lundi 3 août 2009

2339 - Little Boy

... A Alamagordo, l’armée américaine va procéder au premier essai d’une bombe atomique. Du moins au premier essai "officiel" puisque le mystère demeure – nous y reviendrons un jour – sur deux tests qu’auraient effectués les Allemands quelques mois plus tôt.

Au petit matin du 16 juillet 1945, donc, "Gadget" - c’est le nom de cette bombe construite de bric et de broc – est mis à feu, déclenchant une explosion équivalant à 18 kilotonnes de TNT ou, si l’on préfère, à 18 000 bombardiers qui, chacun au même moment, largueraient une bombe d’une tonne au même endroit !

Le problème des "rendements décroissants" est a priori - mais n'anticipons pas - définitivement enterré puisque la seule limite encore possible semble être celle de l’imagination humaine en matière de destruction de masse.

Après ce test ô combien concluant, reste néanmoins à accomplir l'essentiel : larguer sur le Japon une bombe atomique qui n'existe pour l'instant qu'en deux exemplaires, par ailleurs de conceptions totalement différentes.

Pour les acheminer sur des milliers de kilomètres d'océan, le transport aérien est rapidement écarté - ne serait-ce qu'en raison des risques liés au décollage et à l'atterrissage –ce qui ne laisse que la solution maritime.

Transportée par train spécial depuis le Nouveau Mexique, "Little Boy" - la future bombe d'Hiroshima - est chargée dans le plus grand secret à San Francisco sur le croiseur lourd Indianapolis, qui appareille aussitôt pour l'île de Tinian.

L'équipage ignore tout de la mystérieuse cargaison qui, par précaution, a été camouflée et installée sur un radeau. Les ordres sont stricts : silence radio absolu, et seule la cargaison a de l'importance. En cas de naufrage, le radeau devra être mis à la mer avant même les canots de sauvetage.

La traversée s'avère pourtant sans histoire. Dès son arrivée à destination, le 26 juillet, la bombe est déchargée, abritée dans un endroit éloigné de la base, et sévèrement gardée. Bientôt, le B29 "Enola Gay" l'emportera vers son objectif.

L'Indianapolis n’aura pas cette chance : ayant repris la mer pour Leyte, où il doit participer à des exercices de tir, il est torpillé dans la nuit du 29 au 30 juillet 1945, et coulé sans même avoir eu le temps de lancer un SOS. Près de 850 hommes, sur un équipage de 1 200, ont le temps de se jeter à la mer avant que le navire ne sombre. Mais quand les secours arrivent enfin, le 02 août, il ne reste que 318 survivants. Tous les autres - plus de 500 hommes - sont morts d'épuisement, noyés, ou dévorés par les requins (1), dans ce qui reste à ce jour le pire désastre de la marine de guerre américaine.

(1) cette histoire tragique est notamment évoquée dans le film « Jaws »

3 commentaires:

Guillaume a dit...

Je me suis toujours demandé, sans chercher, si cette histoire au sujet de l'Indianapolis dans Jaws était vraie. Voilà ma curiosité rassasiée :-)

Quel plaisir de vous lire tous les jours !

Pascal Boulerie a dit...

Les allemands n'ont jamais fait d'essai de bombe atomique. ça a été prouvé par une enquête récente dans une galerie de mine.

D'Iberville a dit...

Il y a de sérieuses interrogations, et un livre très documenté sur le sujet :
http://www.amazon.fr/bombe-Hitler-tentatives-allemandes-nucléaire/dp/2702138446