... c'est à Alexandrie que l'équipage du Warspite a appris que leur pays venait à nouveau d'entrer en guerre contre l'Allemagne.
Mais à Alexandrie, comme dans toute la Méditerranée, cette guerre n'est encore qu'une vue de l'esprit : l'Allemagne n'entretient en effet aucune force navale dans la région, et l'Italie, bien qu'alliée du Reich, ne manifeste pour l'heure aucune envie de s'engager dans le conflit (1), en sorte que septembre et octobre s'écoulent dans la calme et banale routine des exercices en mer.
Sur le Front terrestre, si la Pologne est liquidée en seulement six semaines, les belligérants vont ensuite s'enfoncer dans ce que les Allemands appelleront bientôt la Sietzkrieg (la "guerre assise"), les Anglais la Phoney War (la "fausse guerre") et les Français la "drôle de guerre".
Dans l'Atlantique, en revanche, la situation est fort différente : débutée dès le 3 septembre avec le torpillage du paquebot Athenia au large de l'Irlande, la campagne sous-marine bat déjà son plein et se traduira bientôt par la perte de millions de tonnes de navires marchands.
Mais la flotte de surface allemande est également entrée dans la danse : dès les premiers jours de septembre, les Panzerschiff Deutschland et Admiral Graf Spee ont en effet pris la mer pour s'en prendre au trafic maritime britannique, suivis, quelques semaines plus tard, par l'Admiral Scheer.
Face à cette menace, la Royal Navy va alors décider de battre le rappel de ses navires de surface, à commencer par le Warspite qui, le 28 octobre, quitte donc Alexandrie à destination de l'Atlantique...
(1) ce n'est que le 10 juin 1940, une semaine après le rembarquement du corps expéditionnaire britannique à Dunkerque, que Benito Mussolini, jugeant la partie définitivement gagnée par l'Allemagne, se décida à déclarer la guerre à la France et à la Grande-Bretagne.
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