lundi 29 mai 2017

5207 - une fidélité indéfectible

Dietrich, passant les hommes de la Leibstandarte en revue
... l'appétit d'Himmler pour le Pouvoir et les prérogatives s'avérant sans limite (1), la Leibstandarte de Dietrich a vite été appelée à former, avec la Totenkopf et la Verfügungstruppe, l'ossature de la "SS en armes" ou Waffen-SS (2), appelée à jouer les fers de lance dans les futures guerres d'Hitler.

Pour Dietrich, et la Leibstandarte, les choses sérieuses ont d’ailleurs commencé dès l’automne de 1939, avec la Campagne de Pologne, puis se sont poursuivies en France, dans les Balkans, en URSS et finalement en Normandie.

Mais si le courage personnel de Dietrich, nommé Oberst-Gruppenführer-SS (général d’armée) en avril 1942, n’a jamais été mis en doute, pas plus du reste que sa fidélité indéfectible à Hitler, il en va tout autrement de ses qualités militaires !

Il ne saurait d’ailleurs en être autrement puisque l’intéressé, à l’instar de tous les hauts responsables SS, mais aussi du Reichsführer Himmler lui-même, n’a jamais fait la moindre école de guerre, ni hanté durant de longues années les bureaux d’un quelconque État-major.

Alors, pour pallier son inexpérience, Dietrich a toujours eu tendance à "surcompenser" par l'engagement physique, le fanatisme et, bien sûr, la brutalité la plus extrême, ne s’embarrassant guère de prisonniers, et ne se souciant pas davantage des pertes dans ses propres rangs : en 1943, il s’est d’ailleurs publiquement vanté du fait que sur les quelque 23 000 hommes qui composaient à l’origine son corps d’armée, seule une trentaine avaient réussi à échapper à la captivité ou à la mort…

(1) Saviez-vous que... Au cœur des Ténèbres
(2) Saviez-vous que... Deux lettres blanches sur fond noir

dimanche 28 mai 2017

5206 - les prétoriens

Sepp Dietrich : un des favoris et plus anciens partisans d'Hitler...
… à 52 ans "Sepp" Dietrich est un authentique vétéran du nazisme et, pour Hitler, un de ses plus anciens partisans du "temps de la lutte".

Simple adjudant lors de la 1ère G.M., il a rejoint, comme tant d’autres, les rangs des Freikorps anti-communistes au lendemain de l’Armistice de 1918, puis participé aux côtés d’Hitler au "putsch de la Brasserie" de novembre 1923, lequel s’est certes soldé par un lamentable fiasco, mais un fiasco qui, dans les années ultérieures, est devenu ciment et pierre angulaire du nazisme, et a valu à ceux qui y ont participé d’accéder aux plus hautes fonctions au sein du Troisième Reich.

Après avoir intégré la nouvelle SS de cet autre ancien putschiste qu’est Heinrich Himmler, l’ascension de Dietrich est vite devenue météorique : Standartenführer-SS (colonel) en 1929, il a été promu Oberführer l’année suivante, puis Brigadeführer (général de brigade en 1931)

En 1932, il a aussi, et surtout, pris le commandement de la garde personnelle d'Hitler, ce qui lui a valu d’accéder au rang de Gruppenführer (général de division)

Après l’accession d’Hitler au Pouvoir, en 1933, cette garde personnelle est devenue la Leibstandarte SS Adolf Hitler, autrement dit la garde prétorienne du dictateur qui, pour remercier Dietrich de son rôle de premier plan dans la "Nuit des Longs Couteaux" - l’assassinat d’Ernst Röhm et des principaux chefs SA en juin 1934 - a de nouveau promu Dietrich au rang d’Obergruppenführer

samedi 27 mai 2017

5205 - reprendre l'initiative

Avec les nouveaux Tiger II, Hitler entendait reprendre l'initiative à l'Ouest...
... Hitler, du reste, n’a pas attendu le "miracle de l’automne" pour échafauder un plan visant à reprendre l’initiative à l’Ouest : dès le 19 aout, soit une semaine à peine avant la libération de Paris, il a en effet informé Wilhelm Keitel, chef de l’OKW, et Alfred Jodl, chef de l’état-major de la Wehrmacht, de son intention de frapper les alliés dans le courant du mois de novembre, c-à-d lorsque les mauvaises conditions météo cloueront inévitablement l’Aviation alliée au sol.

Le 16 septembre, à Rastenburg, il a réitéré son ordre devant les principaux responsables de l’armée, mais en ajoutant cette fois que l’attaque se déroulerait "dans les Ardennes belges et luxembourgeoises",... un choix qui, à n'en point douter, comporte au moins autant de risques que d'avantages !

Parce qu'ils ne s'attendent pas à une offensive allemande en cet endroit du Front, les Alliés n'y entretiennent certes qu'un minimum de troupes, mais la forêt ardennaise, et le peu de routes et sentiers carrossables qui la traversent, se prête fort mal à une attaque massive de blindés, a fortiori lorsque les dits blindés - comme nous allons le voir - sont de patauds behemoths de 60 à 70 tonnes !

Pour corser encore un peu plus les choses, le fer de lance de cette offensive sera constitué des 1, 2, 9 et 12ème division de Panzer SS, réunies en une VIème Armée Panzer SS, placée sous le commandement opérationnel d’un personnage aussi controversé que haut en couleurs, un ancien garçon-boucher devenu général bien moins en raison de ses talents militaires que de sa fidélité inconditionnelle au Führer…

Josef "Sepp' Dietrich

vendredi 26 mai 2017

5204 - le miracle d'automne

Market Garden : l'échec qui empêcha la guerre de se terminer avant Noël...
et avec les Soviétiques qui reprennent leur souffle aux portes de Varsovie, les Britanniques étrillés en Hollande, et les Américains en panne d'essence au Luxembourg, le Reich, en cette fin d'automne de 1944, se retrouve finalement en bien meilleure posture que prévu !

Il a certes perdu l'essentiel de ses conquêtes des années précédentes, mais cette perte lui a au moins permis de raccourcir ses lignes de communication et d'approvisionnement alors que celles de ses adversaires se sont au contraire étirées démesurément.

Ce véritable "miracle d'automne", qui ne doit pourtant rien aux armes du même nom, lui offre donc quelques semaines, et peut-être même quelques mois, de répit assurément bien utiles pour réfléchir, panser ses plaies,... et voir ce qui peut encore être fait ou non.

Pas question évidement d'envisager une quelconque "victoire finale" sur un des deux Fronts, ni a fortiori sur les deux à la fois !

... mais en jetant ses ultimes réserves dans un dernier "grand coup" à l'Ouest, il y a - peut-être - encore moyen sinon de forcer les Anglo-Américains à une paix séparée, du moins de les contraindre à demeurer dans une attitude strictement défensive durant plusieurs mois supplémentaires, ce qui permettrait - peut-être - alors d'endiguer l'attaque que l'Armée rouge se prépare quant à elle à lancer contre le Reich dès les premiers jours de 1945...

jeudi 25 mai 2017

5203 - le pont trop loin

Market Garden, mal conçu, bâclé, piètrement exécuté...
… le plan britannique est ambitieux, mais il est surtout incroyablement bâclé : des premières études à la décision finale d’aller de l’avant (10 septembre 1944), il ne se sera guère écoulé plus d’une dizaine de jours, et il ne s’en écoulera que sept de plus avant que ne soit lancée une offensive dont tout le monde reconnaît pourtant l'extrême complexité mais aussi la formidable importance puisqu’elle doit, selon ses promoteurs, permettre de terminer la guerre pour la Noël de 1944 !

Contre toute attente, et à la consternation de Patton, Eisenhower se prononce néanmoins en faveur de ce plan, qui va donc mobiliser l’essentiel des moyens et, surtout, du carburant disponibles.

Exagérément optimiste, puisque conçu comme un véritable rallye de blindés circulant à toute vitesse sur une unique route à deux voies qui serpente au milieu de polders inondés (!), Market Garden se solde hélas, le 26 septembre, par un sanglant mais fort prévisible échec (1) : les paras d'Arhem, que personne n’a été en mesure de secourir à temps, n’ayant d’autre choix que de capituler et de se rendre aux soldats du Reich.

Le bilan est lourd : rien que du côté allié, on compte en effet plus de 17 000 tués, blessés ou prisonniers, soit environ 20 % des effectifs engagés dans cette opération, ou encore deux fois plus que le débarquement du 06 juin 1944, en Normandie !

Mais au-delà des pertes humaines, l’échec du "grand coup" de Market Garden signifie surtout que la guerre va se prolonger bien au-delà de la Noël, et que la Wehrmacht disposera d’un sursis de plusieurs mois  pour se préparer à l'assaut final des Alliés contre le Reich

(1) pour les détails sur cette opération, Saviez-vous que… Des ponts trop loin

mercredi 24 mai 2017

5202 - sur le papier, tout était simple...

Market Garden : sur le papier, tout était simple...
… quelles que soient leurs divergences d'opinions, Américains et Britanniques sont au moins d'accord sur une chose : dans quelques jours, quelques semaines au maximum, il sera trop tard car l'ennemi aura eu le temps de rassembler ses troupes actuellement en pleine retraite, de les rééquiper, et de constituer de nouvelles lignes de défense.

Il faut donc profiter au maximum de l'instant présent, c-à-d continuer à marteler le Reich sans lui laisser le moindre loisir de se reprendre, ce qui implique de pénétrer en Allemagne-même le plus rapidement possible

Mais le problème, outre le manque d’essence déjà évoqué c’est que personne ne s'entend sur la meilleure manière d'y arriver : au schéma classique d'attaque frontale, à l'Est, que préconisent Bradley et Patton répond en effet le plan "périphérique" de Montgomery au Nord, lequel peut se résumer de la manière suivante :

Dans une première phase - Market - des troupes aéroportées seront larguées en territoire hollandais, entre la frontière belge et la ville d'Arnhem, avec pour seule et unique mission de s'emparer, et de tenir, tous les ponts et ponceaux qui mènent jusqu'à cette ville, ce qui inclut bien entendu le Pont d'Arnhem lui-même, qui, parce qu'il enjambe le Rhin et donne ainsi accès au territoire allemand, constitue le but ultime, et essentiel, de toute l'opération.

Parallèlement à cette action, une vaste offensive de fantassins et de blindés - Garden - sera lancée afin de rejoindre Arnhem le plus rapidement possible, c-à-d en deux jours, quatre au grand maximum,... puisque personne n'imagine les paras en mesure de tenir leur position plus longtemps...

mardi 23 mai 2017

5201 - le "grand coup" allié

Montgomery était convaincu de pouvoir l'emporter avant Noël : il se trompait
… à sa manière, et confronté lui aussi à un manque criant de ressources qui l’empêche d’attaquer sur deux Fronts différents en même temps, l’État-major allié veut à son tour monter un "grand coup" qui lui permettra - peut-être - de terminer la guerre avant Noël. 

Ce "grand coup", c'est l’Opération Market Garden, c-à-d une idée conçue dans l'urgence par le gouvernement britannique et l'État-major du général Montgomery, l'un et l'autre de plus en plus ulcérés par la tournure de cette guerre où il n’y en a plus que pour les Américains et le général Patton.

Tant que les Américains, ces cousins toujours "overpaid, oversexed and over here”, trop payés, trop présents et trop portés sur le sexe, se contentaient de fournir la quasi-totalité des armes et de la logistique alliée, mais aussi le plus gros des effectifs engagés à l’Ouest, tout en continuant à piétiner eux-mêmes dans le Cotentin,  les soldats britanniques et leurs chefs pouvaient au moins se consoler de leur situation de parent pauvre en entretenant la conviction qu’ils étaient de bien meilleurs soldats et de bien meilleurs chefs.

Mais après la réussite de l’Opération Cobra (25 juillet 1944), le lièvre américain s’est soudainement mis à caracoler à toute vitesse dans la campagne française alors que la tortue britannique, elle, restait désespérément scotchée autour de Caen, et ce malgré les nombreux limogeages opérés par Montgomery et ses appels à "jeter toute prudence par dessus-bord, de prendre tous les risques (…) et d'accepter n'importe quelle perte"…