mardi 15 décembre 2009

2473 - l'âme de la Légion

… à la mi-octobre 1941, après deux mois d’entraînement en Allemagne, la Légion Wallonie est finalement envoyée sur le Front de l’Est, non pour y combattre les redoutables "Judeo-Bolcheviques" dénoncés par la propagande de Rex, mais, plus prosaïquement, pour y jouer les gendarmes contre d'éventuels partisans soviétiques, par ailleurs fort peu nombreux en ce début du conflit où la victoire allemande semble à portée de main.

L’ennui, le dépaysement,… et les railleries des soldats allemands ont tôt fait de démoraliser les volontaires wallons, qui s’attendaient à davantage d’action et de gloire.

C’est particulièrement vrai pour Léon Degrelle, lequel ne rêve que des hauts faits d’armes qui lui offriront le prestige, le Pouvoir... et la gratitude de ses alliés allemands.

Comme simple soldat, Degrelle n’exerce évidemment aucun commandement opérationnel, lequel échoit au capitaine Georges Jacobs, ancien officier colonial belge, avec lequel Degrelle ne s’entend guère. Mais c’est bel et bien lui, Degrelle, qui est le chef politique et, il faut bien le dire, la véritable âme de cette unité dont l’immense majorité des hommes provient de Rex, c.-à-d. de son propre parti politique.

Alors, Degrelle intrigue, fait jouer ses relations, remue ciel et terre,… sans grand succès, si ce n’est d’obtenir le remplacement du capitaine Jacobs par le capitaine Pierre Pauly, avec lequel il ne s’entend pas davantage.

La première contre-offensive d’hiver de l’Armée rouge, en décembre, permet au moins à la Légion Wallonie d’affronter l’ennemi sur le Donets. Si les combats acharnés pour le village de Gromovayabalka lui valent enfin le respect des Allemands, ils lui coûtent aussi plus d’un tiers de ses effectifs !

Bien que décoré à cette occasion, et promu adjudant, Degrelle ne décolère pas contre Pauly et, en mars 1942, obtient son remplacement pas Georges Tchekhoff, ancien officier tsariste émigré en Belgique,… lequel ne reste en poste que quelques semaines, avant de se voir à son tour remplacé par Lucien Lippert qui, lui, parvient au moins à se faire accepter par Degrelle !

De son côté, Degrelle, décidément omniprésent, profite de ses permissions non seulement pour revoir sa famille, mais aussi pour nouer de nouveaux contacts politiques et tenter, avec un succès très relatif, de relancer le recrutement au profit de la Légion Wallonie : en mars 1942, ils sont ainsi moins de 500 volontaires - dont beaucoup proviennent une fois de plus de Rex - à se rassembler à Bruxelles en vue d’un nouveau départ pour le Front de l’Est.

Ce piètre résultat n’entame nullement la confiance de Degrelle, qui est promu lieutenant en mai, juste à temps pour repartir à l’assaut du Caucase avec l’armée allemande, dans le cadre du "Plan Bleu" (1)

Bien qu’elle ne soit à nouveau pas destinée à opérer en première ligne, la Légion Wallonie subit néanmoins de lourdes pertes en août, pertes qui valent néanmoins une nouvelle décoration à Degrelle, dont chacun loue autant l’engagement et le courage personnel que l’arrivisme et l’absence de scrupules.

Envoyée au repos à l’arrière, la Légion Wallonie va alors faire connaissance avec la SS-Wiking, commandée par l’Obergruppenführer Felix Steiner, dont la rencontre avec Degrelle va être déterminante…

(1) Saviez-vous que... no 1267

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