… En Grande-Bretagne, aujourd’hui encore, on se souvient de Dunkerque et de la Bataille de l’Atlantique et, quoi que dans une moindre mesure, des convois arctiques et des affrontements navals en Méditerranée.
On se rappelle la traque du Bismarck, la lutte contre les U-boot, le massacre du convoi PQ-17, ou encore la défense de Malte, mais tout le monde a depuis longtemps oublié les combats en Asie, et bien plus encore cette British Pacific Fleet qui, pourtant, avec ses quatre porte-avions, ses cuirassés et ses croiseurs, fut la plus puissante flotte rassemblée par la Royal Navy de toute la guerre !
L’éloignement de la métropole, la totale absence de résultats véritablement spectaculaires à présenter au public britannique, le désintérêt de ce même public pour la guerre en Asie dès le lendemain de la Capitulation allemande, ou encore la complète sujétion de cette flotte aux Américains, expliquent sans doute le pourquoi, mais ne le justifient pas moralement.
Qu’ils aient appartenu à la British Pacific Fleet, à l’East Indies Fleet ou, avant cela, à l’Eastern Fleet, ces hommes ne furent jamais des héros de légende à qui on donna un jour le nom d’une rue, ou auxquels on éleva une statue dans un square, mais seulement de fort anonymes combattants de l’ombre qui, comme tous les combattants de l’ombre, qui se levaient chaque matin pour effectuer, à plus de 10 000 km de leur foyer, le travail qu’on exigeait d’eux, un travail ingrat, un travail certes dangereux mais néanmoins routinier, et un travail sans doute utile mais en aucune manière décisif.
Car autant l’avouer : la British Pacific Fleet ne gagna pas la guerre contre le Japon, et son rôle dans la défaite japonaise ne fut en définitive que purement marginal,... ce qui est tout de même mieux que son apport dans le rétablissement des colonies britanniques d’avant-guerre…

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