... faute de porte-avions, les navires italiens dépendaient entièrement de l'Aviation militaire - la Regia Aeronautica - pour assurer leur défense contre les appareils ennemis.Ce calcul n'était pas absurde en soi. Géographiquement, l'Italie se situe en effet au beau milieu de la Méditerranée, mer étroite et fermée, dans laquelle elle s'avance largement
A la fin des années 1930, elle disposait par ailleurs de bases aériennes des deux côtés de celle-ci, non seulement en Italie, en Sicile et en Sardaigne, mais aussi en Lybie (conquise en 1912). Et elle entendait bien, sous l'impulsion de Mussolini, s'emparer également de Corfou, de Malte, de la Corse ou encore de la Tunisie, ce qui accroîtrait notablement les possibilités de son Aviation.
Décollant depuis la terre ferme, les avions terrestres italiens étaient d'autre part libérés des contraintes de poids et d'encombrement liées à la petite taille d'un porte-avions et aux faibles dimensions de son pont d'envol, et étaient donc capables, du moins sur le papier, de voler plus longtemps et d'emporter davantage de bombes ou de torpilles que leurs cousins marins.
Encore fallait-il, d'abord, assurer une bonne coordination entre l'Aviation et la Marine et, si possible, subordonner les activités de la première à celle de la seconde ce qui, compte tenu de l'ego et de la susceptibilité des uns et des autres, n'allait pas forcément de soi.
Encore fallait, surtout, que la Regia Aeronautica dispose de suffisamment d'appareils, et de suffisamment de carburant, pour entretenir une surveillance constante, et si possible de jour comme de nuit, au dessus des bâtiments de la Regia Marina.
A la veille d'entrer en guerre, l'Aviation italienne était-elle en mesure de remplir cette mission ?
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