés. Trop petits pour les nouveaux avions à réaction, les porte-avions légers de la classe Independance furent eux aussi ferraillés, sacrifiés lors de tests atomiques, ou alors cédés à la France (2 exemplaires) ou à l'Espagne (1 exemplaire).
  • A l'exception des Bunker Hill et Franklin, tous les Essex et Ticonderoga mis en service avant la Capitulation demeurèrent en revanche fort longtemps au sein de la Navy, le dernier n’étant finalement décommissionné qu’en 1991.
  • En très mauvais état, et le plus souvent incapables de naviguer, les rares porte-avions et cuirassés japonais qui avaient survécu à la guerre furent tous ferraillés dans la foulée de la Capitulation, à l’exception notable du cuirassé Nagato, qui fut finalement convoyé par un équipage américain jusque Bikini afin d’y être lui aussi sacrifié lors de tests atomiques

mercredi 29 août 2018

5664 - Que sont-ils devenus (4)

Soemu Toyoda : un jusqu'au-boutiste refusant toute idée de Capitulation

  • "Père" des kamikazes, le vice-amiral Takijiro Onishi, se fit seppuku le 16 août 1945, mais, ayant refusé l'aide de tout assistant pour lui trancher la tête après s’être rituellement éventré, ne mourut, dans d’atroces souffrances, que 18 heures plus tard..
  • Son chef d’État-major, Matome Ugaki, mit quant à lui un point d’honneur à commander l’ultime attaque kamikaze de la guerre : le 15 août 1945, en contravention avec le discours de l’Empereur qui, trois heures auparavant, avait annoncé à la radio qu’il acceptait la Capitulation exigée par les Alliés, Ugaki décolla en effet pour Okinawa avec dix autres appareils qui, victimes d’une erreur de navigation ou alors de la chasse américaine, disparurent cependant sans laisser de trace.
  • Ayant survécu, contre toute attente, à la Bataille du Cap Engano, où il avait joué le rôle de l’appât face à Halsey, Jisaburo Ozawa eut également la chance de survivre à la guerre et de décéder paisiblement en novembre 1966, un mois après avoir fêté son 80ème anniversaire
  • Ami, et longtemps subordonné de Halsey avant de devenir son principal rival au sein de la Navy, Raymond Spruance devint commandant-en-chef de la Flotte du Pacifique (en remplacement de Nimitz) en novembre 1945. Demeuré amiral quatre étoiles (la dernière cinquième ayant échu à Halsey), et retraité de la Navy en juillet 1948, il servit comme ambassadeur aux Philippines de 1952 à 1955, et mourut en décembre 1969.
  • Dernier chef d'État-Major général de la Marine Impériale, Soemu Toyoda refusa jusqu’au bout toute idée de capitulation. Arrêté par les Américains, et jugé pour crimes de guerre en octobre 1948, cet homme qui avait volontairement envoyé tant de marins vers une mort certaine, fut néanmoins jugé non coupable, publia ses mémoires, et mourut d'une banale crise cardiaque en septembre 1957, à l'âge de 73 ans...

mardi 28 août 2018

5663 - Que sont-ils devenus (3)

Chuichi Nagumo : la gloire puis le suicide...

  • Pionnier de l’Aéronavale américaine, Marc Mitscher combattit avec ses porte-avions du premier au dernier jour de la guerre, et fut un des rares à l’avoir fait aussi bien les ordres de Halsey que sous ceux de Spruance. Fumeur invétéré, et constamment sur la brèche durant quatre ans, il était déjà au bout du rouleau lorsqu’il prit le commandement de la Flotte de l’Atlantique en septembre 1946. Décédé d’une thrombose en février 1947, il fut lui aussi enterré au cimetière national d’Arlington.
  • Ayant détruit la Flotte américaine du Pacifique à Pearl Harbor, puis repoussé l’Eastern Fleet britannique jusqu’au Kenya, Chuichi Nagumo était au sommet de sa gloire en juin 1942, lorsqu’il affronta les porte-avions américains à Midway,... et perdit en cette occasion tout l’avantage dont disposait jusque-là la Marine impériale japonaise. Son étoile désormais ternie, confronté, à Guadalcanal, et contre Halsey, à une guerre d’attrition qu’il ne pouvait gagner. et finalement muté à terre et de plus en plus en disgrâce, Nagumo termina la guerre comme commandant des forces navales à Saïpan, où il se suicida d'une balle dans la tempe le 6 juin 1944, face à l’avancée des troupes américaines qui avaient envahi l’île.
  • Devenu Chef des Opérations navales en novembre 1945 après le départ d’Ernest King, Chester Nimitz fut confronté, à la difficile transition d’une Marine du temps de Guerre vers une Marine du temps de Paix, et donc à la nécessaire mise au rebut d’une grande partie de la flotte, suite à la réduction drastique des budgets militaires qui, à son départ à la retraite, en décembre 1947, étaient passés de 91 à seulement 10 milliards de dollars annuels (1) Demeuré, comme tous les marins, extrêmement discret dans les années suivantes, Nimitz mourut d’une attaque cardiaque en février 1966.

    (1) Entre septembre 1945 et juin 1950, le nombre de porte-avions fut quant à lui réduit de 98 à 15, et celui des avions de combat (embarqués ou non) de 29 000 à... 9 400.

lundi 27 août 2018

5662 - Que sont-ils devenus (2)

Bien que devant en principe gouverner le Japon "en coordination" avec l’Empereur, Douglas MacArthur régna en réalité pendant six ans en authentique proconsul romain,... exactement comme il avait régné, pendant six autres années, sur les Philippines de l’avant-guerre.

Tout en prenant un vif plaisir à réformer les institutions et lois de ce pays, désacralisation de l’Empereur incluse, il sut du moins régner avec suffisamment d’efficacité et de sagesse pour que les Japonais lui en soient reconnaissants, et pour que plus de 250 000 Tokyoïtes, à l’annonce de son départ forcé, descendent dans les rues pour lui faire un triomphe, en avril 1951.

Sur le plan militaire, en revanche, le vieux général fut beaucoup moins heureux : totalement dépassé, en 1950, par une crise coréenne qu’il n’avait pas vu venir, et à laquelle il refusa même longtemps de s’intéresser (1), il passa à deux doigts du désastre avant de réussir miraculeusement à rétablir la situation en débarquant à Inchon.

Hélas, sa mégalomanie légendaire l’incita ensuite à tenter sa chance jusqu’à la frontière chinoise, entraînant une telle riposte que ses troupes faillirent purement et simplement être balayées de toute la Péninsule coréenne.

Prônant dès lors l’usage de la bombe atomique, et en conflit de plus en plus ouvert avec le Président Truman, il fut finalement limogé par ce dernier en avril 1951, et remplacé par le général Ridgway.

Réfugié jusqu’à sa mort dans une luxueuse suite de l’hôtel Waldorf-Astoria, il tomba petit à petit dans l’anonymat jusqu’à son décès, en avril 1964.

Avec George Patton, mais pour de toutes autres raisons, Douglas Mac Arthur est encore à ce jour un des généraux les plus controversés de l’Histoire américaine

(1) Saviez-vous que… Ciels de Corée

dimanche 26 août 2018

5661 - Que sont-ils devenus (1)

  • MacArthur et Hirohito, en septembre 1945 : le géant et le nain de jardin...
    Muté en Europe peu après son raid sur Tokyo, et devenu général, James Doolittle fut un des rares aviateurs américains à avoir à la fois combattu les Japonais et les Allemands,... et y avoir survécu. Couvert de distinctions et de décorations, il décéda en Californie en septembre 1993, à l’âge vénérable de 96 ans
  • Parce que Douglas MacArthur avait besoin de sa "collaboration" pour assurer une occupation harmonieuse du Japon, et une réforme tranquille des institutions du pays, l’Empereur Hirohito, ne fut, contrairement à ses craintes, jamais jugé pour crimes de guerre, ni même pour son rôle dans l’occupation de la Chine et le déclenchement de la 2ème G.M. Le 27 septembre 1945, et à la stupéfaction de son peuple qui ne l’avait jamais aperçu que de très loin, et généralement sur un cheval blanc, une photo le montra tel qu’il était réellement, chétif et minuscule, au garde-à-vous et à la gauche du grand général MacArthur qui, en pratique, gouverna seul le Japon jusqu’à son départ, en 1951. Bien que "désacralisé" par le général, et réduit à un rôle purement protocolaire, l’Empereur conserva néanmoins son trône et mourut paisiblement en 1989. Aujourd’hui encore, la place exacte de Hirohito dans les événements de la Guerre du Pacifique, et la "réécriture" de son histoire personnelle par les services du général MacArthur demeurent sujettes à controverses.
  • Réputé pour sa rudesse, son anglophobie,… et aussi son opposition aux visées de l’US Army, le Chef des Opérations navales Ernest King prit sa retraite en décembre 1945, cédant son poste à Nimitz. Victime de plusieurs attaques cardiaques dans les années suivantes, il décéda en juin 1956 et fut enterré au cimetière de l’Académie navale d'Annapolis
  • Vertement critiqué, à tort ou à raison, par Halsey pour son manque d’audace à la bataille des iles Santa Cruz en octobre 1942, puis à nouveau pour son manque d’initiative à l’île Samar, deux ans plus tard, Thomas Kinkaid n’en poursuivit pas moins une carrière honorable à la tête de la Septième Flotte, la "Marine de MacArthur", jusqu’à la Capitulation japonaise. Demeuré à couteaux tirés avec Halsey, avec lequel il polémiqua fréquemment dans les années suivantes au sujet des événements de Leyte, il fut néanmoins enterré dans le même cimetière que lui, en 1972...
  • Défait aussi bien à Saipan (face à Spruance) qu’à Leyte (face a Halsey), Takeo Kurita eut au moins la satisfaction de survivre à la guerre. Rendu écrivain public, et vivant très modestement jusqu’à sa mort en 1977, il ne livra jamais de véritable explication sur ses errances de Leyte, où il aurait pourtant pu détruire la Flotte de débarquement américaine, ni sur la raison qui l’avait finalement poussé à battre en retraite avec toute son escadre, qu’il avait pourtant, quelques heures auparavant, juré de sacrifier toute entière, en luttant avec elle “jusqu’au dernier homme”

samedi 25 août 2018

5660 - l'hypersensibilité américaine

... si, jusqu’à sa mort, Halsey ne se reconnu jamais la moindre faute dans les événements de Leyte, il finit quand même par déclarer qu’au vu du déroulement des batailles de Saïpan d’abord, de Leyte ensuite, il aurait finalement été préférable pour tout le monde que ce soit Spruance qui commande à Leyte, et lui-même à Saïpan !

Mais réduire la carrière de Halsey aux seuls événements de Leyte, auxquels on ajoute souvent, pour charger encore davantage la barque, ceux des typhons Cobra et Connie, est profondément injuste en regard des succès qu’il avait remporté avant, et qu’il continua à remporter après et à vrai dire jusqu'à la fin de la guerre.

Au demeurant, la polémique de Leyte ne fait qu’illustrer l’extraordinaire sensibilité - ou devrait-on dire la sensiblerie - des Américains à l’égard des pertes,... ou plus exactement des pertes dans leurs propres rangs : quel que soit le pays et l’époque, une seule main suffirait sans doute pour compter les généraux et les amiraux qui n’ont jamais commis d’erreur de jugement ou de faute de commandement dans leur carrière et qui n’ont jamais, à cause de cela, entrainé la mort inutile de centaines ou de milliers de leurs propres soldats ou marins. 

Encore cette hypersensibilité américaine est-elle elle-même, et dans une large mesure, une simple question d’époque : après tout, le 8 novembre 1943, à Guadalcanal, face à une Amérique toujours sous le coup de Pearl Harbor, et qui doutait encore de la victoire finale, Halsey n’avait choqué personne en soulignant que la dite victoire ne s’obtiendrait pas sans pertes et "que l’on ne faisait pas d’omelette sans casser des oeufs" 

A l’époque, les pertes américaines, aussi désagréables fussent-elles, relevaient encore de l’évidence, et personne ne les remettait véritablement en question. 

Mais un an plus tard, en regard d’une victoire désormais assurée, les pertes n’étaient plus du tout aussi "acceptables" et Halsey, qui n’avait pas vu venir ce changement radical de sentiment, en paya le prix,... et le paye encore soixante ans après sa mort 

Si la guerre "zéro mort" n’a jamais existé, il en va de même pour la guerre sans erreur ni faute, et la seule manière réellement efficace d’éviter les uns et les autres demeurera à jamais... de ne se lancer dans aucune guerre...

vendredi 24 août 2018

5659 - le rêve à jamais brisé

... commander des batailles à distance et depuis un bureau d'État-major était un boulot qui convenait - et très bien ! - à un homme comme Nimitz, mais pas à son tempérament à lui, ce pourquoi avait-il réclamé, et fini par obtenir, un commandement à la mer.

Mais à l'été 1944, il n'avait finalement repris la tête de la surpuissante Troisième Flotte qu'après qu'une autre bataille navale tout aussi décisive - celle des Mariannes - ait été menée, et remportée, par son ami et désormais rival Ray Spruance, et avec un tel succès qu'il ne restait désormais plus que fort peu de navires japonais encore en état de mener une nouvelle bataille.

Quelques mois plus tard, lors de l'invasion des Philippines, le peu qui restait de la flotte japonaise avait néanmoins fini par se présenter.

Pour Halsey, il s'agissait, à l'évidence, de son ultime chance de pouvoir encore mener, avant la fin de plus en plus prévisible des hostilités, le grand combat naval dont il rêvait depuis trente ans. 

Comme il fallait dès lors s'y attendre, il s'était aussitôt précipité vers l'ennemi avec sa fougue coutumière, mais aussi avec son propre cuirassé et surtout la ferme intention de mener la dite bataille au canon (!).

Prisonnier de cet objectif de toute une vie, il refusa de se laisser distraire par toute information qui ne s’y rapportait pas directement et, a fortiori, par les indices, pourtant nombreux, qui l’avertissaient du danger et du piège dans lequel il était en train de tomber mais qui, s’il les avait écoutés, l’auraient forcément contraint à faire demi-tour, et donc à ne jamais pouvoir réaliser son rêve

L’ennemi vers lequel il s’était lancé n’étant de fait qu'un leurre, Halsey, bien qu'ayant au bout du compte remporté une large victoire grâce à ses porte-avions, à une poignée de destroyers,... et à pas mal de chance, n'avait en définitive fait que "marcher 500 kms vers le Nord, puis courir 500 kms vers le Sud, juste pour rater l’ennemi aux deux endroits" 

jeudi 23 août 2018

5658 - fatale frustration

... si l'on s'entend aujourd'hui pour affirmer que Halsey a bel et bien commis une faute de commandement à Leyte ainsi que - mais dans une bien moins grande mesure - lors des typhons Cobra puis Connie, la cause principale de cette faute doit être recherchée dans son caractère ou, plus exactement, dans la frustration, qui le tenaillait depuis la 1ère G.M, de ne jamais avoir participé à un vrai combat naval.

En 1918, Halsey, alors modeste commandant de destroyer, était arrivé trop tard pour prendre part avec son bâtiment à quelque engagement que ce soit.

Dans l'entre-deux-guerres, il s'était soigneusement préparé à un nouveau conflit,... qui n'était finalement survenu que vingt trois ans plus tard, mais dont il avait raté le coup d'envoi, à Pearl Harbor

Dans les mois suivants, il avait ensuite mené des raids-éclair dans des eaux hantées par les Japonais, sans pour autant réussir à se mettre une partie de leur flotte sous les dents; il s'était vu privé, comme toute la Navy, d'une bataille à Wake, puis, en Mer de Corail, il était tout simplement arrivé... après la bataille.

Halsey aurait pu, aurait dû, mener ensuite l'engagement décisif - celui de Midway - qui allait décider du sort de la Guerre du Pacifique mais, gravement malade, il avait dû renoncer à la dernière minute, laissant à d'autres, et en particulier à son subordonné, Ray Spruance, la possibilité de récolter les lauriers à sa place.

A Guadalcanal, il avait certes - et brillamment ! - rétabli la situation sur le terrain, puis conquis les Salomons toutes entières, mais les combats navals, grands et petits, qui s'étaient déroulés lors de cette campagne avaient tous été menés, avec des fortunes diverses, par ses subordonnés, alors que lui-même se contentait de donner des ordres, loin du grondement des canons et du hurlement des moteurs d'avion, depuis le bureau de son quartier-général de Nouméa...

mercredi 22 août 2018

5657 - quand l'atout devient faiblesse

… en 1944, donc, le caractère et les méthodes de Halsey, qui avaient fait merveille les deux années précédentes, constituaient désormais davantage une faiblesse qu’un atout.

Lorsqu’il avait conçu Sho-Go-1 - le plan de défense des Philippines - l’amiral Toyoda avait précisément tout misé sur cette faiblesse et parié que Halsey, s’il se voyait offrir un appât aussi attractif que désormais sans valeur militaire - en l’occurrence les porte-avions… sans avion, d’Ozawa - ne manquerait de se précipiter vers lui avec tous les moyens dont il disposait,... et donc en oubliant totalement la protection des bâtiments occupés à débarquer troupes et matériels sur les plages de Leyte.

Et sur ce plan-là du moins, Sho-Go-1 avait été une réussite, et seules la résistance inattendue des destroyers et bébés porte-avions stationnés devant l’île Samar, ainsi que l’indécision et les erreurs de Kurita lui-même, avaient fini par transformer en triomphe américain ce qui aurait pu, ce qui aurait dû, être un succès japonais.

Parce qu’il avait, au bout du compte, remporté la victoire, et même littéralement écrasé son adversaire, Halsey refusa, jusqu’à sa mort, de reconnaître qu’il avait bel et bien commis une faute, et ainsi provoqué la mort, qu’il lui aurait pourtant été très facile d’éviter, de plusieurs centaines de marins américains.

Et parce qu'elle ne pouvait se permettre d'attenter à l'image de héros sans peur et surtout sans reproche qui collait à Halsey depuis des années, la hiérarchie refusa de le condamner et, pour la même raison, persista dans son refus en deux autres occasions, lorsque Halsey, à nouveau plus préoccupé par la poursuite du combat que par la sécurité de ses équipages et de ses bâtiments, précipita par deux fois ceux-ci sur la trajectoire d'un typhon...

mardi 21 août 2018

5656 - une toute autre guerre


… car à l'été 1944, quand Halsey reprit un commandement à la mer - celui de la Troisième Flotte - il se retrouva aussitôt plongé dans une guerre radicalement différente de celle qu'il avait connue en 1942.

Dopée par son industrie, et aussi par du carburant en quantités inépuisables, la Navy disposait désormais d'une supériorité matérielle écrasante sur son adversaire, quant à elle épuisée par une très longue attrition, et désespérément à court d’essence.

Ce n’était plus une guerre de raids, que l’on menait par désespoir, au moyen de petites flottilles très mobiles ne comprenant qu’un ou deux porte-avions et quelques croiseurs, et frappant à la vitesse de l’éclair avant de s’en retourner tout aussi vite au port : c’était désormais une guerre de (re)conquête, mobilisant une véritable armada de plusieurs centaines de bâtiments de tout type, que l’on déplaçait lentement, tel un cirque monstrueux, d’île en île et d’archipel en archipel, mais qu’il fallait ravitailler et protéger en permanence, et dont il fallait également coordonner et prévoir les mouvements des semaines et même des mois à l’avance.

Ce n’était plus guerre d’instinct et de guetteurs n’ayant pour seuls atouts que de bons yeux et une paire de jumelles, mais bien une guerre technologique, que l’on menait désormais bien au-delà de l’horizon, et donc sans jamais apercevoir le moindre navire ennemi, et ce grâce à des radars et des calculateurs de tirs constamment couvés par des équipes de techniciens hautement spécialisés se relayant dans les entrailles des bâtiments.

Dit autrement, c’était une guerre qui convenait à présent bien mieux à des intellectuels aussi calmes et patients que Spruance, qu’à des boxeurs aussi agressifs et impulsifs que Halsey, lequel, lorsque confronté à l’obligation de protéger des cargos et des opérations de débarquement nécessairement fort longues, ne pensait en fait qu’à s’y soustraire au plus vite afin de courir à nouveau sus à l’ennemi avec tous ses bâtiments de combat.

lundi 20 août 2018

5655 - la méthode Halsey

... en 1943, en acceptant un poste à Terre, et en troquant sa passerelle pour un bureau d'État-major loin de la bataille et des embruns, Halsey avait sans doute changé de rôle, mais pas de méthode : il s’agissait toujours de rassembler tous les moyens dont on disposait pour ensuite les jeter sur l’adversaire, au lieu et au moment où il s’y attendait le moins.

Aussi simpliste pouvait-elle sembler, la dite méthode avait donné d’excellents résultats à Guadalcanal, où la situation militaire, que chacun jugeait désespérée avant son arrivée, s’était radicalement modifiée en seulement quelques semaines, au point de se solder finalement par une grande victoire.

En 1943, Halsey avait également compris qu’il ne servait à rien de conquérir des îles ou des positions qu'on savait fortement défendues, comme Kolombangara ou Rabaul, quand on pouvait se contenter de les neutraliser, puis de les laisser pourrir sur place, en débarquant juste un peu plus loin, sur une île, comme Vella Lavella ou Bougainville, plus facile à prendre

Fort de cette expérience, il avait d'ailleurs tenté, en 1944, de dissuader MacArthur, mais aussi Nimitz, de s'emparer de Peleliu, aventure qui ne lui semblait nullement valoir son coût et qui, de fait, s'était soldée par ne boucherie aussi sanglante qu'inutile pour l'effort de guerre.

Mais au début de 1944, après avoir gagné chacun des ses paris et reconquis l'ensemble des Salomons, Halsey, désormais désœuvré, voulut reprendre un commandement à la mer qui, contre toute attente, et en dépit de conditions matérielles infiniment plus favorables qu'en 1942 et 1943, lui réserva bien des déconvenues...

dimanche 19 août 2018

5654 - tel était Halsey

Le Raid sur Tokyo : l'exemple-type de la "méthode Halsey"
... "Avant que nous en ayons fini avec cette guerre, on ne parlera plus le Japonais qu’en enfer !", avait déclaré Halsey au lendemain de Pearl Harbor.

Et ceux qui avaient eu la chance de pouvoir l'accompagner jusqu'à la fin de celle-ci se rappelaient encore son monumental accès de rage du 23 décembre 1941, lorsque, sur la passerelle du porte-avions Enterprise, il avait reçu l’ordre de faire demi-tour, abandonnant ainsi les défenseurs de Wake à leur sort.

A l’époque, personne n’avait osé lui faire observer que l’Enterprise se trouvait encore à quelque 2 000 kms de l’ile, et qu’avec les faibles moyens dont il disposait, il valait sans doute mieux battre en retraite et préserver l’avenir que sacrifier héroïquement, dans un combat perdu d’avance, un des rares et précieux porte-avions de la Navy.

Mais tel était Halsey et, au début de la guerre, cette inébranlable volonté d'en découdre quels que soient les risques l'avait étonnamment bien servi face à des Japonais qui, prisonniers de leurs traditions et de l’obligation de s’en tenir strictement aux ordres et à un "plan", se montraient trop souvent incapables d’initiative, et donc bien en peine d’imaginer le prochain mouvement de cet homme qui semblait justement n’obéir à aucune règle, et même ne pas savoir ce qu’il ferait le lendemain !

En 1942, cette agressivité, cette impulsivité, cette audace lui avaient à plusieurs reprises permis de se jeter avec ses porte-avions jusque dans la gueule du dragon japonais, notamment lors du Raid sur Tokyo, puis d’en ressortir sain et sauf et avant-même que le dit dragon, pourtant largement plus puissant, ait eu le temps de s’en apercevoir...

samedi 18 août 2018

5653 - un mutuel mépris de l'autre

Exécution d'un prisonnier occidental au sabre : un mutuel mépris de l'autre
… durant la guerre, la philosophie de Halsey se limita quant à elle à un slogan aussi simple qu’efficace : "Tuer des Japonais, des Japonais, et encore davantage de Japonais !"

C’était un slogan que n’importe quel Américain, du haut en bas de la hiérarchie militaire ou de l’échelle sociale, était en mesure de comprendre mais aussi, après Pearl Harbor, après les innombrables récits des atrocités commises par l’Armée japonaise aux Philippines ou ailleurs, d’approuver.

Ce slogan se nourrissait néanmoins d’un sentiment sinon de haine, du moins de supériorité raciale largement préexistant au sein de la société occidentale du moment qui, bien avant la guerre, n’avait que mépris pour ces "petits hommes jaunes", qu’elle avait d’ailleurs colonisés en Chine, en Indochine ou ailleurs, et qu’elle considérait incapables de progresser sur le chemin du Savoir et de la Raison sans l’aide ô combien éclairée du Blanc bienveillant.

De nos jours, bien sûr, de telles déclarations, de tels comportements, seraient inconcevables et sévèrement condamnées, en sorte que, pour le lecteur contemporain, tout le défi consiste donc à ne pas juger Halsey et ses actes selon les critères d’aujourd’hui, et de ne pas non plus lui attribuer des vices qui, à son époque, étaient en réalité quasiment considérés comme des vertus  

Ironiquement, ce souverain mépris envers l’autre était partagé par les Japonais eux-mêmes, qui considéraient tous les Occidentaux comme des barbares et, au combat, ne parvenaient pas à admettre qu’ils se rendent par milliers à la première occasion alors que les soldats japonais, eux, se devaient tous de combattre jusqu’à la mort, ou alors de se suicider pour échapper à la honte de la reddition !

vendredi 17 août 2018

5652 - Halsey, repensé

Pearl Harbor : un désastre... qui finit par devenir une bonne chose
Francis Scott Fitzgerald, a écrit un jour qu’il suffisait de lui montrer un héros pour qu’il soit capable d’écrire une tragédie (1) 

Pour sa part, William Frederick "Bull » Halsey estimait plus simplement que, dans une guerre, "il n’y avait pas de grands hommes mais seulement de grands défis que des gens ordinaires, poussés par les circonstances, étaient contraints de relever" (2) 

Halsey était un fonceur et un homme qui, à l’image de George Patton, avec lequel il fut souvent comparé - ne s’embarrassait ni de longues procédures ni de profondes réflexions stratégiques. 

Durant la guerre, sa tactique se limita le plus souvent, et selon ses propres termes, à "Frapper fort, frapper rapidement, et frapper souvent", ce qui, en pratique, impliquait donc de mener quantités de raids-éclair, dont les résultats matériels n’étaient peut-être formidables sur l'instant, mais qui avaient au moins l’immense mérite de tenir constamment l’ennemi en haleine et, petit à petit, de l’épuiser. 

De tous les amiraux américains, Halsey fut sans conteste le champion absolu du raid-eclair qui, ironiquement, ne fut rendu possible... que par la destruction, à Pearl Harbor, de toute la flotte cuirassée que chacun jusque-là, en ce compris chez les Japonais, persistait encore à considérer comme le cœur-même de tout dispositif naval ! 

Débarrassé de ces lourds et lents mastodontes, Halsey fut en mesure, avec seulement une poignée de porte-avions, de croiseurs et de destroyers, de mener la guerre navale qui lui convenait le mieux, une  guerre bien plus mobile et rapide que celle trop longtemps privilégiée par les Japonais qui, de leur côté s’entêtaient à aligner dans leurs plans d’attaque - par ailleurs inutilement complexes - quantités de cuirassés, et même de "super-cuirassés" qui ne faisaient en réalité que ralentir leurs formations, et les rendre d’autant moins homogènes. 

Et le succès des raids-éclair menés par Halsey, et en particulier de celui mené sur Tokyo, acheva de convaincre les responsables de la Navy de l’absolue nécessité de ne plus construire que des porte-avions, lesquels finirent par sortir des chantiers navals américains à raison de plus d’un exemplaire par mois, rythme que l’Industrie japonaise fut incapable d’atteindre et même d’approcher... 

(1) "Show me a hero and I'll write you a tragedy"
(2) "There are no great men, just great challenges which ordinary men, out of necessity, are forced by circumstances to meet"

jeudi 16 août 2018

5651 - in memoriam

La Côte Amiral Halsey, à Nouméa
… après sa mort, et comme pour beaucoup de héros de guerre américains, William Frederick Halsey Jr sera enterré, avec tous les honneurs, au Cimetière national d’Arlington (Virginie), où l’on peut également découvrir la tombe de Gregory "Pappy" Boyington qui, abattu le 3 janvier 1944 au-dessus de Rabaul, sous le commandement de Halsey, et déclaré mort, avait finalement été retrouvé, et libéré, le 29 aout 1945, au camp de concentration d’Omori… par les hommes de Halsey.

Et comme il est de coutume, la Navy attribuera son nom à un croiseur lance-missile (CG-23) puis, à la mise à la retraite de ce dernier, à un destroyer (DDG-97)

Après sa mort, en 1969, Spruance aura également droit à un destroyer, et Nimitz, en 1966, à un porte-avions.

Aux États-Unis, mais aussi en Nouvelle-Zélande ou en Nouvelle Calédonie, on trouve des rues, des immeubles, des monuments qui portent le nom de William Halsey mais, contrairement à maints généraux de l’US Army, comme Dwight Eisenhower, George Patton et, évidemment, au grand Douglas MacArthur, rares sont ceux qui, aujourd’hui, et y compris aux États-Unis, se rappellent encore son nom, et sont en mesure de l’attribuer aux différents événements de la Guerre du Pacifique.

Cette série de chroniques est, à sa modeste manière, une façon de le rappeler quelque peu à la mémoire des Hommes...

mercredi 15 août 2018

5650 - ... et retraité


Halsey et son épouse, en 1951
... officiellement retraité de la Navy en mars 1947, mais toujours et tout aussi officiellement "Amiral de la Flotte", Halsey va ensuite, et comme tant d'autres hauts gradés avant lui, donner des conférences  mais aussi intégrer pendant près d'une décennie le conseil d'administration d'entreprises aussi prestigieuses que soucieuses de leur image de marque, comme Pan American, ou ITT.

Aussi confortables et rémunératrices soient-elles, les dernières années de sa vie verront néanmoins resurgir une polémique que tout le monde, à commencer par lui-même, espérait pourtant éteinte : celle de Leyte et de son rôle dans la mort, pourtant évitable, de plusieurs centaines de marins américains.

Bénéficiant du recul du Temps, et n'ayant de surcroît plus l'obligation de ménager à n'importe quel prix un héros de guerre, de plus en plus d'historiens, journalistes et commentateurs jugeront sévèrement cet épisode, et n'auront de cesse de démontrer qu'à Leyte, Halsey a non seulement commis une erreur de jugement en se précipitant sans réfléchir sur l'appât que lui tendaient les Japonais, mais aussi une grave faute de commandement en abandonnant sans protection la flotte de débarquement dont il avait la charge et qui était bien incapable de se défendre seule contre l'arrivée de cuirassés japonais.

Tel un diable aspergé d'eau bénite, l'amiral ne cessera pour sa part de répéter que sa mission première était bel et bien de détruire la flotte japonaise et qu'il avait bel et bien détruit cette flotte, mais aussi qu'il demeurait convaincu que les moyens dont disposait la Septième Flotte auraient dû suffire à parer la menace,... si du moins ils avaient été correctement utilisés

Sa santé de plus en déclinante l'empêchera néanmoins de poursuivre, sinon de remporter, cet ultime combat : déjà victime d'une première attaque en 1957, il décédera finalement d'une crise cardiaque le 16 août 1959, à l'âge de 76 ans...

mardi 14 août 2018

5649 - Fleet Admiral...

Halsey, en uniforme de "Fleet Admiral"
... 20 novembre 1945

Le 20 novembre, Halsey est de retour sur le cuirassé South Dakota pour son discours d’adieu à la Troisième Flotte.

"Je mets volontairement un terme à une carrière de marin de plus de 45 ans", déclare-t-il. 

"C’est loin d’être facile pour moi, mais j’estime nécessaire pour les gens de mon âge de faire un pas de côté afin que des hommes plus jeunes puissent diriger la plus grande Marine du monde " (1)

Mais la Navy ne l’entend pas de cette oreille : soucieuse de distinguer cet homme pour sa contribution particulière à l'effort de guerre, et disposant encore du droit de nommer un "Amiral de la Flotte" (5 étoiles) supplémentaire (2), elle décide finalement de l’octroyer à Halsey plutôt qu’à Spruance (4) qui, en guise de consolation, continuera en revanche de percevoir son plein salaire d’amiral quatre étoiles jusqu’à sa mort, en 1969.

Le 11 décembre 1945, Halsey devient donc le quatrième - et jusqu'à aujourd'hui ultime - "Fleet Admiral" de la Navy (3), un poste essentiellement honorifique mais qu’il conservera même après son départ définitif de la Marine, en mars 1947...

(1) Wukovits, op cit, page 240 
(2) En 1944, le Congrès des États-Unis, soucieux d'aligner ses pratiques sur celles des nations alliées, avait autorisé la Navy et l'US Army à nommer quatre "5 étoiles" chacun
(3) bien que figurant toujours officiellement dans l’organigramme hiérarchique, le poste n’a plus jamais été pourvu depuis 
(4) ce choix, dans lequel beaucoup d'observateurs voient la main du très influent député démocrate Carl Vinson, fait encore débat aujourd'hui

lundi 13 août 2018

5648 - "En quittant le Pacifique, celui-ci redevient simplement un autre et foutu océan"

"En quittant le Pacifique, celui-ci redevient simplement un autre et foutu océan" 
... la fin d’une guerre est toujours synonyme de grands bouleversements pour ceux qui l’ont faite et ont eu la chance d'y survivre, et Halsey, bien sûr, n’échappe pas à cette règle.

Après avoir organisé et supervisé le rapatriement de bon nombre de ceux qui ont combattu avec lui dans le Pacifique, il ne lui reste plus maintenant qu’à tourner lui aussi la page, une page que le général MacArthur dédicace à sa manière.

"En quittant le Pacifique, Bill, celui-ci redevient simplement un autre et foutu océan" 

Halsey a 62 ans, et ces années de guerre et de tensions ininterrompues l'ont beaucoup usé.

Avant de quitter le Japon, et de faire ses adieux à la Troisième Flotte, il a officiellement demandé à prendre sa retraite : du reste, après avoir connu tous les combats, et tous les honneurs, que pourrait-il maintenant faire de plus, dans ce monde que chacun, grâce à la nouvelle ONU, imagine voué désormais à la sagesse et la Paix ?

Rentré à Pearl Harbor par avion, il embarque le 7 octobre sur le cuirassé South Dakota, et mène une flottille de futurs démobilisés à destination de San Francisco, où il est accueilli en héros, que l’on promène bientôt de ville en ville et d’un bout à l’autre du pays, pour donner des discours, inaugurer des monuments, ou participer à une quelconque célébration...

dimanche 12 août 2018

5647 - le Mal et le Bien, absolus

Soldats occidentaux, tout juste libérés d'une prison japonaise
… 30 septembre 1945

Le 30 septembre, Halsey et la Navy américaine, prennent officiellement le contrôle de l’Arsenal de Yokosuka, réduit à un amas de ruines

Plus tard, visitant la prison de Yokohama, où sont provisoirement enfermés les responsables politiques et militaires que l’on destine à un éventuel procès pour crimes de guerre, on lui présente l’ancien directeur du camp d’Omori qui, durant la guerre, a "hébergé", dans des conditions épouvantables, des milliers de prisonniers occidentaux.

"J’étais si furieux contre cet homme (...) que j’aurais aimé le tuer moi-même", dira Halsey,... sans réaliser que lui-même, à maintes reprises, et notamment devant l’île Samar, est loin d’avoir toujours traité les naufragés et les prisonniers japonais avec le plus grand respect.

Pour Halsey, et même en ces premiers jours d’une ère nouvelle, il y a toujours le Mal absolu, qui est nécessairement japonais, et le Bien absolu, qui est tout aussi nécessairement américain,

Il n’est, bien sûr, pas le seul Américain, ni le seul Occidental, à penser de la sorte : les blessures, celles de Pearl Harbor, de Manille, de Corrégidor, de Tarawa, d’Iwo Jima et, bien entendu, des kamikazes, mettront encore des années avant de cicatriser..

samedi 11 août 2018

5646 - Trente-trois minutes plus tard...

Trente-trois minutes pour clore une Guerre mondiale...
… USS Missouri, Baie de Tokyo, 02 septembre 1945, 09h25

Réglée dans les moindres détails par MacArthur, mais finalement tenue sur une vulgaire et fort prolétaire table de mess de la Navy simplement recouverte d’un drap vert (!), la cérémonie de Capitulation ne va finalement durer que trente-trois minutes.

Trente-trois minutes pour clore une guerre mondiale qui aura fait plus de 50 millions de morts.

Son discours terminé par un fort sobre et encore plus bref "La séance est levée !", le grand homme se tourne alors vers Halsey.

"Faites les démarrer maintenant"

Et au signal de Halsey, des centaines d’appareils – ils seront plus de deux mille au total – commencent à défiler au-dessus du Missouri mais aussi des citoyens de Tokyo qui ne peuvent, une fois de plus, que constater l’ampleur de leur défaite et la toute-puissance de leur vainqueur.

La Seconde guerre mondiale est terminée

La carrière de Halsey a la tête de la Troisième Flotte est également sur le point de se conclure...