samedi 19 décembre 2009

2477 - l'heure de gloire

… A la fin février 1944, Léon Degrelle, auréolé de ses exploits en Ukraine, est de retour en Belgique pour y recevoir ses lauriers… et lancer par-là même une nouvelle campagne de recrutement pour une SS-Wallonie qui vient de perdre les 2/3 de ses effectifs !

Après des meetings à Bruxelles, Charleroi, Liège et Paris, où il est à chaque fois accueilli par des foules par avance acquises à sa cause, Degrelle reçoit, le 1er avril, l’autorisation de faire défiler les volontaires wallons – du moins les survivants – eux aussi rapatriés du Front de l’Est.

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Grâce à des véhicules aimablement prêtés par la SS Hitlerjugend, les Wallons paradent donc à Charleroi, puis montent sur Bruxelles, toujours filmés par des cameramen de la Propagande allemande à ce point doués qu’ils parviennent à donner l’illusion de milliers de héros acclamés à tout rompre par des dizaines si pas des centaines de milliers de Belges enthousiastes.

Degrelle lui-même n’est évidemment pas en reste, qui se fait photographier partout, y compris en compagnie de ses propres enfants singeant le salut nazi.

Plus tard, dans ses mémoires, il fera même de cet événement un compte-rendu digne d’un Napoléon s’en revenant victorieux d’Austerlitz !

Qu’importe : l’essentiel est d’attirer de nouveaux volontaires, ce qui est d’autant plus difficile qu'en Belgique chacun sait le Débarquement allié imminent.

A l’été 1944, alors que les dits Alliés ont débarqué en Normandie et s’apprêtent à libérer la Belgique, Degrelle et ses Wallons sont de retour sur le Front de l’Est et se battent en Estonie, puis en Courlande, à nouveau courageusement, et avec de lourdes pertes, mais à nouveau en vain.

Le 25 août, Degrelle, exfiltré de Courlande, est à nouveau décoré par Hitler. De cette troisième – et dernière – rencontre, dont il gardera un souvenir encore plus ému, et plus dithyrambique, que les précédentes, naîtra la célèbre phrase : "Si j'avais eu un fils, j'aurais aimé qu'il fût comme vous", qu'il prêtera au Führer, mais qui est plus que probablement apocryphe.

A la fin de l’année, la Belgique est libérée et Degrelle, qui vient d’être nommé Volksführer der Wallonen (23 novembre), est condamné à mort par un tribunal de Bruxelles (29 décembre), ce qui, contrairement à ce que l’on serait tenté d’imaginer, va lui permettre de porter les effectifs de la Wallonie à un niveau jamais vu..

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