lundi 14 décembre 2009

2472 - poker menteur

… s’il est loin d’avoir obtenu tout ce qu’il voulait – et en particulier un grade d’officier – Degrelle est au moins parvenu à se sortir du marasme dans lequel lui et son parti se trouvaient plongés depuis plus d’un an.

Grâce à un sens consommé de la mise en scène, il est même parvenu à faire de son départ pour l’Allemagne un événement cinématographique de premier plan.

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En effet, et à voir les images des Actualités allemandes, on se convaincrait presque que c’est la Belgique toute entière qui se dresse contre le Bolchevisme, et envoie les siens par centaines de milliers vers le Front.

Issus de Rex à près de 90 %, ces volontaires sont pourtant moins d’un millier, à qui Degrelle, sans doute pour ne pas les décourager, s’est bien gardé de dire qu’ils allaient revêtir non pas un uniforme belge, mais bien un uniforme allemand, c.-à-d., à la cocarde tricolore-près, la tenue des soldats qui occupent la Belgique depuis le mois de mai 1940.

Mais dans cette étrange partie de poker-menteur, les Allemands eux-mêmes se sont bien gardés de dire à Degrelle qu’ils n’avaient nullement l’intention d’utiliser directement cette "Légion Wallonie" contre l’Armée rouge.

Le 30 juin 1941, les différentes autorités allemandes concernées par l’engagement, l’entraînement et le déploiement des volontaires étrangers se sont en effet entendues pour confier les légions "germaniques" à la Waffen-SS, et les légions "latines" à la Wehrmacht.

La Wehrmacht étant par nature bien plus conservatrice que la Waffen-SS, cela signifie, concrètement, que seules les premières seront autorisées à combattre sur le Front de l’Est aux côtés de leurs camarades allemands, alors que les secondes devront se contenter de jouer les gendarmes sur les arrières de ce même Front, tâche ingrate et fastidieuse, où l’on rencontre plus facilement l’ennui qu’on ne récolte les médailles.

Or, pour se relancer, et relancer son mouvement, Degrelle a impérativement besoin de médailles, donc de batailles.

L’idéal serait donc, et quoi que puissent en penser les volontaires wallons eux-mêmes, de transférer la Légion Wallonie aux bons soins de la Waffen-SS, ce que son chef suprême, Heinrich Himmler, se refuse de faire, d’abord parce que les Wallons ne sont pas des "Germaniques" et ensuite pour ne pas déplaire aux Flamands, occupés au même moment à s’engager en grand nombre dans la SS-Wiking ou la Légion Flandern

Ce n’est pourtant que partie remise…

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