... abattre un bombardier quadrimoteur se résumait à une équation en apparence fort simple : cracher le maximum de métal en un minimum de temps.Dans la réalité, l'affaire se compliquait hélas singulièrement : compte tenu des seuls viseurs optiques dont l'Allemagne disposait, des projectiles non guidés qui perdaient puissance et précision avec la distance, et des mouvements du chasseur et de la cible elle-même, le tir, pour être efficace, devait s'effectuer à une distance n'excédant pas quelques centaines de mètres.
Si les mitrailleuses répondaient au critère de rapidité, le faible poids des balles aurait imposé des rafales interminables et une quantité astronomique de munitions.
Le canon s'imposait donc de lui-même. Qu'on choisisse d'installer plusieurs canons de 20mm, un ou deux canons de 30mm, ou un seul canon de 50mm, l'efficacité était comparable,... le surcroît de poids et d'encombrement aussi
Par rapport à la mitrailleuse, arme légère et facile à installer dans un avion, le canon ou les canons entraînaient invariablement, à puissance motrice identique, une sérieuse dégradation des performances de l'avion qui en était équipé.
Si pareil montage ne posait pas de problèmes insurmontables sur les gros bimoteurs de chasse de nuit - comme le Messerschmitt 110 - il en allait tout autrement sur les monomoteurs d'interception diurne - comme le Messerschmitt 109 - en particulier avec l'apparition, fin 1943, des chasseurs d'escorte alliés - comme le P-51 "Mustang"
Qu'ils soient bimoteurs ou monomoteurs modifiés pour la destruction des bombardiers, ces appareils étaient bien trop lourds, trop lents et trop peu maniables pour échapper aux chasseurs alliés.
Dans les faits, ils devenaient donc plus souvent chassés que chasseurs, et l'on pouvait même considérer que les bombardiers alliés n'étaient finalement plus que des appâts tendus pour attirer la Luftwaffe dans un piège mortel...
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