jeudi 28 janvier 2010

2517 - Osttruppen

... après les Pays baltes et la Yougoslavie, il est à présent temps de nous intéresser à ces Osttruppen, ou "troupes de l'Est", que sont les volontaires issus de l'URSS elle-même.

Si Hitler, et il faut bien le dire les Allemands en général, considère les Soviétiques comme des untermenschen, des "sous-hommes" à peine supérieurs aux Juifs, l'ironie veut que sont ceux-là qui vont constituer le gros des bataillons d'étrangers sous uniforme allemand.

Ce n'était pourtant pas du tout prévu : au printemps 1941, chacun s'attend en effet à une guerre rapide - quelques semaines, quelques mois tout au plus - ce qui ne laissera évidemment pas le temps de recruter et d'entraîner des volontaires locaux, à supposer-même que quelqu'un, dans la Wehrmacht ou, a fortiori, dans la Waffen-SS, en envisage la possibilité.

Ce sera un combat "de race à race" ou, selon les propres termes d'Hitler, "une guerre d'anéantissement", qui autorisera tout soldat allemand à se faire Justice lui-même en rasant au besoin des villages entiers, et qui lui ordonnera par ailleurs d'exécuter sans jugement tous les Juifs et commissaires politiques qu'il croisera sur son passage.

Mais les premières victimes d'une guerre sont toujours les plans et les théories échafaudés pour cette guerre, en sorte qu'à l'automne, les commandants d'unités, confrontés au ralentissement de l'offensive et à la perspective d'un conflit bien plus long que prévu, en viennent à considérer d'un autre œil les troupeaux de soldats soviétiques qui s'entassent dans les camps de prisonniers.

A la mi-octobre, près de deux millions d'entre eux ont déjà été capturés. L'hiver approche Que faut-il en faire ? Rien n'a été prévu pour les nourrir en Russie : en fait, d'après les plans, c'est au contraire la Wehrmacht qui doit mettre à sac la Russie pour se nourrir elle-même !

On peut évidemment les laisser mourir sur place de faim et de froid - et on ne va d'ailleurs pas s'en priver - mais, quelque part, cela représente une forme de gâchis pour des unités allemandes qui, confrontées à bien plus de pertes que prévu, ne peuvent se permettre de laisser leurs propres hommes jouer les chauffeurs, les magasiniers, les cuistots, les manutentionnaires, ou tout simplement les sentinelles à l'arrière du Front.

Pourquoi dés lors ne pas utiliser pour ces tâches ingrates les prisonniers soviétiques les plus coopératifs ? Au besoin, dans six mois, dans un an, une fois la "victoire finale" acquise, on pourra toujours les renvoyer dans leurs camps, ou les fusiller sur place, tels des outils jetés à la décharge parce que désormais inutiles...

2 commentaires:

xavier a dit...

il me semble que c'est untermenschen et non untermenshen.

D'Iberville a dit...

C'est corrigé ;-)