lundi 20 août 2007

1625 - l'impossible reconnaissance

... plus que de tanks, d'avions ou de soldats, l'État-major allemand manquait cruellement de renseignements : chacun savait qu'un débarquement avait eu lieu, mais personne n'était en mesure d'en évaluer l'ampleur.

Les renseignements obtenus étaient imprécis, souvent contradictoires, et toujours fragmentaires. Pour se faire une bonne idée de la situation d'ensemble, il aurait fallu disposer de photographies aériennes, ce que la Luftwaffe ne pouvait réaliser, faute d'avions de reconnaissance capables de survoler les plages du débarquement sans se faire descendre.

En désespoir de cause, on décida de recourir aux services d'un nouvel "avion miracle", l'Arado 234. Apparu un an plus tôt, ce biréacteur terminait à peine ses essais. Fin juillet, les prototypes no 5 et 7 quittèrent l'Allemagne pour Reims. Le 2 août, l'un d'eux effectua la première mission de reconnaissance d'un avion à réaction. A 750 kms/h, et 10 000 mètres d'altitude, il photographia consciencieusement les plages, sans jamais être inquiété.

"En un seul vol de 90 minutes, Erich Sommer avait, à lui seul, réussi ce qu'aucune flotte de reconnaissance de la Luftwaffe n'était parvenue à faire au cours des huit semaines précédentes. Il avait photographié tout le territoire tenu par les Alliés en Normandie. Les 380 photographies qu'il rapporta provoquèrent une immense stupeur : les Alliés avaient en effet débarqué 1,5 millions d'hommes et 300 000 véhicules".

Mais si le résultat dépassa toutes les attentes, il ne servit finalement à rien

(...) lorsque les clichés de Sommer furent analysés et interprétés, ce qu'ils révélèrent ne pouvait plus depuis longtemps avoir de conséquences sur la bataille terrestre. Les forces américaines, ayant percé le Front (1), avançaient rapidement vers le Sud. Les photos de l'Arado ne firent que rendre compte en détail d'une bataille déjà perdue" (2)

(1) Saviez-vous que no 1574
(2) Fana de l'Aviation, HS 28, page 45

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