... en 1922, au terme de fort longues palabres, les grandes puissances navales, réunies à Washington, avaient fini par s'entendre sur la réduction du nombre de cuirassés en service : la Grande-Bretagne et les États-Unis pourraient en posséder dix-huit, la France, le Japon et l'Italie, dix seulement.A Paris, Tokyo et Rome, cet important accord fut naturellement ressenti comme un outrage. Peu importait en vérité que ces trois dernières nations n'aient pas les moyens financiers nécessaires pour fabriquer et mettre en service un nombre plus important de cuirassés : le simple fait de s'en voir interdit constituait une humiliation en soi.
La Regia Marina italienne dut pourtant avaler la couleuvre, qui s'avéra encore plus indigeste dans les années suivantes, lorsqu'elle fut contrainte d'envoyer à la ferraille ses six plus vieux cuirassés pour ne conserver que les Conte di Cavour, Giulio Cesare, Andrea Doria et Duilio, mis en service lors de la Première Guerre mondiale.
Mais l'apparition en 1933 du premier "cuirassé de poche" allemand, le Deutschland, réveilla d'un coup les ardeurs guerrières des uns et des autres : en réaction à la construction des trois navires de cette classe qui, malgré leur déplacement théorique de 10 000 tonnes (1), portaient des canons de 280mm, la France répliqua par la mise en chantier de deux croiseurs de bataille de 25 000 tonnes, les Dunkerque et Strasbourg, équipés de canons de 330mm.
Ne voulant pas être en reste, l'Italie fasciste répliqua à son tour par deux cuirassés de 35 000 tonnes (2) de la classe Littorio (Littorio et Vittorio Veneto) porteurs de canons de 380mm. Une réaction en entraînant une autre, la France décida alors de construire deux cuirassés de 35 000 tonnes et porteurs de canons de même calibre (les Richelieu et Jean Bart), ce qui convainquit Mussolini de doubler la mise en mettant en chantier deux Littorio supplémentaires (Roma et Impero), mis sur cales en mai et septembre 1938.
Mais en attendant l'entrée en service de ses quatre nouveaux cuirassés, la Regia Marina avait décidé de se pencher sérieusement sur le sort de ses quatre plus anciens...
(1) plus de 15 000 tonnes en réalité
(2) 41 000 tonnes en réalité
1 commentaire:
Voila de nombreux mois que je suis votre blog, et je ne m'en lasse pas. Chapeau devant tout le boulot abattu, et la capacité de synthése de chaque note.
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