samedi 22 janvier 2005

685 - Tant qu'il y aura des Hommes

... Sur la minuscule île de Betio, alors qu'ils progressent mètre par mètre, à une allure d'escargot, les Marines sont stupéfaits de se faire encore tirer dans le dos par des Japonais qui, cachés pendant des heures dans de simples trous de la taille d'un bidon profondément enterrés sous le sable, ont patiemment attendus d'être dépassés par les avant-gardes américaines.

D'autres ont ouvert le feu après avoir agité un drapeau blanc. D'autres les ont imités après s'être dissimulés parmi les morts. Même les cadavres sont parfois piégés. Et nul ne peut dire si, parmi tel ou tel amoncellement de corps, ne se cache pas un tireur isolé, ou même un blessé attendant tranquillement son heure, une grenade dégoupillée à la main.

Alors dans le doute, on arrose les blessés et les vivants à la mitrailleuse, quand ce n'est pas au lance-flammes. Plus question de prendre de risques. Pour le Marines, le "droit de la guerre" et les "conventions internationales" ne ramèneront jamais le copain qui, par insouciance ou réflexe humanitaire, a négligé de s'assurer que les Japonais morts l'étaient bel et bien...

Pendant quatre jours, du 20 au 23 novembre 1943, les combats font rage pour la possession de quelques mètres carrés de sable et de cocotiers.

Pour finir, quand le silence retombe sur la puanteur des cadavres qui jonchent le sol, l'intégralité d'une garnison japonaise de quelques 5 000 hommes a été tuée, ou s'est suicidée, à l'exception de 17 survivants hagards, et de quelques dizaines de travailleurs coréens, que les Américains baptisent "termites", car ce sont eux qui ont transformé le sous-sol en véritable nid à tireurs embusqués.

Jusque là inconnu du Monde, Tarawa est devenu "l'Atoll sanglant"

Il y en aura bien d'autres...

Aucun commentaire: