mardi 29 décembre 2009

2487 - auberge espagnole et panier de crabes

… à l’instar de toutes les Légions européennes, la LVF est une sorte d’auberge espagnole, où l’on trouve aussi bien des fascistes de la première heure et des anticommunistes convaincus que des jeunes désœuvrés, des chômeurs à la recherche d’un emploi, des réfractaires au STO,… ou tout bonnement de simples déboussolés, qui ont échoué là par hasard quand ce n’est pas par tromperie.

A certains, la LVF offre de "casser du Juif et du Communiste", et à d’autres non seulement un travail mais aussi une paye deux à trois fois supérieure à celle d’un ouvrier.

Mais la légion, c’est aussi la promesse d’un cadre de vie bien réglé pour ceux qui en ont besoin, ou encore un gage d’aventure pour ceux qui rêvent à de lointaines contrées aux noms exotiques.

Certains volontaires sont d’anciens militaires, bien plus tentés par une paisible sinécure dans un bureau que par un quelconque baroud; d’autres n’ont aucune expérience des armes; mais beaucoup – on n’est jamais si bien servi que par soi-même - sont tout bonnement des militants du PPF de Doriot ou du MSR de Deloncle.

Auberge espagnole donc, mais aussi vaste panier de crabes où chaque leader collaborationniste s’efforce de prendre l’ascendant sur l’autre, tant il est convaincu d’incarner à lui seul les valeurs de la "Vraie France".

Dès sa création, la LVF est donc une structure non seulement fort bureaucratique mais aussi extraordinairement politisée, ce qui ne va pas sans inquiéter les Allemands, lesquels se voient proposer des militants politiques alors qu’ils s’attendaient à recevoir des soldats.

Les Allemands reconnaîtront par ailleurs que moins de 40 % des membres de la LVF – mais ce pourcentage est certainement analogue dans les autres légions européennes – s’y sont véritablement inscrits par idéal ce qui, et c’est le moins qu’on puisse en dire, relativise les revendications de "Croisade contre le Bolchevisme".

Quel que soit l’angle d’approche, il est clair que la LVF est plutôt mal partie. Et ces malheurs ne vont certes pas s’arrêter là puisque la première prise d’armes, à la caserne Borgnis-Desbordes, près de Versailles, va tout simplement tourner à la tragédie.

Aucun commentaire: