... alors que, sur le Front, les pilotes de la Luftwaffe étaient forcés de combattre sur des avions périmés, des milliers d'appareils flambant neufs s'accumulaient inutilement dans les forêts et les souterrains allemands.Alors que, sur le Front, des mécaniciens épuisés luttaient désespérément pour maintenir en état de vol des avions déglingués, sabotés, mal construits ou tout simplement privés de pièces de rechange, des ingénieurs et des techniciens continuaient de s'affairer, à l'arrière, sur des "avions-miracle" bien trop en avance sur leur temps, et que l'industrie allemande aurait été bien incapable de produire quand bien-même ces prototypes chimériques seraient parvenus à prendre l'air.
Dans cet étonnant mélange de rigueur technique et de pétaudière organisationnelle qui caractérisait le bientôt défunt Troisième Reich, personne ne semblait plus s'interroger sur l'utilité de continuer à consacrer autant d'efforts et de ressources pour fabriquer un hydravion géant hexamoteur (le Blohm und Voss BV 238), un bombardier à voilure en flèche inverse (le Junkers 287), un avion à décollage vertical (le Focke-Wulf Triebflugel), ou encore une aile volante transatlantique à réaction (le Horten XVIII)
Bon nombre de ces merveilles n'étaient en réalité qu'impasses techniques, justes bonnes à enflammer les imaginations. D'autres ne viendraient à maturité que des années plus tard, et aux mains des vainqueurs de l'Allemagne.
Aucune, en tout cas, ne pouvait changer le cours de l'Histoire...
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