... les guerres se mènent toujours avec les moyens dont on dispose et non pas ceux que l’on souhaiterait et, en décembre 1943, la Royal Navy britannique disposait il est vrai de moyens bien supérieurs à ceux que la Kriegsmarine allemande était en mesure de réunir pour Osfront.
Mais c’était déjà le cas en juin 1942, lorsque cette même Kriegsmarine avait alors rassemblé un cuirassé, un croiseur lourd et deux Panzerschiff pour une Opération Rösselsprung (1) (l’attaque du convoi PQ-17) en tout point semblable à Osfront.
S’imaginer que l’on pourrait faire aussi bien, ou plus exactement que l’on pourrait faire mieux (2), un an plus tard, avec un seul et unique croiseur de bataille relevait en conséquence de la pensée magique, pour ne pas dire de la folie furieuse.
Certes, l’obscurité, quasi-permanente au mois de décembre, dissimulerait efficacement le dit croiseur aux regards des Britanniques, mais elle dissimulerait tout aussi efficacement à ce même croiseur les cargos qu’il était supposé détruire !
En tant que commandant-en-chef de la Kriegsmarine, et en tant que marin, Doenitz ne pouvait ignorer ce détail, pas plus qu’il ne pouvait ignorer le fait que les Britanniques, qui disposaient de radars plus performants que les radars allemands, bénéficieraient d’un énorme avantage sur le Scharnhorst s’ils se trouvaient en mer en même temps que lui.
Et comment imaginer qu’ils n’y seraient pas ?
(1) Saviez-vous que... PQ-17
(2) Rösselsprung avait dû être prématurément abandonnée lorsque l’escadre allemande avait été découverte en mer par un sous-marin soviétique bien avant d’avoir pu apercevoir le moindre cargo du convoi PQ-17
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