lundi 23 juin 2008

1933 - d'une guerre à l'autre

... en Éthiopie, la Regia Aeronautica put opérer sans aucune opposition, ce qui permit l'emploi d'appareils totalement obsolètes, comme les Caproni Ca-111.

Ces circonstances favorables n'apportèrent cependant aucun enseignement aux Italiens, qui n'en souffrirent pas moins de pertes importantes (plus d'une centaine d'aviateurs tués), le plus souvent par accident.

La Guerre d'Espagne fut une affaire autrement sérieuse. Dès le 30 juillet 1936, une douzaine de Savoia-Marchetti S-81 italiens s'envolèrent pour le Maroc, afin d'y établir un pont aérien vers l'Espagne, au bénéfice des troupes du Général Franco, prélude à une vaste opération de soutien qui, en dehors des effectifs de l'Armée de Terre, finit par mobiliser près de 800 appareils, dont plus de 370 chasseurs biplans Fiat CR-32.

Si les biplans Polikarpov I-15 républicains ne constituèrent jamais une grave menace pour les Fiat, il en fut tout autrement des rapides monoplans I-16, contre lesquels les aviateurs italiens ne pouvaient opposer que leur meilleur entraînement.

Également plus rapides que les biplans Fiat, les bombardiers bimoteurs SB-2 républicains étaient pour ainsi dire impossibles à intercepter, mais leur petit nombre les empêcha toujours de représenter autre chose qu'une vague nuisance.

Du côté italien, le meilleur appareil fut assurément le bombardier Savoia-Marchetti S-79 "Sparviero". Dérivé pour une fois heureux d'une machine de records destinée à la course Londres-Sidney, ce trimoteur dépassait les 450 kms/h, ce qui le rendait, là encore, quasiment invulnérable aux chasseurs adverses en cette époque bénie où les bombardiers volaient plus vite que les chasseurs pourtant censés les intercepter.

Une situation qui, malheureusement pour l'Aviation italienne, n'allait pas durer longtemps...

1 commentaire:

Anonyme a dit...

Le Sparviero était bien dérivé d'une machine de course mais en fait il s'est illustré dans une autre épreuve, organisée par les français, le raid Istres-Damas, remporté haut la main par les appareils italiens et doté d'un prix très coquet en francs-or sonnants et trébuchants.

L'infortuné Pierre Cot, ministre de l'air du Front Populaire, socialiste et philocommuniste, faisait une tête d'enterrement lorsqu'il dut remettre le prix aux aviateurs fascistes.

Cet homme lucide et très impliqué dans son job avait très bien compris les évènements à venir, il avait obtenu la nationalisation ( partielle alors qu'il la souhaitait totale ) de l'industrie aéronautique française et a tenté d'impulser la rationalisation de sa production...mais il s'est heurté à des patrons pas vraiment enthousiastes ( Henry Potez , Marcel Bloch-Dassault) ou carrément réacs, intransigeants et patrons de choc (Emile Dewoitine ,surnommé "Mimile bras de fer" par ses ouvriers...qui a fini collabo et exilé en Argentine)...Manque de bol , le Mimile en question était celui qui avait conçu le meilleur avion de chasse français , le Dewoitine 520...