samedi 23 janvier 2010

2512 - le cheval croate

… à l’instar des pays baltes, les Balkans se situent eux aussi en périphérie des combats qui, pendant quatre ans, vont ensanglanter le Front de l’Est.

Avec les volontaires musulmans de la Handschar ou de la Skanderbeg, nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer l’infernale poudrière que consistait déjà, avant-guerre, le Royaume de Yougoslavie, dont l’invraisemblable mosaïque de religions et d’ethnies ne demandait en vérité qu’une étincelle – en l'occurrence l’arrivée des troupes allemandes – pour détonner avec une violence extrême.

Il importe à présent d’y revenir pour souligner le rôle des volontaires non seulement croates mais également serbes, ce qui nous permettra par ailleurs de remettre en cause la légende, encore tenace aujourd’hui, qui fait de tous les Croates des supporters inconditionnels du nazisme, et de tous les Serbes des adversaires non moins inconditionnels de ce même nazisme.

En avril 1941, donc, la Yougoslavie, conquise en quelques jours à peine, et quasiment sans opposition se retrouve aussitôt dépecée. La Slovénie est ainsi partagée entre l’Allemagne, la Hongrie et l’Italie, le Kosovo annexé à l’Albanie (alors colonie italienne), et la Serbie amputée de la Voïvodine et de la Macédoine.

Mais c’est évidemment la Croatie qui retient le plus l’attention.

N’ayant pas la moindre envie d’immobiliser dans les Balkans les troupes dont il a un urgent besoin en URSS, Hitler a en effet décider d’exploiter les dissensions ancestrales de la région en misant tout sur le cheval croate, dont le principal jockey, Ante Pavelic, va se retrouver propulser à la tête du Nezavisna Država Hrvatska (NDH) ou "État indépendant de Croatie", qui n’est en vérité qu’un vulgaire satellite au service de l’Allemagne.

A 52 ans, le Poglavnik Ante Pavelic est un catholique fervent et un nationaliste enragé qui, en 1929, a fondé le parti des Oustachis, mouvement fasciste réactionnaire, dont le nom va bientôt devenir synonyme de terreur et d’abjection.

Relativisons cependant : à son apogée, en 1942, le parti des Oustachis ne comptera que quelque 60 000 adhérents, soit environ… 1 % de la population totale de la NDH.

Comme dans tout le reste de la Yougoslavie, cette population n’est d’ailleurs ni cultuellement ni ethniquement homogène, puisqu’on y trouve non seulement des Croates et des catholiques, mais aussi des Juifs, des Tziganes, des Musulmans, et, bien entendu, des Serbes qui, à la différence des Juifs et des Tziganes – à massacrer en priorité - vont se voir proposer un choix fort simple.

"Nous tuerons un tiers des Serbes. Nous déporterons un deuxième tiers, et le tiers restant embrassera la religion catholique romaine. Notre Croatie deviendra catholique en dix ans" (1)

(1) Ibid, page 156

1 commentaire:

Anonyme a dit...

"État indépendant de Croatie", qui n’est en vérité qu’un vulgaire satellite au service de l’Allemagne.


Plutôt de l'Italie et ceci jusqu'en Septembre 1943, date à laquelle ce même Pavelic proclame l'indépendance de la Croatie vis à vis de l'Italie (suite à la capitulation italienne), dont il n'était qu'un vassal. Erreur gravissime que cet assujettissement des Croates aux Italiens, sachant que ces 2 peuples se haïssent (d'ailleurs, ce sont les Croates que la monarchie austro hongroise envoya contre les italiens à partir de 1915). La Croatie avait un roi italien (Tomislav II)jusqu'en Juillet 1943, roi qui d'ailleurs ne mis jamais les pieds dans son royaume.

Bien évidemment, la Croatie est de facto, un satellite de l'Allemagne mais de jure, elle est dans la sphère d'influence italienne.