... depuis qu'ils avaient envahi la Norvège puis en avaient chassé les Britanniques (avril puis juin 1940), les Allemands n'avaient cessé de craindre un retour de ces derniers par le biais d'une vaste opération de débarquement.A partir de 1942, cette crainte s'était muée en une véritable hantise, une hantise qui les avait d'ailleurs incité à expédier en Norvège un nombre de plus en plus grand de navires de guerre (dont le cuirassé Tirpitz) ainsi qu'à bâtir, tout au long des côtes norvégiennes, un grand nombre de bunkers et d'ouvrages défensifs, armés de canons récupérés ici et là.
Plusieurs bâtiments de la Kriegsmarine désormais déclassés avaient les frais de cette opération, en particulier le croiseur de bataille Gneisenau, dont la tourelle "B" de 280mm avait été installée à Bergen, et la "C" à Trondheim.
Rendu incapable de prendre la mer après l'Opération Paravane du 15 septembre 1944, et tout retour en Allemagne pour réparations étant exclu, le cuirassé Tirpitz n'était plus désormais qu'un mort en sursis.Mais s'il disparaissait au fond du Kafjord après une nouvelle attaque de bombardiers britanniques, sa mort ne servirait à rien, alors qu'en l'expédiant le long de la côte, et en particulier en face de la petite île de Håkøya près Tromsø, il pourrait au moins servir de batterie flottante et renforcer ainsi les défenses de la région face à un débarquement britannique que chacun devinait maintenant imminent...
Aucun commentaire:
Publier un commentaire