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| Colon britannique dans son rickshaw, à Singapour : le colonialisme britannique à son apogée... |
Mais de cela, les USA - et ils ne s’en étaient du reste jamais cachés - n’en voulaient pas; l’URSS, devenue véritable puissance mondiale après la Capitulation allemande, n’en voulait pas; les populations locales, qui avaient vu les colonisateurs occidentaux, jusque-là considérés comme tout-puissants, vaincus et même carrément humiliés par les Japonais en 1941-42, et à qui on avait au demeurant promis bien des choses si elles aidaient à la victoire contre le Japon, n’en voulaient pas; et les contribuables britanniques, ruinés par la guerre, contemplant leurs villes dévastées par les bombardements allemands, et toujours soumis à d’innombrables rationnements, n’en voulaient pas non plus !
Utiliser la flotte pour débarquer dans les anciennes colonies après la Capitulation japonaise, y instaurer un semblant d'ordre, faire prisonniers des soldats nippons qui, après avoir écouté le discours de leur Empereur, ne demandaient finalement qu’à se rendre, puis, au bout du compte, rapatrier les soldats occidentaux libérés des camps japonais, c’était une chose...
... mais se servir de cette même flotte pour imposer ensuite le retour de colons et d’une administration coloniale britanniques dont plus personne ne voulait, pas même en Grande-Bretagne, c’était tout autre chose !
Churchill, du reste, battu en même temps que son parti aux élections générales de juillet 1945, avait lui-même vidé les lieux depuis plusieurs semaines lorsque les premiers navires de guerre britanniques se remirent à accoster dans les ports des anciennes colonies, et, lui disparu, plus personne, et certainement pas son successeur, le Travailliste Clement Attlee, n’était là pour tenter d’imposer un simple retour aux pratiques d’avant-guerre.
La Grande-Bretagne avait tourné la page et, bon gré mal gré, s'apprêtait déjà à faire ses adieux à l’Empire.
Mais ceci est une autre Histoire...

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