dimanche 23 janvier 2011

2879 - un contexte enfin favorable

... vu le prix et la rareté des Tallboy, et a fortiori des Grand Slam - qui ne seront fabriquées qu'à quelques dizaines d'exemplaires - le Bomber Command britannique ne peut se permettre de les gaspiller en les larguant au petit bonheur, comme c'était jusque-là son habitude.

Le bombardement doit donc s'effectuer de jour, dans des conditions météorologiques parfaites, ce qui, vu la fréquence des passages nuageux sur l'Europe du Nord, rend les missions d'autant moins fréquentes qu'en cas de mauvaise visibilité au-dessus de la cible, l'avion porteur de la "super-bombe" n'a d'autre choix que de retourner à sa base pour tenter d'y atterrir avec son précieux - et fort lourd - chargement, sans pouvoir, comme c'est là aussi la coutume, s'en débarrasser quelque part en route (1)

Dans ces conditions, et jusqu'en 1944, le dit bombardier, par ailleurs privé de la quasi-totalité de son armement défensif, aurait lui-même constitué une cible parfaite pour la Luftwaffe.

Mais depuis le début de 1944, et depuis l'apparition des chasseurs américains à long rayon d'action, les bombardements traditionnels sont aussi - pour ne pas dire surtout - devenus un moyen d'attirer... et d'éradiquer, les chasseurs allemands (2)

Abattus par centaines, et finalement cloués au sol par une pénurie de carburant de plus en plus dramatique, ceux-ci n'ont désormais plus les moyens de traquer les bombardiers isolés,... même ceux venus aplatir une base de sous-marins, ou un viaduc ferroviaire, à coups de bombes de 10 tonnes...

(1) lorsqu'un avion en mission de bombardement ne pouvait trouver sa cible, il se déroutait vers une cible secondaire, ou larguait son chargement dans la mer ou sur les champs avant de rentrer à sa base. Cette procédure est encore largement en vigueur aujourd'hui.
(2) Saviez-vous que... La Chute de l'Aigle

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