vendredi 22 juin 2007

1566 - minimiser les pertes

... de toutes les armées occidentales, l'armée américaine est assurément celle qui supporte le moins les pertes dans ses propres rangs.

A la différence de leurs collègues français, britanniques ou soviétiques, ou de leurs adversaires allemands et japonais, les généraux américains ne considéraient pas les pertes, et un taux élevé de pertes, comme une conséquence normale et inévitable de la guerre, mais plutôt comme un accident dont il fallait à tout prix limiter la portée.

Pour limiter les pertes, et bien entendu gagner la guerre, la solution la plus efficace était sinon de ne pas combattre, du moins de ne combattre qu'une situation de supériorité numérique et/ou technologique écrasante.

Gens pragmatiques, les Américains considérèrent très tôt que la guerre était moins une question d'héroïsme individuel que de moyens collectifs. S'ils ne reniaient pas pour autant la bravoure de leurs troupes ou le génie de leurs chefs, ils estimaient du moins que leur nombre et la puissance de leurs armes constituaient des garanties beaucoup plus fiables.

Après tout, lorsqu'il soulignait qu'aucun connard n'avait jamais gagné une guerre en mourant pour son pays mais bien en faisant en sorte que ce soit le connard d'en face qui meure pour son pays, Patton ne faisait que résumer une opinion très largement répandue chez ses contemporains : on ne devait lancer une offensive qu'avec la certitude de posséder bien plus de moyens que l'adversaire.

Dans le désert, le Britannique Montgomery était d'ailleurs arrivé à la même conclusion : le panache importait moins que l'organisation et la froide efficacité...

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