... Avec leur Mark I, les Britanniques avaient inventé le tank, mais avec le FT-17 les ingénieurs de Renault allaient très vite populariser la formule du char léger (7 tonnes) et compact (5 mètres de long), facilement transportable et capable de circuler sur tous les types de terrains,... y compris sur les ponts ordinaires, inaccessibles aux monstrueux Behemoths de 30 ou 40 tonnes.Peu coûteux, facile à produire et à entretenir - ce qui là encore contrastait singulièrement avec ses homologues de l'époque - le Renault, équipé d'une mitrailleuse ou d'un canon de 37mm, n'était entré en service qu'en mai 1918, mais s'était avéré si efficace qu'il avait été construit à près de 3 000 exemplaires jusqu'à l'Armistice.
Rien d'étonnant dès lors à ce que FIAT en ait ensuite entrepris la fabrication sous licence, et ait livré plusieurs centaines de "FIAT 3000" à l'armée italienne, qui en utilisait encore quelques-uns en 1943 !
A la fin des années 1920, lorsque se posa la question de leur remplacement, l'armée italienne, plutôt que de tirer la formule vers le haut, décida au contraire de la pousser vers le bas, en s'inspirant très largement des "tankettes" Carden Loyd britanniques.
En supprimant la tourelle, en amincissant le blindage, et en réduisant la longueur à un peu plus de 3 mètres, on parvenait, par rapport au FT-17, à diminuer le poids de 50 % et le prix unitaire dans une proportion analogue.
Si l'efficacité d'une armée blindée s'était résumée au nombre de tanks capables d'apparaître lors d'un défilé militaire, les tankettes L-33 auraient assurément représenté le meilleur investissement possible.
Hélas, la raison d'être d'un tank ne consiste pas à parader devant une tribune, mais bien à affronter l'ennemi sur un champ de bataille...
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