... ce furent les P-38, les P-47, puis - surtout - les P-51 qui sauvèrent la "Mighty Eight", la 8ème Air Force américaine, du désastre, et lui permirent de continuer à opérer de jour.Jusqu'à l'apparition de ces chasseurs d'escorte, les gros bombardiers américains, bien qu'opérant en "packs" de plusieurs dizaines d'appareils, et bien que défendus chacun par une dizaine de mitrailleuses de gros calibre, étaient bien trop vulnérables aux attaques de la Luftwaffe.
Lorsqu'ils furent en mesure de les protéger tout au long de leur trajet aller et retour, les chasseurs d'escorte bouleversèrent complètement la donne.
Pour abattre un bombardier quadrimoteur - véritable éléphants n'évoluant qu'en troupeaux compacts - le chasseur allemand devait en effet emporter de nombreux canons sous ses ailes. Mais le poids et la traînée aérodynamique des dits canons et de leurs casiers de munitions dégradaient nécessairement les performances de l'avion.
N'ayant pour sa part jamais rien de plus gros à affronter qu'un éventuel chasseur bimoteur, le chasseur d'escorte américain n'avait nul besoin d'un armement aussi puissant (1), ce qui le rendait plus rapide et plus maniable que son adversaire allemand. Il devait évidemment emporter davantage d'essence, mais celle-ci était consommée en grande partie lors du trajet aller, et transportée pour une autre part dans des réservoirs accrochés sous les ailes, et largables à la moindre alerte.
Face à ce nouvel adversaire, le chasseur allemand ne faisait tout simplement plus le poids. La Luftwaffe en était même réduite à tenter d'organiser des groupes mixtes, composés de chasseurs "lourds" uniquement destinés à l'attaque des bombardiers, et de chasseurs "légers" censés protéger les premiers contre l'action des chasseurs d'escorte alliés.
L'action des uns et des autres s'avérant, on s'en doute, fort difficile à coordonner...
(1) les premières versions du P-51 se contentaient d'ailleurs de quatre mitrailleuses seulement.
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