... en 1942, la Marine impériale japonaise, consciente des faiblesses de plus en plus criantes de ses "Val" et "Kate" de bombardement et de torpillage, réclama un nouveau bombardier-torpilleur embarqué - l'Aichi B7A Ryusei - qui, pour la première fois, disposerait enfin d'un armement puissant et d'un blindage digne de ce nom.Pour emporter cette nouvelle machine nécessairement beaucoup plus lourde, il fallait un moteur très puissant. Aichi en testa neuf avant de finalement jeter son dévolu sur le nouveau Nakajima Homare de 1 800 CV, dont la fiabilité laissait pourtant beaucoup à désirer.
Intrinsèquement, le Ryusei était un appareil remarquable, supérieur sur bien des points à ses rivaux américains. Mais lorsqu'il fut enfin à peu près au point, à l'été 1944, la Marine impériale avait déjà perdu la quasi-totalité de ses porte-avions lourds... les seuls qui auraient pu convenir à ce gros oiseau exigeant en outre un pont d'envol très long (1)
En octobre 1944, à Leyte (2), ce furent donc les vieux bombardiers et torpilleurs japonais - ceux-là même que le Ryusei était censé remplacer - qui participèrent à la bataille, où ils furent naturellement décimés.
Construit à une centaine d'exemplaires seulement, et finalement employé comme avion suicide, le Ryusei n'avait tout simplement pas trouvé de partenaire à sa taille.
(1) les porte-avions japonais étaient dépourvus de catapulte
(2) Saviez-vous que... 693 à 697
1 commentaire:
Bonjour!
Blog très intéressant et documenté. Il semblerait qu'une des raisons de la supériorité des motoristes américains ait résidé non pas dans la conception des moteurs (les anglais avaient un nette supériorité avec le théoricien de la combustion Harry Ricardo, ou Roy Fedden qui conçut le Bristol Hercules, y compris sur les américains d'Allison...et cela s'est retrouvé après guerre dans...les courses de ces délirants canots à moteur "unlimited propulsés par des moteurs d'avion de la 2° GM récupérés aux surplus et sauvagement gonflés)....mais bien plutôt dans la qualité de l'essence utilisée (indice d'octane plus élevé et surtout présence de plomb tétraéthyle qui recule la limite de détonation, ce cliquetis destructeur de soupapes et de sièges de soupapes sur les moteurs à haute compression.)
Les ingénieurs français avaient conçu un moteur théoriquement très puissant (le Lorraine Radium) qui enchaîna les déboires au banc d'essai et fut finalement abandonné...pour cause de destruction des pistons par le cliquetis.
Les japonais avaient le même problème avec les carburants indonésiens. Lors de tests d'avions japonais capturés, les américains s'aperçurent que ces appareils marchaient beaucoup mieux et étaient plus fiables avec l'Avgas "plombé", le super carburant made in USA adittivé au plomb.
Publier un commentaire