vendredi 30 décembre 2005

1027 - les Marches à la Mort

... la "Marche à la Mort" d'Helmbrechts, en avril 1945, est typique des derniers soubresauts du système concentrationnaire allemand qui, plutôt que de libérer ses prisonniers après avoir réalisé que la guerre était définitivement perdue, préféra plutôt les envoyer mourir par centaines de milliers sur les routes, à la recherche d'un autre camp de détention.

Situé près de la frontière tchèque - donc menacé par l'avancée russe - Helmbrechts était un petit camp de concentration pour femmes, qui travaillaient comme ouvrières au profit de l'usine d'armements Neumeyer. Lorsque la décision fut prise d'évacuer et de partir vers le Sud, le camp comprenait environ 580 prisonnières juives. Lorsqu'elles tombèrent enfin aux mains des Américains, trois semaines plus tard, celles-ci avaient parcouru 310 kilomètres. Elles avaient aussi laissé la moitié des leurs sur le bord de la route...

"A leur arrivée à Cista, à la fin du septième jour, le maire de la ville proposa de les héberger dans un dortoir (...) Dörr [le commandant du camp] refusa et obligea ses prisonnières à dormir sur un terrain de sport. (...) Il gelait. Au matin, seize d'entre elles étaient mortes. Dörr procéda de la même façon au moins trois fois au cours de la marche"

(...) "Au huitième jour de la marche, "des femmes de Sangerberg tentèrent de faire passer du pain aux prisonnières, mais la gardienne SS les en empêcha aussitôt (...) Dans deux cas, un gardien donna des coups de crosse à des prisonnières qui voulaient prendre la nourriture offerte. Une gardienne donna aux poulets le pain qui avait été apporté pour les prisonnières.

(...) Dès que nous arrivions près d'une rivière, les gardiens nous forçaient à continuer sans nous permettre de boire. (..) Une fois, je me suis arrêtée pour ramasser une épluchure de pomme de terre pourrie. Un gardien est arrivé et m'a frappée à la tête"

(...) Tous les soirs, j'entendais Koslowski parler du nombre de filles qu'il avait tuées dans la journée. Je ne sais pas combien ça fait au total, mais c'était environ deux à quatre par jour (...) En réalité, chaque gardien décidait lui-même qui devait être abattu (...) je pense qu'il y en avait en moyenne six à dix par jour. Ces femmes n'étaient abattues que parce qu'elles étaient trop faibles pour avancer, elles n'étaient coupables de rien"

Le médecin américain qui examina 83 survivantes de cette marche releva un poids moyen de 40,7 kg. Vingt-neuf d'entre elles pesaient 36 kg ou moins. Cinq pesaient 29.5 kg ou moins.

"Dès que j'ai aperçu ses personnes, nota-t-il, ça a été un terrible choc, à ne pas croire que des êtres humains puissent être à ce point détruits, affamés, squelettiques, et être encore en vie"

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