mercredi 29 décembre 2010

2854 - à bicyclette


... dans le camp allemand, la survie du Pont Ludendorff a naturellement été accueillie avec une stupéfaction qui a bientôt cédé la place à une résignation dangereusement proche de l'apathie.

Militairement parlant, la situation n'est pourtant pas désespérée : en raison des dommages infligés à la rampe d'accès, il s'en faudra encore de plusieurs heures avant que les Américains ne soient en mesure de faire passer des tanks sur le pont, opération qui - comme nous allons le voir - va par ailleurs s'avérer bien moins facile et rapide qu'espéré.

Le pont lui-même constituant un formidable goulet d'étranglement, quelques Panzers, ou même une simple compagnie d'Infanterie, suffiraient amplement à rejeter sur la rive gauche la poignée de GI's qui viennent de prendre pied sur la rive droite.

Mais le problème, c'est que le Major Scheller ne dispose d'aucun Panzer ni même, depuis la perte de ses opérateurs radio, d'aucun moyen d'appeler en renfort ceux qui pourraient se trouver dans le voisinage.

Et en réunissant les quelques fantassins et artificiers dont disposent encore Bratge et Friesenhahn, on n'arrive même pas à une cinquantaine d'hommes valides, lesquels, à présent réfugiés dans le tunnel ferroviaire au milieu de plusieurs centaines de civils apeurés, ne manifestent - et c'est le moins qu'on puisse en dire - aucun désir de mourir pour le Führer et le Vaterland.

Alors, peu après 16h00, Scheller n'a d'autre choix que de prendre la décision la plus difficile de sa carrière, une décision qui, bien que logique, va bientôt lui coûter la vie : confiant le commandement à ses deux subordonnés, il enfourche un vélo et prend la route afin d'alerter l'État-major et rameuter des renforts...

1 commentaire:

Jean-Jacques a dit...

Bonjour,
Depuis plusieurs années, mon premier acte du matin est de lire votre page quotidienne, je trouve toujours celà intéressant.
Félicitations et j'espère que vous continuerez encore longtemps.
Merci.