mercredi 12 janvier 2011

2868 - l'arrêt


... le 14 avril 1945, les avant-gardes américaines, qui depuis Remagen n'ont cessé de progresser à vive allure, sont parvenues à moins de 100 kilomètres de Berlin, ville et symbole dont les Allemands, civils comme militaires, voudraient bien qu'ils s'emparent le plus vite possible.

Mais Eisenhower a un tout autre plan : la crainte de voir les derniers défenseurs du nazisme former un "réduit alpin", mais aussi la volonté de préserver les vies américaines, l'ont en effet dissuadé de poursuivre l'aventure vers la capitale du Reich bientôt défunt.

Pour cet homme, qui a toujours été plus politique que militaire, et qui dissimule de moins en moins ses ambitions pour l'après-guerre, Berlin n'est en effet qu'un simple point sur une carte, un point qu'il faudra de toute manière partager avec les Soviétiques - comme l'a encore rappelé la Conférence de Yalta - et un point pour lequel il est donc inutile de sacrifier des soldats qui, un jour ou l'autre, seront ses électeurs à la présidentielle américaine.

Sans surprise, cette décision va semer la consternation dans les rangs américains mais aussi chez les Britanniques et en particulier chez Montgomery qui - dans la meilleure tradition de l’hôpital se moquant de la charité - ne cessera par la suite de regretter que le chef suprême des armées alliées ait refusé de prendre des risques et préféré la prudence au panache !

Qu'importe : le 15 avril, alors que les premiers blindés du général Simpson ont atteint l'Elbe et se préparent à monter sur Berlin, l'ordre d'arrêt est expédié aux troupes, lesquelles n'ont plus qu'à attendre l'arrivée des Soviétiques, qu'elles rencontreront finalement sur un autre pont, celui tout aussi effondré de Torgau, dix jours plus tard.

Berlin sera prise par l'Armée rouge

Mais ceci est une autre histoire...

2 commentaires:

Jérémy a dit...

Passionnante histoire, comme toujours !

DM a dit...

Tout à fait vivement la suite! :)

Mille mercis pour ce blog et tous mes voeux pour vous et vos proches en 2011!!