mercredi 22 août 2007

1627 - la maison sans toit

... sur les 125 000 aviateurs qui servirent au sein du Bomber Command britannique de 1940 à 1945, 55 000 moururent, soit 44%, 20 000 autres furent blessés ou faits prisonniers, ce qui témoignait à tout le moins du talent des pilotes de la Luftwaffe, et de l'efficacité de ses canons antiaériens.

Pourtant, dès 1943, il était devenu évident que cette même Luftwaffe ne serait jamais en mesure d'empêcher les gros bombardiers quadrimoteurs anglais et américains d'incinérer les villes allemandes.

La première raison tenait à l'imprévoyance de la Luftwaffe elle-même. Avant-guerre, celle-ci s'était imaginée, comme tant d'autres, que les mitrailleuses de petit calibre, éventuellement secondées d'un ou deux canons à faible vitesse initiale, seraient suffisantes pour abattre n'importe quel avion.

Dès 1940, les pilotes français s'étaient néanmoins rendus compte qu'ils devaient dépenser des munitions en quantités astronomiques pour abattre les simples bimoteurs allemands.

L'apparition, dès 1941, des gros quadrimoteurs anglais, puis celle, en 1943, de leurs cousins américains, bouleversa la donne. Beaucoup plus gros et plus lourds, ceux-là pouvaient encaisser d'incroyables punitions tout en continuant à voler.

Contre pareilles machines, l'armement conventionnel, autour duquel tous les chasseurs avaient été dessinés, s'avérait notoirement insuffisant.

Du point de vue du pilote allemand, le bombardier américain représentait même un danger supplémentaire : s'il emportait moins de bombes que son équivalent britannique, il était en revanche beaucoup mieux défendu par une dizaine de mitrailleuses lourdes, en tourelles ou en sabords, capables d'infliger des dégâts mortels aux chasseurs nécessairement légers et faiblement blindés...

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