mercredi 6 janvier 2010

2495 - la naissance de la Charlemagne

… à l’été 1944, Heinrich Himmler, toujours avide de Pouvoir et d’influence, obtient enfin l’autorisation de rassembler sous une seule bannière – celle de la Waffen-SS – tous les combattants étrangers encore au service de l’Allemagne.

Dans le cas français, cela va se traduire par la création d'une toute nouvelle division – la "33e Waffen-Grenadier-Division der SS Charlemagne (französische Nr. 1)" - composée de deux régiments (les 57ème et 58ème) qui recevront, pour le premier, les quelque 2 000 rescapés de la Sturmbrigade Frankreich (1), et, pour le second, les 1 200 vétérans de la LVF, dont certains ont déjà trois années de combat dans les jambes.

Pour mettre un peu de gras autour de cet os pour le moins maigrichon, on va y ajouter tous les Français qui, après la Libération de Paris, ont préféré accompagner les armées allemandes dans leur retraite plutôt que de subir la vindicte de leurs propres compatriotes.

Parmi eux, près de 2 000 proviennent de la Milice de Joseph Darnand, 1 000 de la Kriegsmarine, et environ 2 000 de la Todt, de la NSKK et d'autres unités paramilitaires allemandes. Au total, environ 8 000 hommes, ce qui n’est guère et ne représente tout au plus qu'une demi-division d’Infanterie

Plus grave : à l’exception de ceux de la Frankreich, les membres de cette nouvelle Charlemagne n’ont plus de "volontaires" que le nom. Dans la LVF, seuls les officiers vont en effet se voir reconnaître le droit de ne pas rejoindre la SS; les sous-officiers et soldats, eux, y seront versés d’office.

Le cas des Miliciens est encore plus spectaculaire : n’ayant suivi Darnand en Allemagne que contraints et forcés par les événements, ceux-là sont plus que réticents à l'idée de se porter volontaires pour la Charlemagne, ce pourquoi leur chef va décider de les incorporer en bloc, sans leur demander leur avis, et en justifiant sa décision par le fait que "Nous ne pouvons vivre en oisifs dans une Allemagne en guerre contre le communisme et la ploutocratie (...) Aujourd'hui, nous devons nous battre encore, pour notre idéal" (2)

Encore la cohabitation de ces hommes que tout sépare ne va-t-elle pas de soi : ceux de la LVF sont au bout du rouleau alors que ceux de la Milice n'ont aucune expérience militaire; ceux de la Todt ou de la NSKK ne se sentent aucune affinité avec la SS;… et tous ceux-là sont considérés avec dédain par les survivants de la Sturmbrigade, lesquels s'estiment non seulement supérieurs, mais aussi les seuls véritables nationaux-socialistes dans cet ensemble pour le moins disparate.

C'est au général Gustav Krukenberg que va revenir la lourde tâche de les entraîner et d'en faire une formation apte au combat. A 56 ans, Krukenberg est un ancien de la Wehrmacht, muté d'office dans la Waffen-SS en 1943, C'est aussi un francophile, qui a vécu plusieurs années à Paris.

Sa tâche ne sera pas aisée…

(1) Un millier d’entre eux se trouvaient à l’entraînement et n’avaient pas encore participé aux combats
(2) Giolitto, op.cit., page 462

1 commentaire:

Toni a dit...

Lecteur quotidien de "Saviez vous que" , depuis des années, je tiens pour une fois à vous exprimer mon admiration pour la qualité de vos articles. Des photos que je n'ai quasiment jamais vues ailleurs et des informations vraiment précises et originales, sur un sujet qui m'a toujours passionné : la WWII
Svp, continuez votre blog
Bien cordialement
Marc SALAÜN
NANTES
France