mercredi 18 juin 2008

1928 - une Aviation de records

... à l'aube de repartir en guerre, et malgré les efforts de Mussolini pour la moderniser, l'Armée italienne n'avait que fort peu évolué depuis sa création : c'était toujours une structure pléthorique mais sous-entraînée, manquant cruellement d'artillerie et de moyens logistiques, et dont le Passé augurait d'autant plus mal de l'Avenir qu'elle avait, avec ses minuscules tankettes, effectué un très mauvais choix en matière de blindés.

De son côté, la Regia Marina disposait de navires modernes. Mais devenue cinquième puissance navale au Monde, et première en Méditerrannée, elle n'avait, à la différence de la Royal Navy, pas voulu se doter de porte-avions capables de les protéger en mer.

Par rapport à sa rivale britannique, elle ne possédait par ailleurs aucune véritable expérience en matière de combats navals, ses plus gros bâtiments ayant passé l'essentiel de la Première Guerre Mondiale au port, tactique certes économique mais qui n'avait nullement contribué à entraîner officiers et marins.

En revanche, la Regia Aeronautica faisait meilleure figure. Elle avait combattu avec succès lors de la Guerre d'Espagne, et largement contribué à la victoire italienne en Éthiopie.

Depuis les années 1920, les avionneurs italiens, largement subventionnés par l'État - lequel considérait l'Aviation comme le symbole par excellence du prestige national - multipliaient les records de distance, d'altitude ou de vitesse, en faisant voler de fabuleuses pièces d'orfèvrerie, comme l'hydravion Macchi MC-72 qui, en 1934, avait, avec 709 kms/h, pulvérisé le record du monde de vitesse...

1 commentaire:

Anonyme a dit...

Le MC 72 est une illustration de la "géniale ingéniosité" italienne...mais aussi des limites de ses frbricants de moteurs: En fait il utilise deux moteurs Fiat V12 mis en tandem (limitation du maître couple et de la traînée) et entraînant des hélices contrarotatives (une des premières applications aérienne sinon la première de ce système inventé pour les torpilles marines -annulation des couples de renversement parasites).

L'ingénieur Tranquillo Zerbi , ingénieur très ingénieux et fasciste convaincu, avait utilisé ce système pour pallier au manque de puissance d'un moteur unique, .

Même avec tous ces perfectionnements le MC72 était une machine très casse-gueule à piloter qui tua deux pilotes d'essais avant que l'intrépide lieutenant Francesco Agello ne réussisse son ébouriffant record du monde, en bénéficiant de conditions météo parfaites pour décoller et amerrir...sur le lac de Garde à l'heure matinale où celui ci est lisse comme un miroir (plus tard le vent se lève et fait les délices des champions de planche à voile).

S'il avait été aligné dans le trophée Schneider (à l'époque devenu définitivement propriété des anglais) on peut se demander comment il se serait comporté dans le clapot du Solent (le terrain de jeu des yachtmen anglais, bras de mer entre Cowes et l'île de Wight)...le Solent est parcouru de forts courants de marée et agité d'un bon gros clapot bien casse-bateaux.

En matière d'ingéniosité aéronautique, les italiens avaient même élucubré Le Piaggio - Pegna , autre délire futuriste très audacieux destiné au très convoité trophée Schneider/ un hydravion sans flotteurs du tout (mais équipé d'hydrofoils et d'une hélice marine embrayée sur l'arrière du moteur) les deux mini hydrofoils avaient évidemment une traînée infiniment plus faible que les "Scarponi" (les gros sabots) du Macchi 72...là encore l'idée était d'aller vite sans beaucoup de puissance grâce à des raffinements aérodynamiques.
On est là dans les contournements du règlement sportif qui font les délices des écuries de Formule 1

Même histoire que le fameux avion de course français Caudron Rafale (Hélène Boucher ,René Arnoux , Michel Detroyat...) équipé d'un moteur renault de seulement 350CV qui avait battu à plate couture les monstres américains à moteur 1200CV lors des très disputées courses au pylone (National Air races )de 1936, grâce a un profilage maniaque, une hélice ratier à pas variable et un train d'atterrissage rétractable. Mauvais perdants , mes américains avaient porté réclamation mais au démontage du moteur, il s'avéra qu'il était nettement en dessous de la limite de cylindrée autorisée.

Par contre les tentatives de transformer ce petit avion très léger et très véloce en avion de combat furent absolument désastreuses...c'était une pure machine de course incapable d'emporter un véritable armement de chasseur et encore moins de chasseur bombardier.