samedi 21 novembre 2009

2449 - "raciaux"... mais pas trop

… à l'automne 1939, les objectifs d’Hitler en matière de Volksdeutsche ont été atteints : même si l’exercice final a précipité l’Europe dans une nouvelle guerre, le Reich, lui, s’est enrichi de plus de dix millions d’habitants supplémentaires qui, soumis à la conscription obligatoire, vont se retrouver tantôt dans la Wehrmacht, tantôt dans la Waffen-SS.

Bien qu’"étrangers" à l’origine, ces soldats-là sont juridiquement devenus des combattants "nationaux", au même titre que les recrues de Cologne ou de Berlin, et ils ne cesseront d’ailleurs jamais de se considérer comme "Allemands", et d’être considérés comme tels par leurs compatriotes de "l’ancien" Reich.

La situation va néanmoins se compliquer à partir du printemps 1941, avec l’arrivée de Volksdeutsche cette fois issus de pays – comme la Roumanie, la Hongrie, la Yougoslavie et, a fortiori, l’URSS – n’ayant plus que de lointains rapports historiques, culturels, et même linguistiques, avec le Reich.

Parlant des Volksdeutsche roumains enrôlés dans la SS-Totenkopf, leur commandant, Theodor Eicke, dira ainsi que parmi eux, "il y en a un grand nombre que l'on peut qualifier d'esprits inférieurs. Beaucoup ne savent ni lire ni écrire l'allemand. Ils ne comprennent pas les ordres et ont tendance à tirer au flanc" (1)

En pratique, la plupart des divisions SS créées après 1943, comme la Hohenstaufen ou la Frundsberg (2), seront ainsi composées de Volksdeutsche originaires des Balkans, lesquels finiront par représenter plus de 200 000 hommes (!), soit près de 25 % des effectifs d'une Waffen-SS dont ils sont loin de partager l'idéologie initiale...

(1) Guido Knopp, Les SS - Un avertissement de l'histoire, page 308
(2) la Frundsberg est aujourd'hui célèbre pour avoir abrité dans son sein l'écrivain allemand Günther Grass. Né dans la ville libre de Dantzig (aujourd'hui Gdansk, Pologne), Günther Grass s'engagea dans la Frundsberg en octobre 1944, à l'âge de 17 ans.

2 commentaires:

olivier a dit...

Concernant Günther Grass, je suis pas sûr qu'on puisse dire de lui qu'il s'est engagé car la démarche n'était pas vraiment volontaire à cet époque, non ?

Félicitation pour votre blog, je le lis régulièrement et toujours avec plaisir.

D'Iberville a dit...

Théoriquement, l'engagement dans la SS était volontaire. En pratique, certains pouvaient effectivement s'y retrouver sans le vouloir. Quant à savoir, plus de 60 ans après si celui-ci ou celui-là y est entré volontairement ou non...