samedi 31 décembre 2005

1028 - quand retombent les cendres...

... lorsque le rideau retomba sur cette tragédie biblique qui - pour ne parler que des Juifs - avait vu six millions de personnes, hommes, femmes, enfants, vieillards et bébés, tomber sous les balles ou engloutis par les chambres à gaz, pourrir dans les fossés ou dévorés par les fours crématoires, lorsque le rideau retomba, les survivants, hébétés, cherchèrent à comprendre les raisons qui avaient poussé un pays européen civilisé et de grande culture - l'Allemagne - à commettre le plus grand génocide de l'Histoire humaine avec l'assentiment, et parfois la collaboration enthousiaste, d'autres gouvernements et citoyens de pays européens civilisés et de grande culture.

Ils n'en trouvèrent qu'une seule : parce qu'ils étaient Juifs.

Certains tentèrent alors de rentrer "chez eux",... pour s'apercevoir que le "chez eux" n'existait plus, parce qu'il avait été détruit par la guerre ou, plus fréquemment, parce qu'il était à présent occupé par de nouveaux propriétaires n'ayant en vérité aucune envie de quitter la maison qu'ils occupaient à présent, et considérant d'un fort mauvais oeil ces juifs parias que tout le monde croyait mort et que chacun avait depuis longtemps préféré oublier.

En Europe de l'Est, on vit même resurgir les ratonnades, comme aux meilleurs moment de l'Allemagne nazie

"Ils ne voulaient pas nous voir revenir", écrivit ainsi Walter Fried, jeune juif slovaque. Un soir, Walter et son père furent notamment pris à partie par un groupe de jeunes, parmi lesquels Walter reconnut Josho, un ancien camarade de classe. "Juifs, sales Juifs "!, cria Josho en les rouant de coups. "Juifs !, vous prenez le sang des chrétiens !", hurlaient d'autres.

Aucun passant ne daigna intervenir. "Je croyais connaître quantités de gens, mais soudain plus personne ne nous connaissait". Les jeunes-gens poussèrent Walter et son père jusqu'au commissariat. "La police ne valait pas mieux. Au lieu de les chasser ou de les arrêter, ils les ont laissé filer. Et ils nous ont tabassé à leur tour"

Comme des centaines de milliers d'autres, Walter préféra alors abandonner l'Europe et émigrer en Israël, dans un pays où, l'espérait-il, les Juifs n'auraient plus à compter sur l'illusoire protection des autres, et pourraient se défendre seuls. Entre eux...

Pendant ce temps-là, dans toute l'Europe, des millions d'autres citoyens exigeaient des comptes et voulaient punir les coupables d'une guerre qui avait fait des millions de morts et ruiné le continent tout entier. Ils réclamaient ce que David Irving appellera plus tard "La Loi du Lynch" (*), et d'autres "la Justice des Hommes".

Simple vengeance ou vraie Justice, ce serait au Tribunal de Nuremberg de trancher...

(à suivre...)

(*) David Irving, "Nuremberg, the last Battle", Focal Point, 1996, chapitre II "Lynch Law", pp 31 à 56

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