... dans une bataille, la première victime est toujours le plan de la bataille. Et de fait, en ce 31 mai 1916, celle du Jutland va vite devenir l'exemple presque caricatural d'une bataille menée dans la plus grande confusion, où chacun des deux protagonistes se contente de subir les événements plutôt que de les dicter, et de les deviner bien plus que de les comprendre.Après les premiers obus échangés entre le Galatea et l'Elbing, les deux flottes sont arrivées au contact. A six croiseurs de bataille contre cinq, les Britanniques partent favoris, et le seraient encore davantage si leurs quatre cuirassés, qui ont pourtant appareillé en même temps de Rosyth, ne traînaient à près de 20 kilomètres en arrière, du fait de leur vitesse inférieure à celle des croiseurs de bataille.
A 15H48, le Lützow allemand ouvre le feu sur le Lion britannique - navire amiral de Beatty - encore distant de 18 000 mètres. Après trois minutes de combat, les Allemands ont déjà mis plusieurs fois au but, tandis que les Britanniques cherchent encore la bonne hausse. Dix minutes plus tard, le Lion, touché à de multiples reprises, brûle d'un bord à l'autre, et même si plusieurs croiseurs de bataille allemands ont également été touchés, les Britanniques ne sont pas à la fête.
A 16H05, une bordée du Von der Tann atteint l'Indefatigable, qui disparaît dans une formidable explosion, ne laissant que deux survivants sur un équipage de plus de mille hommes. C'est alors qu'apparaissent enfin les quatre cuirassés de Beatty qui, avec leurs canons de 380mm, sont alors les plus puissants du monde. Hélas, leurs projectiles sont défectueux, et bon nombre d'entre eux impactent sur les croiseurs de bataille allemands sans même exploser...
Pire encore : quelques minutes plus tard, une nouvelle salve du Derfflinger atteint le croiseur de bataille Queen Mary, qui explose à son tour, ne laissant là encore que huit survivants sur un équipage de près de treize cents hommes.
Pour autant, Hipper est loin de pavoiser : ses cinq croiseurs de bataille sont endommagés à des degrés divers, et doivent encore lutter contre quatre croiseurs de bataille et quatre cuirassés britanniques.
Pour Hipper (qui ignore la présence des cuirassés de Jellicoe derrière l'escadre de Beatty), l'important est de tenir jusqu'à l'arrivée des cuirassés de Scheer, alors que Beatty (qui de son côté ignore la présence des cuirassés de Scheer derrière l'escadre de Hipper), cherche pour sa part à attirer les croiseurs de bataille allemands vers les cuirassés de Jellicoe (!)
Pour Hipper (qui ignore la présence des cuirassés de Jellicoe derrière l'escadre de Beatty), l'important est de tenir jusqu'à l'arrivée des cuirassés de Scheer, alors que Beatty (qui de son côté ignore la présence des cuirassés de Scheer derrière l'escadre de Hipper), cherche pour sa part à attirer les croiseurs de bataille allemands vers les cuirassés de Jellicoe (!)
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