Comme ils ne disposaient d'autre part d'aucun chasseur capable de les escorter tout au long de leur trajet, ils n'eurent donc d'autre choix - c'était ça ou les envoyer à la ferraille - que de les employer de nuit.
Mais si la nuit les protégeait, dans une certaine mesure, de la Luftwaffe, elle leur interdisait également de frapper tout objectif de nature militaire ou industrielle. Il fallait donc frapper les villes, c-à-d les seules cibles suffisamment étendues pour être identifiables de nuit - c'était ça ou les forêts et les champs.
Cette pratique, qui dans les faits aboutissait à n'annihiler que des civils et des maisons, avait évidemment ses détracteurs, notamment aux États-Unis.
Les Américains considéraient que seule la destruction des sites industriels et de communications était moralement et stratégiquement justifiable. Mais pour les détruire, il fallait les repérer, et donc opérer de jour, c-à-d s'exposer à subir de plein fouet les coups de la chasse allemande.
Pour leurs propres bombardiers, les Américains avaient privilégié les armes défensives au détriment de la capacité d'emport de bombes (les Britanniques avaient tenu le raisonnement inverse), et pensaient qu'avec chacun une dizaine de mitrailleuses de gros calibre, leurs B-17 et B-24 seraient en mesure de se défendre seuls contre la chasse allemande.
Dans les faits, cette conception s'avéra catastrophique : lors d'un seul raid sur Schweinfurth, en octobre 1943, soixante B-17 furent abattus par la chasse et la DCA allemande. Sans s'en réjouir pour la cause, les Britanniques se trouvèrent renforcés dans leur conviction que seul le bombardement de nuit était techniquement envisageable.
C'est alors que les chasseurs d'escorte entrèrent en scène...
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