... depuis le début des convois vers la Russie, la Royal Navy britannique s’était toujours efforcée de fournir à ces derniers un niveau de protection adéquat.
Les navires réunis n’avaient malheureusement pas toujours été suffisants, ni même correctement employés - le désastre du PQ-17 était là pour en témoigner - mais ils avaient systématiquement été plus nombreux que ceux que la Kriegsmarine allemande était en mesure de leur opposer.
Les hauts responsables de cette Kriegsmarine, Doenitz en tête, ne l’ignoraient pas et n’avaient donc aucune raison d’imaginer que les cargos du JW-55B ne bénéficieraient pas eux aussi de destroyers, de croiseurs et même d’un ou deux cuirassés capables de s’interposer entre eux et le Scharnhorst.
En juin 1942, cette constante menace avait même conduit à l’abandon prématuré de l’Opération Rösselsprung alors les nombreuses reconnaissances aériennes démontraient pourtant que l’escorte britannique se trouvait loin du convoi, ou alors déjà en pleine retraite.
En décembre 1943, les conditions météorologiques avaient hélas réduit les dites reconnaissances à leur plus simple expression : personne, côté allemand, ne savait combien de croiseurs ou de cuirassés britanniques avaient pris la mer, ni a fortiori où ils se trouvaient, mais personne ne pouvait douter non plus qu’ils étaient forcément quelque part, tapis dans l’obscurité, et prêts à bondir sur le premier navire allemand qui se présenterait...
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