... Moscou, 27 décembre 1945.Sur l'échiquier géopolitique coréen, les grands absents ne sont autres que les Coréens eux-mêmes.
En 1905 comme en 1910, les "peuples civilisés" - pour reprendre l'expression de Théodore Roosevelt - ne leur avaient certes pas demandé leur avis sur l'occupation puis l'annexion de leur pays à l'Empire japonais.
Mais en 1896 comme en 1945, les Coréens n'avaient pas davantage été consultés sur son partage, au 38ème Parallèle, entre deux grandes puissances à présent rivales.
Mais en 1896 comme en 1945, les Coréens n'avaient pas davantage été consultés sur son partage, au 38ème Parallèle, entre deux grandes puissances à présent rivales.
Et si le choix entre Syngman Rhee et Kim Il-Sung s'apparente à celui entre la peste et le choléra, le dit choix leur a, là encore, été imposé de l'extérieur : au fil des mois, tous les autres candidats potentiels vont en effet se retrouver écartés - parfois de manière aussi mystérieuse que définitive - par les Américains d'un côté et les Soviétiques de l'autre, lesquels, et toujours sans rien demander à personne, vont finalement décider de soumettre les Coréens à une "période probatoire" de quatre ans avant qu'ils ne soient autorisés à se prononcer par eux-mêmes sur l'avenir définitif de leur propre pays.
Réunis à Moscou en décembre 1945, les diplomates des deux camps vont également s'entendre entre eux sur la création d'une "commission conjointe" americano-soviétique chargée d'administrer le territoire avec - si possible - le soutien des populations locales, lesquelles, contraintes et forcées, et pour le meilleur comme pour le pire, voient de plus en plus se dessiner les frontières de la Corée nouvelle.
Ou plus exactement de deux Corée...
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