jeudi 9 juin 2011

3016 - son nom s'appelle fidélité

... il n'est pas surprenant que la Corée du Nord soit très vite devenue un État stalinien régi par la terreur et le culte de la personnalité, ni qu'elle le demeure encore aujourd'hui.

Converti très jeune au communisme, soutenu à bout de bras par l'URSS avant et après la Seconde Guerre mondiale, endoctriné pendant quatre ans dans les camps soviétiques afin de devenir le parfait pupille de Staline, et entièrement dépendant, après 1945, du bon vouloir de ce dernier pour accéder au Pouvoir, puis le conserver, Kim Il-Sung ne pouvait pas être chose que stalinien.

Et les paysans de Corée du Nord, libérés par l'Armée rouge du joug japonais pour être aussitôt asservis par cette même Armée rouge, les paysans de Corée du Nord ne pouvaient faire autre chose que d'applaudir le premier Coréen qui se verrait oint par le Grand Staline.

A ce titre, la jeunesse et le relatif anonymat de Kim Il-Sung, loin d'être handicapants, allaient s'avérer autant d'avantages.

Staline, qui se méfiait de tout et de tout le monde depuis des décennies, ne voulait pas d'un grand orateur ou d'un authentique héros de guerre internationalement reconnu à l'égal de Tito ou Mao : ceux-là étaient trop indépendants et difficiles à manipuler, donc dangereux et toujours susceptibles de le trahir ou, du moins, de lui faire de l'ombre.

Staline voulait un homme-lige et un vrai croyant entièrement dévoué à sa personne, un homme façonné pendant des années par ses services de Propagande et de (ré)éducation idéologique, et un homme régulièrement testé et retesté par eux afin de s'assurer de sa parfaite conformité au dogme stalinien.

Plus que tout autre, Kim Il-Sung allait être cet homme...

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