... si on n'attire pas les mouches avec du vinaigre, les gros bombardiers quadrimoteurs alliés exerçaient en revanche une irrésistible attraction sur les chasseurs de la Luftwaffe.Dès 1944, les bombardiers devinrent même un excellent moyen de pousser celle-ci à une guerre d'attrition qu'elle ne pouvait plus se permettre.
Le 6 mars, la 8ème Air Force lança ainsi plusieurs centaines de bombardiers et de chasseurs d'escorte pour son premier raid diurne sur Berlin. A cette époque, Berlin abritait encore la moitié de l'industrie électromécanique allemande, avec des usines comme AEG (radios,isolateurs, générateurs), Telefunken (radios, radars) ou Robert Bosch (allumages pour véhicules et avions).
Berlin était aussi le troisième centre de production de roulements à billes d'Allemagne, un important centre de constructions aéronautique, avec les usines Heinkel (26 bombardiers quadrimoteurs Heinkel 177 par mois), Henschel (avions d'assaut Henschel 129 et bombardiers Junkers 88), Focke-Wulf, Dornier et Flettner, l'usine de moteurs d'avions Argus (fabriquant les pulsoréacteurs propulsant les bientôt célèbres fusées V1), et l'immense usine de Daimler-Benz à Genshagen, qui fabriquait à elle seule 20% des moteurs d'avions allemands.
De leur côté, Auto-Union (qui s'appellerait un jour Audi) et Alkett produisaient en grande série les blindés et canons automoteurs dessinés, notamment, par Ferdinand Porsche et dont Maybach, installé à Tempelhof, fabriquait les moteurs. Des milliers de camions et de véhicules militaires de toutes sortes sortaient également des usines Demag à Staaken, Büssing et Nationale Automobile à Oberschöneweide.
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