lundi 29 novembre 2004

631 - "Nom de Dieu, qu'il est chaud, ce salaud !"

... en cette soirée du 30 mai 1916, sur la passerelle du cuirassé Friedrich der grosse, l'amiral Reinhard Scheer vient d'envoyer le message codé 31 Gg 2490, qui prévoit, pour le lendemain, une reconnaissance armée le long des côtes norvégiennes, menée par les 5 croiseurs de bataille de l'amiral Franz Hipper, soutenus à distance par tous les cuirassés de la Hochseeflotte.

Dans l'esprit de Scheer, l'apparition des 5 croiseurs de bataille de Hipper devrait, en toute logique, forcer la sortie précipitée de plusieurs cuirassés britanniques,... qu'il espère bien coincer et détruire avec ses propres cuirassés avant de se retrouver avec toute la Grand Fleet sur le dos.

Mais quand le Friedrich der Grosse quitte Wilhelmshaven avec toute la Hochseeflotte, Scheer est loin de se douter que la Grand Fleet au grand complet a déjà appareillé cinq heures auparavant (!) Suivis à distance par leurs cuirassés respectifs, les 6 croiseurs de bataille de Beatty et les 5 de Hipper se dirigent donc, sans le savoir, les uns vers les autres...

A 14H00, le 31 mai, le Galatea et le Phaeton - deux des croiseurs d'escorte de Beatty - aperçoivent un vieux cargo norvégien, à peu près au même moment où, venant de la direction opposée, l'Elbing - croiseur d'escorte de Hipper - aperçoit ce même cargo. Cédant à une même curiosité, mais chacun de leur côté, les croiseurs s'approchent du cargo... jusqu'au moment où ils se découvrent enfin les uns les autres (!)

Messieurs les Anglais, tirez les premiers. Et de fait, c'est le Galatea qui commence par ouvrir le feu. Mais c'est l'Elbing qui met le premier au but : un de ses projectiles touche le Galatea sans exploser. Sur le croiseur britannique un marin se rue sur l'obus afin de le faire glisser à la mer.

"Nom de Dieu, qu'il est chaud, ce salaud !", s'écrie-t-il en retirant immédiatement sa main.

Le clash des cuirassés, et la plus grande bataille navale de l'Histoire, vient de commencer...

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