... Washington, 12 janvier 1950.Depuis leur création respective, à l'été 1948, les deux Corée n'avaient certes cessé de se quereller, mais les innombrables incidents de frontière qui en avaient résulté s'étaient limités à quelques échanges d'obus.
Fin 1949, cependant, le triomphe de Mao en Chine semble ouvrir de nouvelles perspectives : pour Kim Il-Sung, pour Mao, mais aussi pour Staline, le fait que les Américains ne soient pas intervenus militairement en Chine pour soutenir leur vieil allié Chiang Kaï-Shek signifie qu'ils n'interviendront pas davantage en Corée et en faveur de leur bien plus récent allié Syngman Rhee.
Un discours particulièrement malencontreux, prononcé par le Secrétaire d'État américain Dean Acheson, va bientôt les conforter dans cette opinion.
Convié par les journalistes au National Press Club de Washington, le 12 janvier 1950, Acheson va en effet déclarer que la Corée du Sud n'entre pas dans le "périmètre de défense américain en Asie".
Prononcée dans la foulée des événements qui viennent juste de se produire en Chine, cette déclaration, par ailleurs dans la droite ligne de pensée de MacArthur comme de toute l'administration Truman, a immédiatement êté interprétée, à Moscou, Pékin et Pyongyang, comme une preuve supplémentaire de l'indifférence de Washington à l'égard du dossier coréen.
La porte de la guerre est désormais ouverte.
Kim va s'empresser de s'y engouffrer...
3 commentaires:
Bonsoir,
Concernant le discours de Acheson, êtes vous sûr qu'il ait nommément exclu la Corée du Sud (exclusion explicite)? De mémoire il ne l'a pas citée (exclusion implicite).
En langage commun, cela revient au même, mais en langage diplomatique, cela devient un fossé!
Au fait, bravo pour cette introduction sur le conflit coréen: la documentation sur cette guerre est peu répandue, et quand elle est abordée, seul le théâtre des opération est traité; par contre, son origine et sa mécanique, que dalle!
Encore merci.
Je vous dirais "ni l'un ni l'autre" puisque, en pratique, la Corée ne figure dans sa description des composantes du dit périmètre :
"This defensive perimeter runs along the Aleutians to Japan and then goes to the Ryukyus. We hold important defense positions in the Ryukyu Islands, and those we will continue to hold. In the interest of the population of the Ryukyu Islands, we will at an appropriate time offer to hold these islands under trusteeship of the United Nations. But they are essential parts of the defensive perimeter of the Pacific, and they must and will be held.
The defensive perimeter runs from Ryukyus to the Philippine Islands. Our relations, our defensive relations with the Philippines are contained in agreements between us. Those agreements are being loyally carried out and will be loyally carried out. Both peoples have learned by bitter experience the vital connections between our mutual defense requirements".
Par contre, et même s'il ne cite pas nommément la Corée, Acheson souligne également que, pour LES AUTRES pays d'Asie : "So far as the military security of other areas in the Pacific is concerned, it must be clear that no person can guarantee these areas against military attack"
Chiang Kaï Chek ...pas forcément l'allié rêvé pour les USA
Le très caustique Général Stilwell (surnommé Vinegar Joe - jojo vinaigre - ) que les USA lui avaient envoyé comme conseiller militaire à l'époque de l'invasion de la Chine par les japonais, est celui qui en parle le mieux (et il avait son franc parler !).
Il dira à un journaliste (!): "l'ennui c'est que nous sommes alliés à un fils de pute d'illétré de fils de paysans" et ne parlait de lui qu'en utilisant des qualificatifs aussi sympathiques que Peanut (la cacahuète) ou rattlesnake (serpent à sonettes)... Bien entendu et malgré un masque de politesse extrême orientale , le leader chinois en avait autant au service du général américain .
Pour ne rien arranger Chiang Kaï Chek était environné d'une cour de parasites pas désintéressés du tout et pour obtenir une quelconque décision, le mieux était encore de s'en remettre aux bons offices de .... l'omniprésente Mme Chang Kaï ckek, véritable Madame de Pompadour de l'extrême orient...
Publier un commentaire