... Pyongyang, octobre 1945.Pour ses hagiographes, c'est quasiment seul, et quasiment à mains nues, que Kim Il-Sung, après d'innombrables et glorieux combats, a chassé l'armée japonaise de toute la Corée.
La vérité est bien sûr plus prosaïque : ponctionnées par quatre années de lutte dans le Pacifique, les maigres forces japonaises encore présentes en Corée ont été tout simplement écrasées sous le poids des contingents de l'Armée rouge et de ses chars T-34; et c'est d'ailleurs dans un camion de l'Armée rouge, plusieurs semaines après l'arrivée des soldats soviétiques à Pyongyang, que Kim est lui-même rentré dans son pays natal.
Réfugié en URSS depuis la fin de 1940, il venait en effet de passer plus de quatre ans dans les camps d'entraînement - et de conditionnement - soviétiques...
Officiellement capitaine, puis commandant, au sein d'une fort mystérieuse 88ème Brigade de tireurs d'élite, Kim y menait une vie finalement agréable, puisqu'elle se déroulait en compagnie de son épouse, Kim Yong-Suk, laquelle, en février 1941, avait donné naissance à un fils promis à un bel avenir : Kim Jong-Il (1)Pour Staline, qui a toujours plusieurs fers sur le feu, Kim, mais aussi les quelques centaines de Coréens réfugiés en URSS, ne sont en définitive que des pions infiniment interchangeables sur un vaste échiquier géopolitique, et des pions qu'il peut utiliser, ou non, et liquider, ou pas, selon son inspiration et les circonstances du moment.
Par rapport à beaucoup d'autres, Kim a cependant certains avantages : il est jeune, il a une expérience (bien que très largement mythifiés) de combattant révolutionnaire et, surtout, il est idéologiquement fiable et totalement dévoué à son parrain soviétique...
(1) selon l'hagiographie nord-coréenne, Kim Jong-Il serait en réalité né un an plus tard, et dans des circonstances miraculeuses, au sommet du Mont Paetku, point culminant de la Corée du Nord
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