... si l'on ne saurait réduire le Débarquement de Normandie aux seules actions américaines, celui-ci consacra en tout cas le triomphe de la manière américaine de faire la guerre, ou plutôt de ne la faire qu'en situation de supériorité numérique et technologique écrasante.Si la Luftwaffe, comme le reste de l'armée allemande, s'attendait au débarquement, elle n'en fut pas moins totalement surprise par son ampleur. Face aux quelque 3 000 chasseurs et chasseurs-bombardiers alliés, que pouvaient espérer, et tenter, les quelques centaines d'avions que la Luftwaffe s'efforçait de rassembler à grand-peine ?
Lorsqu'ils parvenaient, au prix de lourdes pertes, à rallier les terrains de campagne prévus en cas de débarquement, les pilotes de la Luftwaffe devaient souvent attendre l'arrivée des mécaniciens, des munitions, des pièces de rechange et, bien entendu, du précieux carburant. Faute d'avions de transport en suffisance, tout cela devait être acheminé par camions ou par trains, ce qui prenait des jours, parfois des semaines.
L'Aviation alliée qui, bien avant le débarquement proprement dit, avait systématiquement bombardé les routes, les ponts et les voies de chemin de fer menant au littoral, redoublait d'activité. Tout ce qui bougeait à des kilomètres à la ronde était attaqué au canon, à la bombe ou à la roquette.
Du fait de leur infériorité numérique écrasante, les rares avions allemands n'avaient d'autre choix que de larguer leurs bombes dans la nature, et de rebrousser chemin, dès qu'ils apercevaient des avions alliés.
Les transmissions, déjà aléatoires, devenaient quasiment impossibles. Dans le camp allemand, plus personne ne savait où se trouvait l'ennemi, ni même ses propres troupes...
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