lundi 16 juin 2008

1926 - le mauvais exemple français

... durant l'entre-deux-guerres, la Regia Marina n'avait jamais voulu se doter de porte-avions, jugés inutilement complexes et coûteux et ne pouvant de toute manière emporter qu'une poignée de lents et disgracieux biplans, que l'on pensait bien incapables d'occasionner de sérieux dégâts à de gros cuirassés évoluant à haute vitesse en pleine mer.

A la décharge des amiraux italiens, l'exemple du seul porte-avions français - le Béarn - n'avait il est vrai rien pour enflammer les imaginations.

Construit sur la coque d'un cuirassé condamné par le Traité de Washington, le Béarn ne pouvait embarquer qu'une quarantaine d'avions. Mais son plus grave défaut résidait dans son dramatique manque de puissance : avec moins de 40 000 CV - soit trois à quatre fois moins que l'Akagi ou le Lexington - ce bâtiment atteignait à peine 21 noeuds quand le japonais et l'américain, construits à la même époque sur la coque de croiseurs de bataille, filaient à plus de 30 noeuds.

Conjugué à une longueur de seulement 186 mètres, le Béarn était donc condamné à n'embarquer que de modestes biplans à très faible charge alaire, seuls capables de décoller et d'atterrir dans de telles conditions.

De fait, à la déclaration de guerre, la France qui, pour son aéronavale, venait pourtant de commander aux États-Unis de rutilants Vought 156, n'eut d'autre choix que de les baser à terre, et de n'utiliser le Béarn que comme navire de transport d'avions, tâche ingrate dont ce navire s'acquitta tout au long de la guerre avant d'être ferraillé en 1967... en Italie.

1 commentaire:

Anonyme a dit...

Pour être tout fait honnête , il convient de dire que la"royale" avait entamé la construction de deux vrais porte-avions (dont l'un, prévu pour être batisé Maréchal Joffre, fut partiellement construit , puis ferraillé sur cale après la défaite de 40) après avoir initialement, comme les autres marines de guerre, commencé par convertir des navires "pas faits pour".

Là où le bât blesse c'est qu'effectivement, la Marine nationale , n'avait pas eu la main heureuse en sélectionnant,faute de mieux, un cuirassé déjà démodé avant son lancement (il avait encore deux hélices sur les 4 entraînée par d'antiques machines à pistons au lieu de turbines)