samedi 23 juin 2012

3396 - "Si, pour des raisons politiques, les convois doivent être maintenus, il faut s'attendre à subir des pertes importantes et sévères"

... pour les Britanniques, la perte du destroyer Punjabi, et les dommages subis par son abordeur, le cuirassé King George V, n'étaient cependant pas le plus préoccupant : torpillé par un sous-marin le 30 avril, alors qu'il escortait le convoi QP-11 de retour de Mourmansk, le croiseur Edinburgh - un 13 000 tonnes de la classe Town - avait en effet dû être sabordé deux jours plus tard après une attaque de destroyers allemands, et autre croiseur de 8 000 tonnes, le Trinidad, avait subi le même sort deux semaines plus tard, à la suite d'un bombardement mené par plusieurs Junkers 88 de la Luftwaffe (1)

Sans même parler de la disparition du malheureux sous-marin polonais Jastrząb, que des destroyers britanniques avaient confondu avec un U-boot allemand (!), ni de celle de trois cargos du PQ-15, victimes d'autres bombardiers allemands, ces pertes démontraient à l'évidence la très grande vulnérabilité des navires de surface si près des côtes de Norvège, et surtout de Bear Island (Bjørnøya,), île marquant l'entrée occidentale de la Mer de Barents.

"De manière inévitable, et à l'instar des Allemands, [constamment] handicapés par leur "complexe du porte-avions", les Britanniques, sous le choc de la perte de leurs deux bâtiments. allaient à leur tour être hantés par la sécurité de leurs croiseurs face aux attaques des sous-marins et des bombardiers allemands.

L'amiral Tovey alla jusqu'à recommander l'arrêt des convois jusqu'à ce qu'on soit en mesure de neutraliser les terrains d'aviation du Nord de la Norvège ou
[au moins] jusqu'au retour des mois d'obscurité (2). "Si, pour des raisons politiques, les convois doivent être maintenus, il faut s'attendre, ajoutait-il, à subir des pertes importantes et sévères"" (3)

(1) victime le 29 mars du dysfonctionnement d'une de ses propres torpilles alors qu'il escortait le convoi PQ-13, le Trinidad s'en revenait lui aussi de Mourmansk
(2) sous ces latitudes, et à cette période de l'année, la nuit n'existe tout simplement pas
(3) Irving, op cit, page 13

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